«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Retour en force des États-nations en perspective

Un fiasco aux proportions bibliques

Démondialiser, et vite ! Ça urge !

Il n’y a désormais plus de doute possible sur la direction à prendre

Tribune libre de Vigile
mercredi 9 janvier 2013
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« Nul n’est plus asservi que celui qui s’imagine à tort être libre » - Goethe

On me demande souvent comment il se fait qu’un ancien dirigeant d’une grande association d’industriels du secteur manufacturier comme moi, qui a milité activement en faveur de la conclusion de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) au début des années 1990, soit désormais si critique à l’endroit de la mondialisation, au point même de souhaiter ardemment le démantèlement de certaines structures de gouvernance internationale et la reprise en main par les États de leur économie.

Soulignons tout d’abord que le contexte n’est plus du tout le même. Un certain nombre d’événements majeurs sont survenus depuis cette époque qui ont complètement modifié la donne. Si certains d’entre eux sont des conséquences de la mondialisation qui pouvaient parfaitement être anticipées, ce n’est pas le cas de tous. Mais il n’y a aucun doute que ces derniers se sont trouvés à amplifier au delà de ce qui pouvait être prévu les effets des premiers.

Pour ma part, j’ai commencé à me poser sérieusement des questions sur ce qui était en train de se passer lorsqu’est survenue la crise du peso mexicain en 1994-1995 . Mais comme j’étais alors en pleine préparation du référendum en tant que ministre délégué à la Restructuration dans le gouvernement Parizeau, je n’eus pas l’occasion de pousser très loin ma réflexion. J’avais toutefois été très surpris de la vitesse avec laquelle une crise locale s’était propagée à l’ensemble du système international pour devenir pour lui un sujet de préoccupation majeur.

Quelques années plus tard, en 1998, dans la foulée de l’effondrement de l’empire soviétique, la crise économique qui sévissait alors en Russie allait déboucher sur une grave crise financière marquée par une dévaluation brutale du rouble et un défaut sur la dette russe. Mais l’élément le plus surprenant allait être la faillite du fonds de couverture « Long Term Capital Management », victime de la course aux liquidités qu’avait déclenchée le défaut sur la dette russe.

Les conséquences avaient été si graves que la FED américaine avait été obligée d’intervenir en catastrophe pour obliger les grandes banques de Wall Street à recapitaliser le fonds pour éviter un éclatement du système financier international, faisant apparaître pour la première fois la possibilité qu’un tel éclatement puisse se produire.

J’en étais alors à m’interroger sur la portée de cet événement lorsque je tombai en 1999 sur un livre nouvellement paru du grand financier international George Soros, intitulé « The Crisis of Global Capitalism » (paru en français sous le titre « La crise du capitalisme mondial », dans lequel il anticipait même la fin du capitalisme dans une éventuelle implosion, comme ce fut le cas pour le communisme.

Pour justifier sa conclusion, Soros pointe du doigt l’interaction de plus en plus grande des marchés financiers internationaux et la vitesse avec laquelle les mouvements sur les uns se répercutent sur les autres. Cette observation l’amène à faire une analogie entre le marché mondial et le Titanic qui aurait très bien pu ne pas couler par le fond aussi rapidement s’il avait été muni d’un nombre suffisant de compartiments d’étanchéité pour empêcher l’eau qui envahissait ses cales de déstabiliser son assiette.

Les marchés financiers sont devenus le Titanic des temps modernes. Opérant dans un environnement de plus en plus intégré grâce à l’harmonisation des règlementations dans le sens d’une libéralisation toujours de plus en plus grande, au développement des technologies de communication qui permettent de transférer presque instantanément des milliards d’un bout du monde à l’autre, et à la multiplication des entreprises trans-nationales, ils forment désormais un grand marché mondial unique dépourvu de tout équivalant à ces compartiments d’étanchéité qui empêchent un navire de sombrer.

En 2008, au moment de la faillite de Lehman Brothers, George Soros y allait d’une autre prophétie en suggérant qu’il y aurait « beaucoup d’autres mauvaises nouvelles » de ce genre

Mais aussi juste que puisse paraître une analyse, la formation d’une opinion éclairée exige de rechercher des corroborations, préférablement à partir d’une autre perspective.

C’est ainsi qu’en bouquinant chez un libraire quelque part en 2006, je suis tombé sur un ouvrage de John Ralston Saul (surtout connu au Canada pour le fait d’être l’époux de l’ancienne gouverneure-générale Adrienne Clarkson), intitulé « The collapse of globalism and the reinvention of the world », paru en français sous le titre « Mort de la globalisation ».

Saul est un intellectuel humaniste de très haut calibre. Son approche fondée sur l’analyse historique et la philosophie des idées est totalement différente de celle de Soros, et il aboutit à la même conclusion. Voici la description de son ouvrage telle qu’on la retrouve sur son site :

« Il y a trente ans, la globalisation surgissait, balayant tout sur son passage. Ses apôtres, les néolibéraux, proclamaient que ce mouvement était inéluctable et que, pour leur plus grand bonheur, toutes les sociétés seraient désormais organisées autour d’un seul élément : l’économie. Ils nous demandaient de les croire ; nous les avons crus.

En vérité, la globalisation n’était pas une fatalité, mais une idéologie, une théorie expérimentale visant à remodeler simultanément les paysages économique, politique et social. Or, tout montre aujourd’hui que cette idéologie-là est en train de mourir... Dans la lignée des Bâtards de Voltaire, qui provoqua un électrochoc lors de sa sortie, John Saul décrit un monde en transition, où des pays, voire des continents, à la dérive, ont quitté le « navire global » tandis que s’affrontent les économistes, mais où pointent également les idées et les expériences, bonnes ou risquées, qui préparent la société de demain. »

La traduction française du titre rend mal l’original qui parle plutôt d’un effondrement (collapse), donc de quelque chose qui survient progressivement. En anglais, l’emphase est davantage sur le processus que le résultat. Cette distinction est nécessaire car elle nous permet de comprendre que le processus est en cours et qu’il n’est pas encore arrivé à son terme.

Quant à savoir qui étaient les promoteurs et les propagateurs de cette idéologie néo-libérale, certains d’entre eux sont bien connus, comme le banquier David Rockfeller, l’un des fondateurs de la Commission Trilatérale et membre du groupe Bilderberg, qui, dans ses « Mémoires » publiées en 2002 va même jusqu’à faire cet aveu extraordinaire :

« Certains croient même que nous faisons partie d’une conspiration secrète mobilisée contre les intérêts supérieurs des États-Unis. Ils vont même jusqu’à nous traiter, ma famille et moi, d’internationalistes qui complotent ensemble en vue de favoriser l’avènement d’un nouvel ordre économique et politique mondial intégré, un gouvernement unique, si vous voulez. À cette accusation, je plaide coupable, et j’en suis fier. »

L’influence de David Rockfeller et de ses amis, parmi lesquels on retrouve le Canadien Paul Desmarais, est énorme, comme l’a si bien documenté le journaliste d’enquête Daniel Estulin dans un ouvrage intitulé « La véritable histoire du Groupe Bilderberg ». Je vous invite à en lire le compte-rendu sur le site Globalresearch.org/Mondialisation.ca., sous le titre « The True Story of the "Bilderberg Group” and What They May Be Planning Now. Vous allez être sidérés de voir à quel point ils sont parvenus à imposer leur agenda, mais aussi à quel point cet agenda s’est révélé destructeur.

L’agenda de la mondialisation est donc téléguidé depuis le milieu des années 1950 par un groupe de gens très riches qui ont entrepris de conquérir le monde pour satisfaire leur appétit d’enrichissement personnel et leur soif de pouvoir. Ce sont des gloutons, des goinfres, prêts à tout sacrifier, et à sacrifier tout le monde, pour satisfaire leur besoin de richesse et de puissance.

Le choix de cette image de gloutonnerie pour les décrire m’a ramené en mémoire ce film italien culte des années 1970 réalisé par Marco Ferreri, « La Grande Bouffe »,
et je comprends aujourd’hui que cette satire féroce sur la décadence des moeurs d’une certaine élite dépravée avait une portée beaucoup plus grande que celle que j’avais pu saisir à l’époque.

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En version plus « light », vous pouvez aussi regarder le montage du film réalisé à l’occasion des 80 ans de Jacqueline Desmarais surimposé sur la trame de ce morceau d’anthologie de Pierre Falardeau qu’est « Le temps des bouffons » :.

Mais pour être moins caricaturale que dans « La grande bouffe », la goinfrerie dont il est fait étalage n’en demeure pas moins aussi repoussante. Au lieu de rire franchement, on rit jaune.

La mondialisation, prétexte à toutes les gabegies

Lorsque j’étais adolescent, je collectionnais les timbres, et il y avait un timbre US que j’appréciais beaucoup. Il tranchait sur les autres par son esthétique et la modernité de son graphisme. Émis en 1959 à l’occasion du 17e congrès de l’International Chamber of Commerce, il célébrait la contribution que le commerce mondial était en mesure de faire à la paix dans le monde avec le slogan suivant « World peace through world trade ».

En faisant ma recherche pour cet article, je suis tombé sur cette notice dans un catalogue destiné aux philatélistes :

« The International Chamber of Commerce is the largest business organization in the world, with members from over 130 countries. The 17th Congress met in Washington, D.C. – where this stamp was first issued at the outset of the meetings. The theme of the Congress was “responsibility” – for businesses and governments to use sound, ethical practices, and for nations with each other, to break down barriers to trade. »

Soixante ans plus tard, ce qui se passe dans le monde nous permet de comprendre que les choses ne se sont pas tout à fait passées comme prévu. Partout les signes abondent d’irresponsabilité, de manquements à l’éthique, et de pratiques déloyales quand elles ne sont pas carrément criminelles.

En fait, la mondialisation a servi de prétexte à toutes les gabegies, et ce sont les populations et la planète qui en ont fait les frais, avec dans ce dernier cas, des retours de manivelle inattendus. Ainsi, les désordres environnementaux anticipés surviennent toujours beaucoup plus vite que prévu, avec une intensité toujours plus forte que prévue.

Mais les intérêts en jeu sont tellement énormes qu’ils prennent toujours le dessus sur les réflexes naturels de survie qui devraient pourtant guider notre action en tout temps. Le meilleur exemple est celui de l’industrie du tabac.

La nocivité et la toxicité du tabac sont connues, les coûts indirects en vies humaines et en soins de santé sont connus, la responsabilité criminelle des fabricants et de leurs dirigeants est connue, et pourtant on continue de vendre des produits du tabac partout dans le monde.

De nombreux sous-produits du pétrole sont toxiques, et ils sont encore en vente libre. Lorsqu’on finit par en bannir un, c’est toujours après qu’un accident grave soit survenu. Les impératifs du commerce et de l’économie ont toujours priorité sur les vies humaines, au point que l’on taxe de trublions ceux à qui il reste quelques réflexes élémentaires de survie ou un minimum de sens moral et qui ont l’impudence de sonner l’alarme.

Nous sommes confrontés quotidiennement à des situations où des choix ont été faits par des gens d’affaires, nos administrations publiques, ou nos dirigeants politiques, qui nous exposent à des risques de toute nature sans que nous en ayons été dûment informés, au nom du bon fonctionnement de l’économie. Prenez la centrale nucléaire de Gentilly, par exemple. Et avec le temps et le développement du commerce international, nombre de ces décisions se prennent de plus en plus loin de nous, et rendent de plus en plus aléatoire la recherche d’imputabilité et de responsabilité, sans parler du dédommagement en cas d’accident.

Aujourd’hui, tout ce beau système est au bord de l’éclatement, et il est maintenu artificiellement en vie par les décisions irresponsables de non-élus qui n’ont de comptes à rendre à personne. Si les banques centrales n’avaient pas finassé, renié tous leurs principes, violé toutes leurs règles, reporté des échéances pourtant jusqu’alors sacrées, nous serions déjà en train de le reconstruire sur des bases plus saines. Alors il faut se poser la question, pour le compte de qui agissent-elles ?

Comme ce n’est manifestement pas pour le bien commun, certains ont suggéré que ce pouvait être pour les banquiers, surnommés pour l’occasion les « banksters », comme on disait les « gangters » du temps d’Al Capone.

Mais l’explication est bien courte. Il y a, en arrière des banquiers, toute une industrie des services financiers, des compagnies d’assurance, des sociétés de fiducie, des maisons de courtage de valeurs, des gestionnaires de fonds communs de placement ou de fonds de pension, des gestionnaires de patrimoine, des maisons de change, et tous ces gens-là ont les trois mains (il leur en est poussé une de plus en aqpplication du principe de l’adaptation de l’espèce !) plongées dans l’assiette au beurre.

Vous comprenez bien qu’ils vont tout faire pour maintenir le système en place le plus longtemps possible. Leur vie en dépend. Leur mode de vie en dépend. Leur survie en dépend. C’est le cas, par exemple, de Power Corporation qui regroupe en son sein de nombreuses entreprises de services financiers. Les mesures d’assouplissement quantitatif adoptées par les banques centrales visent essentiellement à maintenir les Power Corporation de ce monde à flot. À défaut - ont-elles menacé pour obtenir leur « dose » - c’est tout le système financier international qui s’effondrerait.

Si ce système avait fait la preuve de son utilité et de sa capacité à contribuer à l’amélioration de notre niveau de vie, on pourrait être tenté de se porter à sa défense sinon à sa rescousse, mais un système qui se donne les objectifs suivants mérite-t-il d’être sauvé ou doit-il au contraire être dénoncé, combattu et terrassé ?

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  • Une seule entité gouvernante mondiale régentant un marché unique policé par une armée unique et règlementé par une seule banque centrale utilisant une monnaie unique
  • Une seule identité internationale respectant la même série de valeurs universelles
  • Un contrôle centralisé des populations par le contrôle de l’opinion publique
  • Un « Nouvel ordre mondial » dans lequel il n’y a plus de classes moyennes, seulement des maîtres et des serviteurs, et bien sûr aucune démocratie
  • Une société où il n’y a plus de croissance, seulement davantage de richesse et de pouvoir pour les puissants
  • Une société qui fabrique des crises de toutes pièces et qui vit perpétuellement en état de guerre
  • Un contrôle total sur l’enseignement pour programmer les populations et former certaines personnes pour assumer des tâches bien définies
  • Un contrôle central de toutes les politiques étrangères et intérieures pour qu’elles suivent toutes le même modèle
  • L’utilisation de l’ONU comme gouvernement mondial de fait et le prélèvement d’un impôt mondial sur tous les citoyens du monde
  • L’application au monde entier des dispositions de l’ALENA et des règles édictées par l’Organisation mondiale du Commerce (OMC)
  • La transformation de l’OTAN en armée mondiale
  • L’imposition au monde entier du même système de droit
  • L’imposition au monde entier du même régime de sécurité sociale qui récompenserait les serviteurs obéissants et éliminerait les récalcitrants

(Traduction des objectifs cités dans “The True Story of the Bilderberg Group” and What They May Be Planning Now )

Les sceptiques parmi vous qui seraient tentés de ne pas reconnaître la véracité de ces objectifs auraient intérêt à consulter d’autres sources pour vérifier s’ils ont été corroborés.

En faisant mes propres vérifications avant la mise en ligne de ce texte, je suis tombé sur un article paru hier matin et repris sur plusieurs sites qui revient sensiblement sur les mêmes points avec des modifications mineures, quelques précisions et des développements contextuels intéressants :

Ce projet a mené le monde au bord du précipice devant lequel nous nous trouvons actuellement, et ce que nous savons sur les conditions économiques qui vont prévaloir dans les années qui viennent nous laisse très peu d’espoir d’éviter d’y tomber. Ainsi, l’année vient à peine de commencer, mais l’on sait déjà qu’elle sera difficile. L’Europe est en récession, celle-ci va s’intensifier, le chômage va augmenter, l’insatisfaction populaire aussi, et 2014 ne s’annonce guère mieux. Aux États-Unis, la situation est mauvaise, comme je le soulignais juste avant Noël ici même sur Vigile.

Les causes du ralentissement économique sont connues, et l’on sait maintenant qu’une des conséquences de la financiarisation de l’économie est la réduction de la croissance. En l’espace de 25 ans le profil du PIB des pays industrialisés s’est profondément transformé. Alors que le secteur manufacturier y contribuait pour près de 38 % et le secteur financier pour près de 12 % dans le milieu des années 1980, ces proportions se sont complètement inversées aujourd’hui.

Les pays développés se sont donc désindustrialisés au profit des pays en voie de développement, et c’est ce qui explique la montée en puissance de pays comme la Chine la Russie, le Brésil et l’Inde, pour ne prendre que les plus importants, qui produisent désormais les produits que nous consommons.

Le secteur des services financiers ne créé aucune richesse, il ne fait qu’en favoriser la circulation en prélevant son tribut au passage. Tant qu’il peut encore compter sur le « vieux gagné », il parvient à faire illusion, mais vient un moment où la localisation de la richesse finira par reprendre ses droits, et éventuellement le coeur de l’industrie financière sera lui aussi délocalisé vers les pays qui produisent effectivement la nouvelle richesse, indépendamment de l’expertise que prétendent détenir à ce chapitre les pays qui ont misé sur la financiarisation de l’économie, comme les États-Unis, le Royaume-Uni, et à un moindre degré, la France.

L’endettement profond des pays développés qui s’est singulièrement aggravé avec le sauvetage du système financier international en 2008 les prive de toute marge de manoeuvre en les obligeant à pratiquer une politique d’austérité qui, si elle fait l’affaire des banquiers et consorts, étouffe les populations et multiplie les risques de conflagration sociale.

Écrivant son livre au début des années 2000, John Saul ne pouvait pas savoir que le monde serait touché par une crise aussi sévère que celle de 2008, et c’est ce qui donne d’autant plus de force à son analyse parce qu’elle n’a fait qu’y gagner en pertinence. C’est aussi ce qui rend si intéressante la voie de sortie qu’il entrevoit, soit un retour en force des États-nations qui se réapproprient leur avenir en s’appuyant sur ce qu’il appelle un nationalisme « positif ».

Lorsqu’on voit aujourd’hui la dérive de certains pays comme les États-Unis ou la France, ou des pays comme la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande ou l’Italie être pris à la gorge par leurs créanciers à cause de la dictature de la monnaie unique qui les prive de toute possibilité de dévaluer comme pourrait le faire un État disposant d’une monnaie nationale pour empêcher que sa population ne soit poussée au chômage et à la misère et ses entreprises à la faillite, on comprend la nécessité impérative de se dégager de l’emprise des idéologues de la mondialisation à tout prix, et de redonner aux États leurs pleins pouvoirs.

La seule question qui se pose désormais est de savoir si nous y parviendrons pacifiquement ou aux termes d’affrontements pénibles et destructeurs, mais il n’y a plus aucun doute sur la direction à prendre.

Commentaires

  • Sylvie R. Tremblay, 7 février 2013 13h21

    Pour votre information :

    Une monnaie commune aux États-Unis et à l’Union européenne ?

    - « We are going to kill the dollar ». C’est ainsi que Kyle Bass, fondateur de « Hayman Capital », s’est prononcé, lors d’une conférence fin 2012, à la suite d’une discussion avec un membre de l’administration Obama.

    http://french.irib.ir/info/economie/item/241369-une-monnaie-commune-aux-états-unis-et-à-l’union-européenne

  • Pierre Girard, 18 janvier 2013 13h05

    M. Le Hir

    Ceci, (http://pierregirard.org/Machiventa-18jan2013.htm) adressé à André Pratte, l’éditorialiste en chef de La Presse, en lui disant « Je pense qu’il faudrait que vous fassiez suivre ce courriel à M. Paul Desmarais (père) ». Cela fut aussi expédié à beaucoup de journalistes : de La Presse, Le soleil, Le Droit, La Tribune, La Voix de l’Est, Le Journal de Montréal, Le Grand Soir, Mondialisation et Global Research - Michel Chossudovsky, Le Monde - Hervé Kempf, et à Madame Marois, etc.

    Croyez, M. Le Hir, que je sais ce que je dis et que ce qui est écrit dans ce courriel est la réalité. Il faut avoir confiance que ce qui doit être fait, sera fait...

    Pierre Girard

  • Georges, 14 janvier 2013 18h06

    On a comme oublié la montée en puissance de la Chine et de l’Inde. On l’a brièvement évoquée, mais sans en tirer les conséquences.

    Les États membres de l’Union européenne comprennent qu’ils ne peuvent pas se mesurer seuls à ces géants. La mise en commun qu’ilas ont entrepris depuis déjà 60 ans est à tout fin pratique irréversible. Certains y constatent des inconvénients, mais les avantages sont immenséements plus importants. C’est sur les États-Unis que repose le fardeau urgent de se relever dans tous les domaines pour participer avec l’Union européenne à créer le contre-poids nécessaire aux nouvelles grandes puissances. La mondialisation est en action et il n’est pas possible de stopper ce train.

  • andre taillon, 13 janvier 2013 09h08

    J’attendais avant d’émettre mon opinion ! Premièrement je vous remercie M. Le Hir pour votre généreuse contribution et votre savoir avant-gardiste.

    Nous voulons tous un changement des mentalités pour un avenir prometteur, mais nous nageons tous dans l’abstrais, dans le verbiage imbécile ! Il n’y a personne pour appuyer nos débats. Le politique me lève le cœur.

    À quelque part, Baine n’a pas tort ! C’est le résultat de notre inconscience et notre laxisme collectif ! Nous récoltons ce que nous avons semé.

    Tout le monde veux , et personne n’est tout le monde.

    J’émet ce commentaire aujourd’hui en ce dimanche matin simplement pour vous dire à vous vigiliens, et je pense à Bernard, que nous devons nous rencontrer prochainement à quelque part et faire de vigile non seulement un cite pour émettre ces opinions, mais plutôt faire de notre mouvement une armé intelligente et consciente de la merde qui va nous tomber dessus bientôt. Il nous faut mettre toutes nos énergies pour contrer les déboires politique, les médias mensonge et le reste que je n’est pas besoin de vous expliquer !

    Nous devons à tout prix ce réunir pour être vrai et solidaire !

    Je pense à André, j’y suis j’y reste pour la vie et pour mes petits !

    André Taillon

  • Francis Déry, 13 janvier 2013 03h38

    Oublions le côté compétition/cartel de la mondialisation. Le principe est d’améliorer l’accès aux ressources, à la main-d’œuvre, aux compétences et, finalement, aux marchés pour optimiser une production en réduisant la structure des coûts et en augmentant le volume pour rentabiliser les investissements en technologie le plus rapidement. La richesse créée par les biens produits se démocratise plus aisément selon les prétentions mondialistes.

    Mais la mondialisation, c’est surtout les échanges entre des économies très différentes pour des causes géographique.
    La géopolitique en est le moteur.

    Les mondialistes citent souvent le zollvereinpour démontrer les bienfaits de la mondialisation. L’Union Douanière est responsable de la montée en puissance de l’Allemagne au XIX siècle. Le prix payé fut l’effacement progressif des différents potentats subjugués par la Prusse.
    La famille royale anglaise d’origine allemande y perdit beaucoup de fiefs. Comme le Zollverein se fondait sur l’ancien Système Continental napoléonien, le Royaume-Uni pressentait l’Allemagne comme une menace montante et déjà que les intellectuels britanniques exprimaient « Delenda Germania » au tournant du XXe siècle. Il a fallu deux guerres mondiales pour presque y arriver.

    "Germany is too strong. We must destroy her."
    - Winston Churchill, Nov. 1936.

    "In no country has the historical blackout been more intense and effective than in Great Britain. Here it has been ingeniously christened The Iron Curtain of Discreet Silence. Virtually nothing has been written to reveal the truth about British responsibility for the Second World War and its disastrous results." - Harry Elmer Barnes. American Historian

    "The war was not just a matter of the elimination of Fascism in Germany, but rather of obtaining German sales markets." - Winston Churchill. March, 1946.

    "Britain was taking advantage of the situation to go to war against Germany because the Reich had become too strong and had upset the European balance." - Ralph F. Keeling, Institute of American Economics

    "I emphasized that the defeat of Germany and Japan and their elimination from world trade would give Britain a tremendous opportunity to swell her foreign commerce in both volume and profit." - Samuel Untermeyer, The Public Years, p.347.

    Guerre froide oblige, c’est la formation de l’Union Européenne pour démanteler le système économique allemand. Le revers est la dominance allemande sur l’Euro. Et la souveraineté des états-nations devient quasiment caduque.

    Le Royaume-Uni reste à part de l’Europe. Il a abordé le mondialisme via son empire et l’idéologie de l’Anglo-Israélisme(British Israelism).

    Des pays voisins en libre-échange produisent sensiblement les mêmes choses. Les intérêts de compétitions priment et freinent les ardeurs libre-échangistes. Par contre, le commerce entre pays éloignés et de climats différents est le moteur d’intérêt de la mondialisation. D’abord abordé sous l’angle colonial d’acquisitions de terres et d’établissement de plantations.

    L’intérêt premier remonte à plus de 2500 ans avec le couple Occident-Asie. Thor Heyerdahl avait démontré la possibilité de cabotage maritime entre les civilisations de Mésopotamie, de l’Indus et de la Mer Rouge à l’époque d’Our.
    Les Carthaginois étendent leur réseau commercial dans l’Atlantique et le long du golfe de Guinée (Périple d’Hannon). La Bible célèbre l’empire de Salomon de la Méditerranée à la Corne d’Afrique.
    Les empires perses et grecs ont suivi et le commerce des aromates se développe (encens, myrrhe, cannelle, etc.).

    Rome a développé d’intenses relations commerciales avec le continent indien grécisé, ce qui permit l’introduction des épices d’Indonésie, du riz, le sucre de canne, les bananes et les oranges sur le marché de Rome. Faute de pouvoir fournir des marchandises d’autant de valeur, le déficit commercial permanent a saigné Rome de son or et de son argent. Le commerce s’est étendu à la Chine avec la route de la soie et le comptoir de Chattigara au Vietnam pour le commerce des épices avec le Fou-nan.

    Au cours de la crise du IIIe siècle, la côte du Levant et l’Égypte échappent à Rome lorsque la reine Zénobie de Palmyre se révolte. Les routes commerciales sont coupés et Rome en désarroi délaisse le Nord-Est qui s’autonomise en un éphémère empire gallique.

    Ce sont les invasions barbares qui amputent les territoires producteurs de richesses qui affaiblissent Rome. Entretemps, l’Inde est envahi par les Scythes et la mondialisation de la Basse-Antiquité en souffre. L’arrêt devient manifeste avant la chute de Rome. Les Huns coupent la Route de la Soie et les Goths ravagent l’empire.
    Byzance essaie de maintenir les routes terrestres et maritimes, mais surgit l’Islam. La formation de la Oummah aurait dû coupé les liens avec l’Occident Chrétien, mais les réseaux de caravanes sont maintenu par une caste de marchands généralement d’origine Sémite : les Rhadanites qui adopteront de manière générale le Judaïsme pour se distinguer neutralement des empires.

    Tandis qu’au nord de l’Europe, les Scandinaves odinistes se ruent sur l’empire carolingien pour venger l’hécatombe des Saxons par Charlemagne. Au début furent des raids côtier pour piller et se replier. Puis, les Vikings débarquent sur les îles en embouchure des fleuves pour piller plus vers l’intérieur en improvisant des campements de base. Avec le temps, ces campements se pérennisent et les Vikings colonisent les côtes abandonnées par les populations apeurées. Les campements dans les embouchures deviennent des comptoirs et les guerriers se font commerçants. Ce peut être Dublin, Londre, ou la Normandie. Anvers fondé par un géant "Rus" terrorisant le bas-Rhin. Celui-ci est tué et sa main coupée est jeté dans l’embouchure donnant naissance à des îles alluvionnaires. "Hant werpen" devient Antwerpen ou Anvers. De ces établissements vikings naîtront les kontors du réseau commercial du nord connu sous le vocable de la Ligue Hanséatique. Les Viking, à l’instar des Carthaginois, parcourent l’Atlantique jusqu’à la côte africaine et effectuent des raids dans la Méditerranée via le détroit de Gibraltar, et explorent le large pour coloniser les îles Féroés et l’Islande, et découvrir le Groenland et l’Amérique du Nord. Du côté de l’Est, les Vikings remontent les fleuves sur la route de l’Ambre. Ils rejoignent la Mer Noire et le monde byzantin qui les connaît sous le vocable de Varègues/Varingiens (de "Fahringer" c’est à dire les Voyageurs), ainsi que la mer Caspienne via la Volga. Ils se pointent en Asie Centrale en quête du "Pays de la Soie/des Tuniques de Soie" (Särkland et Särk/Sjerk peut être dérivé du grec "serikos"), qui est en fait le monde Persan, grand consommateur de soie chinoise. Le principal obstacle vers le Särkland, c’est la Khazarie convertie au Judaïsme. Évidemment que les rapports avec les Radhanites sont privilégiés.

    Le Moyen-Âge, c’est la consolidation des états-nations en Europe qui arrête les périples vikings. La mondialisation ne peut se poursuivre parce que le commerce est principalement terrestre, soumis à de nombreux intermédiaires étatiques ou banditistes qui taxent les caravanes. L’Occident manque de produits exportables en échange de sucre, de parfums, du coton, des épices, et de la soie. L’autarcie régionale est privilégié. L’Afrique du Nord n’exporte plus de blé ou de vin, alors ces cultures sont développées au nord de la Méditerranée. Un moine nestorien ramène de Chine des larves de bombyx et la connaissance de l’élevage des vers à soie. Ce qui permet l’implantation de l’industrie de la soie dans l’empire byzantin, puis en France et en Italie.

    Dans la poursuite de l’autarcie, les limites régionale impose un certain mur. La Reconquista dégage des espaces, mais la libération du Portugal permet à Henri le Navigateur de lancer des expéditions maritimes pour occuper Madère et les Açores, tandis que les Espagnols de Cadix vont occuper les Canaries. Dans ces îles commence les cultures de la canne à sucre et de la betterave à sucre, financées par les Génois et Flamands pour casser le monopole de Venise.

    La chute de Constantinople en 1453 scelle la fin du commerce trans-eurasien. Henri le Navigateur est un mystique Grand-Maître de l’Ordre du Christ, récipiendaire des biens des Templiers au Portugal. Il projette de relancer ce commerce sur une base maritime qui contourne le monde musulman. Il s’allie les service de Judas Cresques pour répandre la connaissance de la cartographie chez les capitaines de ses expéditions. Cresques est issu d’une famille de cartographes juifs de Majorque, ce qui est indicatif des activités de Radhanites. La poursuite des entreprises portugaises sous le sceau de l’Ordre du Christ lance l’ère coloniale avec la découverte de l’Amérique et son exploitation, ainsi que la domination sur l’Océan Indien et l’immission dans le réseau des compradores de l’Asie du Sud-Est. Les îles des Moluques produisent du poivre. Le commerce maritime s’étend à la Chine et au Japon. C’est l’époque des Nambans. La Chine est riche et l’unique producteur de thé exportable. Les nambans ont peu à troquer, si ce n’est le poivre des Moluques ou autres fruits du terroir d’Asie du Sud-Est. Les Chinois exigent de se faire payer en métal-argent. Le commerce avec le Japon procure l’argent issu des sables des rivières japonaises, mais la ressource s’épuise. La mine du Potosí va permettre la continuité du troc argent-thé grâce à l’axe Amérique-Asie. Parmi les marchandises secondaires, notons le ginseng du Canada apporté par les Jésuites. Pour les Portugais et les Anglais, la source du métal convoité provient du pillage des galions du boulevard espagnol.

    Les Japonais ne sont pas en reste. Ils modernisent leur flotte de jonques avec les innovations nambans. L’ancien royaume insulaire des Ryukyus qui effectuait les échanges entre la Chine et le Japon devient leur fief et le commerce du sceau vermillon est lancé.

    La fermeture de la Chine après 1647 sous la dynastie Qing qui limite le commerce à Macao, ne bloque pas le commerce du thé qui ralentit, mais la propagation des idées étrangères, principalement l’évangélisation, et aussi l’aide aux rebelles, principalement le support du pirate Koxinga dont Formose fut le sanctuaire. La Chine a peu besoin de la mondialisation. Elle se suffit sur le plan alimentaire avec une grande variété de produits locaux. L’ancien empire mongol avait déjà apporté des innovations, mais la Chine donnait plus qu’elle n’en recevait. Les plus grands perdants fut les zones côtières privées de leur économie naturelle.

    Le Japon, soucieux de sa préservation, cherche le compromis entre le commerce et l’évangélisation. Il commence sa fermeture avant la Chine. D’abord, le Japon se lance dans la mondialisation en développant sa propre flotte de commerce sous le sceau vermillon. Parallèlement, le shogunat s’efforce de limiter les efforts portugais-espagnols d’évangélisation du pays. Les églises étaient vus comme les mosquées en Europe, une attaque au fondement social du Japon. En 1614, le Christianisme est carrément interdit par le shogun Tokugawa. La rébellion de Shimabara en 1637, appelle une répression sanglante, puis les ponts avec les puissance catholiques (Portugal et Espagne) sont coupés. C’est la fin de la période Namban et le début de la période Sakoku. Les Hollandais sont autorisés à commercer sur l’îlot Dejima en face de Nagasaki avec une famille précise. Une autre famille peut commercer avec la Corée via l’île de Tsushima.

    Les souteneurs de la mondialisation prétendent que les fermetures des économies nationales à la mondialisation sont des catastrophes. J’en doute.

    Les Nambans ont dominé l’Asie du Sud-Est :
    Les Philippines aux Espagnols. L’Indonésie aux Néerlandais. La Malaisie aux Anglais. Le Portugal limité au Timor oriental, Macao, et pour un temps l’Ilha Formosa (Taïwan).
    Les potentats locaux furent trop faibles pour résister.

    Les Indes nominalement Moghols furent l’objet de comptoirs. Puis les compagnies commerciales se mêlent de politique pour provoquer des guerres intestines en soutenant des seigneurs locaux contre les autres. Leurs privilèges s’accroissent et l’empire Moghol est sapé, tandis que les rajahs locaux deviennent des clients. Finalement, la East India Company l’emporte sur les autres compagnie européennes et contrôle le pouvoir en Inde après la bataille de Plassey en 1757. Capitalisme aidant, les cultures vivrières sont remplacées par des cultures commerciales. Le Bengale connu en 1769-1770 une famine avec environ 7 à 10 millions de victimes (près du tiers de sa population).

    Depuis l’épuisement de la mine de Potosí, l’Occident manque du métal-argent pour échanger avec le thé de Chine fort prisé. Le Japon ne veux plus en vendre aux Nambans.
    Les plantations de thé n’existaient pas ailleurs. D’où les efforts de la East India Co pour produire des cultures rentables aux Indes et trocables en Chine. En Amérique, le thé est taxé et les impôts doivent être payés en monnaie d’argent. Ce qui devient un moteur de la Révolution Américaine. Le mercantilisme a ainsi généré la Grande Famine du Bengale en plus du remodelage de notre espace nord-américain.

    En 1793, l’expédition de George Macartney pour ouvrir le commerce avec la Chine est un échec. La politique des Treize Comptoirs restent en vigueur. L’opium est une drogue médicinale et récréative originaire de l’empire ottoman. Son usage en le mélangeant à du tabac se répand dans l’empire Moghol et dans le reste de l’Asie du Sud-Est musulmane. Sa qualité médicinale le fait propager en Chine via les herboristes, alors que le mélange récréatif est interdit depuis 1720. Sa culture aux Indes est intensifié dès 1780 pour que le trafic chinois puisse obtenir le métal-argent nécessaire. L’opium devient consommé de manière plus pure en Chine et l’accoutumance devient épidémique. Les deux Guerres de l’Opium forcent ainsi la Chine à s’ouvrir et c’est la chute de l’empire dans une suite de guerres civiles et d’interventions étrangères. L’empire Britannique peut retrouver un équilibre commercial positif avec l’opium, puis les plantations de théiers se propagent aux Indes. La dynastie Mandchoue est moribonde et chassée en 1911.

    L’usage de l’opium ne s’est pas généralisé au Japon. Ce pays prend acte de la chute chinoise et s’efforce d’en apprendre le plus sur les avancés occidentales tout en maintenant la politique du sakoku.

    Sommes toutes, la Chine ne fut pas approprié comme le fut l’Inde. Et le Japon sut grandir intact de la période Sakoku pour se moderniser à grande vitesse. La mondialisation a ses phases d’arrêts, lesquelles peuvent être bénéfiques pour ces nations.


    Le plus grand frein à la mondialisation à prévoir, est le coût de l’énergie. Autant les coûts de déplacement du matériel et des personnes vont freiner cette mondialisation.
    Il y aura alors un retour vers des pratiques autarciques et des technologies moins voraces pour libérer les nations des dépendances énergétiques et alimentaires qui font le profit des spéculateurs.

    Nous sommes encore loin de là. Le prochain frein pourrait être la taxe Tobin sur les transactions financières.

  • Michel Bélisle alias Didier, 10 janvier 2013 19h06

    Depuis ma jeunesse, j’ai vu la société se désagréger de plus en plus et se détériorer de plus en plus. J’ai vu fermer un grand nombre de manufactures : textiles, papier etc...

    Le fait que la situation ne s’améliore jamais pour les gens ordinaires est déprimant. On ne voit que détérioration des conditions de vie année après année.

    Si l’être humain et ses besoins ne sont jamais au centre des priorités des décideurs, eh bien il faudrait que l’ONU se penche là-dessus et accorde des territoires à ceux qui veulent vivre dans une société basée sur l’être humain et ses besoins ou je ne sais quelle autre solution on pourrait appliquer. Il est temps qu’on réfléchisse pour améliorer les choses.

    Et malgré que la situation économique soit de plus en plus mauvaise et que le niveau de vie des citoyens ordinaires soit en baisse constante et que les usines ferment, expliquez-moi pourquoi il y a augmentation constante du nombre d’immigrants au pays ?

    Pourtant on a de moins en moins de bons emplois à partager. C’est à n’y rien comprendre.

    Je reviens encore avec l’idée du regretté Michel Chartrand d’un revenu de citoyenneté universel afin que tous puissent vivre décemment et heureux. N’est-ce pas honteux qu’un tel revenu n’existe pas encore ?

  • 10 janvier 2013 13h08

    M. Le Hir,
    dans le cadre, entre autres, des négociations actuelles de l’entente Canada & UE, votre pertinent article est très approprié. J’espère que le PQ, M. Lisée et leur entourage résisteront aux pressions de M. PM Johnson, Bouchard & de leur entourage. Les dernières sorties de M. Lisée sur le sujet & son application perfide de la transparence devraient nous inquiéter.

    Merci. Michel Aubin

  • Fernand Durand, 10 janvier 2013 12h15

    Vous avez raison Mr.Le Hir, le pouvoir n’appartient plus aux peuples,les élus ne sont pas des politiciens mais des mercenaires corporatifs. Au Canada,les hommes d’affaires ont pris le pouvoir politique depuis belle lurette. Peter C. Newman écrivait déjà en 1975, The Canadian Establisment vol.1 et 2. Il expliquait comment les corporations ont pris le pouvoir au Canada,il en fut de même au U.S. et partout ailleurs dans le monde,nous connaissons la suite et en subissons les conséquences aujourd’hui.

  • Andréa Richard, 10 janvier 2013 02h51

    Monsieur Le Hir,

    Vous êtes un homme averti ! j’aime beaucoup vous lire. Vous êtes une source fiable et intelligente. Dommage que vous n’êtes pas premier ministre....
    Continuez a écricre, vos écrits seront une référence pour beaucoup de gens et de petits -gouverneurs !

    Andréa Richard, auteure de Au-delà de la religion, Septentrio

  • alain maronani, 9 janvier 2013 22h24

    J’ai oublié de joindre ceci, qui est plus qu’un complément à mon argumentation précédente.

    http://ourfiniteworld.com/2012/12/19/why-world-coal-consumption-keeps-rising-what-economists-missed/

    On peut voir, à partir de 2002, admission de la Chine à l’Organisation Internationale du Commerce, une augmentation énorme de sa consommation de charbon (de 2.5 milliards de TEP à 4.5 milliards d’equivalent TEP) en 9 années (TEP Metric Tons of Equivalent Petrol).

    "A primary reason why coal consumption is rising is because of increased international trade, starting when the World Trade Organization was formed in 1995, and greatly ramping up when China was added in December 2001. Figure 1 shows world fossil fuel extraction for the three fossil fuels. A person can see a sharp “bend” in the coal line, immediately after China was added to the World Trade Organization. China’s data also shows a sharp increase in coal use at that time"

    Mais la Chine n’est pas la seule à utiliser cette avenue. Les autres nations asiatiques, celles en phase de développement aussi, et l’Allemagne qui arrête des centrales nucléaires, mais re-démarre des centrales au charbon....la peur du nucléaire...

    "China and many other Asian countries had not previously industrialized. The advent of international trade gave them opportunities to make and sell goods below the cost of other countries. In order to do this, they needed fuel, however. The fuel the West had used when it industrialized was coal. Coal had many advantages for a newly industrialized countries : it often can be extracted without advanced technology ; it is relatively cheap to extract ; and it is often available locally. It can be used to make many of the basic items used by industrialized countries, including steel, concrete, and electricity"

    Et la raison principale est que l’approvisionnement en carburants fossiles est déjà difficile, pour ne pas dire plus. Sans le charbon la Chine n’aurait pu parvenir à se développer et à maintenir ce développement.

    "Apart from the international trade /industrialization issue, there is another issue that is helping to keep coal consumption rising. It is the fact that oil supply is in short supply and high priced, and this means that economies of countries that disproportionately use a lot of oil in their economies are at a competitive disadvantage. Countries coming “late to the party” are in a good position to develop their economies using little oil and much coal, and thus keep overall energy costs down. This approach gives the developing countries a competitive advantage over the developed countries."

    J’ai lu je ne sais plus ou que le nombre de centrales au charbone devraient augmenter de 1500 dans les 25 prochaines années...une catastrophe écologique et environnementale...

    Le pétrole "sale" de l’Alberta a de beaux jours devant lui...

  • Peter, 9 janvier 2013 21h30

    Si vous voulez mon point de vue ! Maintenant que le ver est dans le fruit de ce système de prédation qui ne sert que les intérêts d’une minorité qui contrôle tout l’appareillage qui maintient en place cette structure supranationale, pensez-vous réellement qu’ils nous laisseront revenir en arrière sans résister de toute leur force ? Non ! Ils ne le permettront pas ! Ils utiliseront tous les moyens et stratagèmes à leur disposition pour nous faire taire ou nous décourager d’oser envisager une quelconque libération, c’est-à-dire qu’ils étoufferont ce qu’ils appelleront la rébellion !

    Bref, il est déjà trop tard en ce qui concerne ce système ! Notre seule chance est qu’il soit mis à terre ! Laissons les morts enterrés les morts et allons avec les vivants ! Lutter contre cette situation ne ferait que nourrir la dualité de la prédation, et ils se nourrissent de la dualité ! Ce qui serait catastrophique c’est que nous poursuivions comme des bêtes de somme à entretenir ce système, cette prédation et cette dualité qui nous tue à petit feu ! Dorénavant, notre seul travail devrait être plutôt de se concentrer sur l’élévation de notre propre conscience, dont notre conscience face à cette situation particulière de prédation mondiale, totale, de toutes les richesses de la terre, et surtout, de notre propre asservissement personnel, aveugle, à cette logique prédatrice, économique, où toutes nos forces vives sont détournées en faveur d’une soi-disant élite. La libération elle est là !

    D’abord, voir une illusion pour ce qu’elle est : une illusion ! Et ensuite, réaliser que la véritable libération est au sein de notre esprit et de notre cœur ! Si des milliers d’hommes libres dans leur cœur se réveillent, jamais aucun système de prédation ne pourrait, ne peut ou ne pourra le contraindre à se comporter comme une victime ou comme un esclave ! L’indépendance du Québec, c’est d’abord la libération de l’esprit de chaque québécois, et globalement de chaque terrien sur ce sol, car l’affaire de la prédation s’étend au-delà du territoire du Québec, et même, comme nous le découvrirez bientôt, de l’ensemble de ce système solaire.

    Et c’est un fait que ceux qui à travers l’histoire de ce monde sont allés à l’encontre des prédateurs ont toujours été ridiculisé, salit, brûlé, tué, ou catalogué par leurs presses, par leurs institutions, par leurs églises, ou par leurs membres, d’agents provocateurs, d’agents subversifs, de violents, de révolutionnaires, de communistes, de capitalistes, de socialistes, de terroristes ou d’anti-ci ou d’anti-ça, et tous les prétextes étaient bons, tous les arguments étaient retenus, la raison se donne toujours raison, ou de n’importe quoi d’autres, pour eux, peu importe l’appellation et l’expression utilisée, c’était la même chose, aucune différence, c’était en fait, tout ceux qui osaient s’opposer à leur plan hégémonique de dictature et de domination mondiale etc. etc., mais ça, ce ne fut que le réflexe de survie des prédateurs, ce n’était que le point de vue de l’élite, des prédateurs, et non, de celui des peuples, des nations et des races !

    Donc, de mon point de vue, envisager une quelconque libération politique ou économique, en passant par nos institutions politiques actuelles et autres, du même acabit, ou encore, en passant par l’ensemble des partis politiques actuels, versus nos désirs légitimes d’accéder à une quelconque libération, à une quelconque indépendance du Québec, serait purement et simplement qu’une illusion, si de prime abord, l’indépendance, voir l’interindépendance de tous nos esprits à tous, n’est pas effective. Si cela n’est pas d’abord réalisé, parler d’indépendance ne sera qu’une chimère !

    Diviser pour régner, c’est ce qu’ils appliquent depuis des dizaines, voire, des centaines de milliers d’années, ce n’est pas d’hier qu’ils opèrent, tandis que nous, nous nous disputons encore à travers des partis politiques, qu’ils contrôlent tous de toute façon, à travers la loi de l’action-réaction, à travers ce qui est un bien, et ce qui est un mal ; c’est ça la dualité, ce qui vient, c’est une alliance, pas du style oligarchique, mais d’un point de vue unitaire, universel, qui transcende les lois de ce monde, qui va au-delà de ce que nous croyons et concevons comme réel aujourd’hui, l’universel, l’éternité, l’absolu, c’est le nouveau monde, où nous sommes maintenant rentrés depuis cette année 2013. Alors bienvenue dans le nouveau monde, où tous les êtres sont unifiés dans un même esprit universel ! Maintenant, ceux qui désirent encore poursuivre le jeu ancien de la dualité sans fin avec les prédateurs de ce monde le pourront, mais sûrement pas sur cette terre !

  • Jacques Parent, 9 janvier 2013 19h41

    M. Le Hir,

    En complément de votre excellent article, je recommande aux lecteurs de Vigile de consulter le premier chapitre du livre de M. Claude Béland intitulé "L’évolution du coopératisme dans le monde et au Québec" paru en septembre 2012. Ce chapitre est un cours ’économie 101’ pour les non économistes et il explique clairement comment, de l’Antiquité à nos jours, le monde oscille entre le courant individualiste et le courant civilisateur. Il souligne le trop grand pouvoir des possesseurs de capital par rapport au pouvoir social et au pouvoir politique. Superbe synthèse.

  • Michel Bélisle alias Didier, 9 janvier 2013 18h48

    Ceux qui veulent vivre dans la société mondialisée où la seule identité d’un individu est son mérite et non pas sa nationalité ou sa culture, eh bien, qu’ils aient leur territoire pour vivre comme ils l’entendent.

    On pourrait alors prendre une autre partie du territoire pour ceux qui veulent une société où c’est l’être humain et ses besoins qui priment sur toute autre considération, où la richesse identitaire est préservée et dans laquelle personne ne mérite une vie de misère.

  • Lise Pelletier, 9 janvier 2013 18h41

    Merci encore M. Le Hir,

    Dans ce macrocosme économique, une énorme pieuvre aux tentacules disposées au-desssus des pays, le talon d’Achille sera un minuscule grain de sable, l’élément imprévu dans l’équation.

    De quoi sera fait cet imprévu, l’avenir le dira. D’ici là beaucoup de souffrances car les enfants auront faim..

  • Michel Bélisle alias Didier, 9 janvier 2013 18h15

    Le problème c’est que beaucoup désirent ce genre de société, mondialiste, cosmopolite, basée sur le mérite, etc... et dans laquelle les non-méritants ou "perdants" ont la vie de misère qu’ils méritent.

    Ceux qui veulent une société où l’identité nationale et ethnique a de l’importance ainsi qu’une vie décente pour tous sans exception peu importe le "mérite" doivent accepter de vivre dans la société mondialisée du mérite.

    Il faudrait que chacun des deux groupes puissent vivre comme il l’entend dans la société qui lui convient.

    Il faudrait peut-être une partie du territoire pour ceux qui veulent la société de la mondialisation et une autre partie où le reste pourrait vivre comme il l’entend.

  • alain maronani, 9 janvier 2013 17h14

    La première raison de la mondialisation, dernier avatar du capitalisme est l’escalade sans fin, du prix de l’énergie.

    Après les chocs pétroliers de 1967 et 1973 nous sommes passés d’un mode ou le pétrole valait 10 $ le baril à un monde ou le baril coûte maintenant entre 85 et 120 $...pour le moment...

    Ceci a remis en cause, le mode de vie, le fonctionnement, les bases du système capitaliste et entraîné sa dérive vers les produits financiers, la délocalisation des industries manufacturières, afin de maintenir des marges de profit suffisantes, etc.

    Si on examine ce qui reste a un ménage américain, en dollars constant, après les impots, taxes, etc, on peut s’apercevoir qu’il n’y a eu aucune progression depuis 1976. La consommation a été soutenu par l’endettement généralisé.

    Les prévisions de croissance de l’économie américaine sont de 2.6 % pour l’année prochaine, mais le gouvernement a lui seul sera responsable de 1.7 %. Si on calcule les sommes supplémentaires prélevées dans le budget des familles américaines (Fiscal Cliff..), on peut affirmer que la croissance réelle américaine pour les budgets des familles, soutien essentiel de l’économie américaine, sera de 0 %, hors acrobaties budgétaires...

    Nous n’avons pas seulement à faire face à la mondialisation mais à l’écroulement d’un système économique, basé sur la croissance, croissance qui était en partie le mirage sur laquelle sont batis nos systèmes de solidarité (retraites, etc).

    Le capitalisme ne pourra être sauvé, mondialisation ou pas, et ceux qui pensent qu’il va être possible de trouver un accomodement raisonable se trompent lourdement, personne ne sera épargné, nation ou pas...

    En ce qui concerne Soros c’est un criminel financier et sa dernière opération, fermer ses hedge-funds au public, ne vise qu’a lui permettre d’échapper aux autorités de tutelle.

    Pour Desmarais et compagnie, il suffit de rappeler, contrairement a ce qu’affirme certains que le groupe ne contrôle que 4 % de Total, derrière le Quatar et derrière les employés du groupe. Si Desmarais a su se placer les pieds dans ce domaine,tant mieux pour le groupe, lui ou un autre la différence pour le Québec...je sais c’est votre sujet préféré.

    Je regardais récemment les prévisions de IEA (International Energy Agency North America) et ce que l’on peut en conclure...

    http://www.iea.org/newsroomandevents/pressreleases/2012/november/name,33015,en.html

    Le dernier rapport annuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) se révèle truffé de références, discrètes mais explicites, à un déclin imminent de la production de bon nombre des principaux pays producteurs de la planète, notamment la Russie, l’Iran, le Mexique, le Nigeria ou encore la Chine.

    Seuls l’Irak, le Canada, les Etats-Unis et le Brésil offrent une pleine garantie de développement des extractions au cours de la prochaine décennie, estime l’AIE. Mezza voce, la source mondiale de référence dans le domaine de l’énergie émet des mises en garde sévères concernant tous les autres poids lourds, notamment l’Arabie Saoudite et le Venezuela, ou bien encore l’Angola, l’Algérie et la Libye.

    Rapidement que se passe t-il pour les 4 compagnies majeures qui claironnent haut et fort que tout est sous contrôle...

    La compagnie pétrolière américaine ExxonMobil, première entreprise de la planète selon le magazine Forbes, connaît depuis 2007 un net recul de sa production, après plus d’un siècle d’expansion ininterrompue.

    Exon Mobil

    En 2011, les extractions de pétrole d’ExxonMobil ont atteint 2,312 millions de barils par jour (Mb/j), en chute de 4,5 % par rapport à 2010 et de 11,6 % par rapport à 2007, d’après les données disponibles dans le dernier rapport annuel du groupe.

    L’année 2007 restera-t-elle l’année du pic pétrolier pour la fille aînée de la Standard Oil, fondée en 1870 par John D. Rockefeller ? La réponse viendra. En attendant, Exxon a confirmé la poursuite de la chute de la production dans son dernier rapport trimestriel, paru en novembre ; maintenir la production devient "un challenge récurrent", rapporte l’agence Reuters.

    La chute de la production d’Exxon se transforme en effondrement si l’on considère la seule production de brut conventionnel ― le pétrole liquide classique, qui constitue près des deux-tiers de l’offre du géant américain : 1,338 Mb/j atteints en 2011, après 1,496 Mb/en 2010 (-10,5 %) et 1,875 Mb/j en 2007 (- 27,5 % !)

    Royal Dutch Shell

    La Royal Dutch Shell, n°2 parmi les grandes compagnies pétrolières internationales, n’est pas devant une situation aussi manifestement délicate que celle d’Exxon.

    Néanmoins, ses extractions de pétrole brut et de gaz naturel liquide ont enregistré un recul de pas moins de 9,5 % entre 2010 et 2011, pour s’établir à 1,536 Mb/j, selon le dernier rapport annuel.

    Le patron de Shell, Peter Voser, a reconnu l’an dernier que compte tenu du rythme actuel de déclin de la production mondiale existante, il faudrait que l’industrie pétrolière dans son ensemble soit capable de développer au cours de cette décennie "l’équivalent de quatre Arabie saoudite ou de dix mers du Nord (...) rien que pour maintenir l’offre à son niveau actuel"...

    BP

    Elle aussi a dû interrompre en 2012 ses efforts pour forer au large de l’Alaska, pas besoin de mentionner le Golfe du Mexique en plus...

    L’ex-British Petroleum voit aussi sa production globale de brut décliner très fortement. En 2011, celle-ci a atteint 2,157 Mb/j, en recul de 9,1 % par rapport à 2010, et de 15 % par rapport à 2009, d’après le dernier rapport annuel.

    BP a dû se résoudre l’an dernier à engager une sévère cure d’amaigrissement en se dessaisissant notamment de pas moins d’un tiers de ses puits, suite à la marée noire du golfe du Mexique en 2010, terriblement coûteuse pour la compagnie. Une stratégie radicale, qui devrait à elle seule en 2013 entraîner mécaniquement une diminution de la production de 150 000 barils par jour, prévient d’ores et déjà BP.

    La production de BP est en recul à peu près partout, notamment en mer du Nord, en Amérique et en Afrique. Très loin de suffire à compenser ces déclins multiples, le retour en Irak en 2011 de l’ex-compagnie nationale britannique confirme à nouveau la position clé désormais occupée par Bagdad sur l’échiquier de l’or noir.

    Total

    Total fait état de perspectives totalement optimistes concernant l’avenir de sa propre production. Ces perspectives reposent pour une part essentielle sur une poursuite très plausible du développement de l’exploitation des sables bitumineux au Canada.

    Mais là encore, l’évolution récente de la production semble raconter une autre histoire.

    Les extractions de pétrole brut de Total sont en recul continu depuis 2007, d’après les chiffres fournis par le groupe français en 2012 :

    2007 : 1,509 Mb/j ; 2008 : 1,456 ; 2009 : 1,381 Mb/j ; 2010 : 1,340 Mb/j ;

    2011 : 1,226 Mb/j.

    La production de Total a donc reculé de 8,5 % entre 2011 et 2010, et de 18,8 % entre 2011 et 2007. Le tout dans un contexte de profits records et d’envolée des dépenses dans l’exploration et le développement de la production. Ces dernières ont atteint 30,2 milliards de dollars en 2011, en hausse de 72 % sur un an, et de quasiment 250 % sur quatre ans. Pour l’heure, tout se passe comme si forer de nouveaux puits dans des champs matures ne suffisait en rien à enrayer le déclin de ces mêmes champs, quels que soient les projets nouveaux initiés par ailleurs.

    Total est impliqué dans bon nombre de pays pour lesquels l’Agence internationale de l’énergie prévoit désormais une baisse de la production future, que ce soit en Afrique, en mer du Nord ou encore en Amérique.

    Conclusions provisoires pour moi en tout cas ;

    Nous allons assister à une lente, peut-être, mais inexorable dégringolade de la quantité d’énergie disponible, seul des prix de 140 a 150 $ le baril pourraient permettre de continuer a assurer (?) un semblant de viabilité, aux forages nécessaires pour aller récupérer une énergie de plus en plus rare et de plus en plus chère.
    Ces niveaux de prix nous assurent que nous sommes engagés dans une dépression économique sans issue, tant et aussi longtemps que l’aune des systèmes financiers sera ce qu’elle est actuellement, que notre mode de vie n’aura pas changé complètement.

    Désolé Monsieur Le Hir mais vos prévisions, depuis 2 ou 3 ans, d’un pétrole albertain à 50 $ le baril et d’un écroulement de l’Alberta, doivent être remisées au garage.

    Le Canada va rester pour les prochaines 30 années une puissance majeure du jeu pétrolier international et ceci ne devrait, bien entendu, ralentir en rien, la progression du dollar canadien, progression qui va continuer à dévaster le secteur manufacturier canadien.

    Nous avons passé ce que l’on nomme le pic pétrolier et les énergies complémentaires, car elle ne sont que ca, gaz ou pétrole de schistes, ne pourront assurer la survie du système (de plus il s’agit surtout de spéculations financières qui permettent le soutien de tout ceci). Les dernières études sur le champ Bakken Fields montrent maintenant clairement qu’il faut forer en permanence et que la durée d’exploitation des puits n’est que de 36 mois en moyenne.

    C’est un élément a retenir pour ceux qui pensent que nous avons les fesses assises sur une autre Arabie Saoudite a Old Harry....

    En même temps nous devons faire face à un réel écroulement du prix de l’électricité en Amérique du Nord, écroulement qui est provoqué, par le développement du gaz de schiste, solutions sans avenir à long terme. Il va être nécessaire, rapidement, de mettre fin aux projets de développements de Hydro-Québec car à court terme (moins de 10 années) leur viabilité sera nulle. Ceci va avoir bien entendu, des conséquences dramatiques sur l’emploi au Québec.

    Pour la mondialisation, il n’y a pas lieu de s’inquiéter, elle va s’écrouler....

  • Pierre Bellefeuille, 9 janvier 2013 13h17

    Quelques propos croisant aussi ce que d’autres ont mentionné ici :

    Les systèmes de production et la mondialisation dérégulée sont devenus si efficaces, qu’on peut produire à très bas coût dans les pays comme la Chine dix fois ce que la plupart des gens ont réellement besoin. Nous sommes donc en permanence en situation de déséquilibre de la balance commerciale, où on a de la difficulté à écouler les surplus de production, car on est arrivé à la limite de ce que le système de crédit pouvait faire pour stimuler la demande. Les bons emplois ont été délocalisés par dizaines de millions au profit de la Chine, et ceux n’ayant plus d’emplois stables dans plusieurs pays industrialisés ont de plus en plus de difficulté à financer leurs achats, y compris les denrées de base, plus particulièrement aux États-Unis. Et, aux États-Unis uniquement, 30 % de la production a été délocalisée, le pouvoir d’achat de la classe moyenne a donc beaucoup diminué.

    Certes, le monde est instable sur les plans de l’économie et de l’environnement. La haute finance spéculative sait parfaitement exploiter cette instabilité, elle la désire et la provoque dans une certaine mesure.

    La surproduction a aussi créé d’énormes problèmes environnementaux. On a développé la production industrielle depuis le début du siècle dernier en profitant d’un important levier démographique. La population mondiale était d’environ 1,3 milliard d’individus (vers 1900), en 1962 on avait environ 3.5 milliards de personnes et en 2012 nous avoisinons les 7 milliards de personnes. Le poids démographique explique bien des choses, et surtout, que ce qui a fait les grandes fortunes du siècle dernier pourrait très bien mener à un cul-de-sac avec les conditions susmentionnées, c’est le paradoxe des systèmes qui semble s’appliquer, où on dit que : tout système poussé à son extrême limite tend à produire l’effet contraire de ce à quoi il était destiné au départ. Autrement dit, si certaines choses pouvaient être faites d’une certaine manière avec 1,3 milliard de personnes, les mêmes manières de faire et de penser ne sont pas nécessairement viables avec 7 milliards de personnes.

  • 9 janvier 2013 12h59

    Merci monsieur Le Hir, de tirer les rideaux, laisser pénétrer la lumière, pour que tous puissent regarder ce qui se passe dehors. C’est un beau jour Vigile.

    Jean

  • Pierre Bellefeuille, 9 janvier 2013 12h31

    Monsieur Le Hir,

    Votre article est très pertinent ! Merci !

    Je donne quelques idées en vrac ici, en commençant par reprendre une partie de votre texte.

    « Écrivant son livre au début des années 2000, John Saul ne pouvait pas savoir que le monde serait touché par une crise aussi sévère que celle de 2008, et c’est ce qui donne d’autant plus de force à son analyse parce qu’elle n’a fait qu’y gagner en pertinence. »

    Suivant cette citation, je dois nommer une femme, une haute fonctionnaire ayant travaillé sous l’administration Clinton, Brooksley Born. Cette femme avait remarqué le système à la Ponzi et l’opacité qui s’installaient dans les systèmes financiers, elle avait sonné l’alarme au cours des années 1990. Les grands banquiers centraux n’ont pas aimé du tout la sortie publique de Madame Born, ils ont mis toute la pression sur elle et l’ont forcé à quitter ses fonctions. Elle et d’autres gens avaient vu venir la crise bien avant qu’elle se produise. Madame Born ne s’est manifestée que vers 2007. D’autres après elle avaient sonné l’alarme, et on ne les a pas écoutés.

    À propos de Brooksley Born : http://en.wikipedia.org/wiki/Brooksley_Born

    Il est assez simple de comprendre pourquoi on ne les a pas écoutés : la finance spéculative s’est immiscée au coeur même de la politique. Là où normalement on devrait s’attendre à ce qu’une gouvernance politique se préoccupe de l’efficacité de l’économie dans son ensemble, où la justice et l’équité sociale sont des valeurs centrales, où on devrait s’assurer que les plus pauvres aient l’essentiel pour vivre, on se retrouve de plus en plus face à des gouvernements vidés de leurs fonctions essentielles, parce que les puissants lobbys financiers ont tout infiltré et dictent leurs pseudo lois du libre marché à l’ensemble des gouvernements de la planète. Les coupables sont les Goldman Sachs, J. P. Morgan, et autres. Aux États-Unis, Monsier Obama rencontre de grandes difficultés à faire passer des projets favorisant les politiques sociales, parce qu’il est entouré des gens venant de Wall Street ayant provoqué la crise 2008, des gens qui ne veulent surtout pas que les choses changent, c’est l’esprit du néo conservatisme qui prévaut, parce qu’ils en retirent de très grands pouvoirs et bénéfices personnels. Ce sont des ogres de la finance, promouvant une pseudo science économique.

    Document d’accompagnement « Les ogres de la finance », publié par la revue montréalaise Relations : http://cjf.qc.ca/fr/relations/enkiosque.php?idp=52

    Le prix Nobel d’économie, Joseph E. Stiglitz, dans son livre « Le triomphe de la cupidité », pourfend les idéologies économiques néolibérales reposant sur des concepts dérivés du darwinisme social, là où on prétend que seuls les plus forts survivent. Ces néolibéraux, libres de toute régulation, considèrent que la loi du plus fort appliquée à l’économie produira nécessairement une économie plus forte, mais en l’absence de toute régulation comme le démontre bien Monsieur Stiglitz, ces concepts néolibéraux ne tiennent pas la route. On doit lire les derniers chapitres de son livre, ils sont savoureux, car Monsieur Stiglitz déconstruit complètement l’idéologie néolibérale, la trop bien connue trilogie de l’économiste de Chicago, feu Friedman, soit : dérégulation, privatisation et réduction des dépenses publiques.

    Monsieurs Stiglitz va encore plus loin, il affirme que les bases de ladite science économique doivent être entièrement révisées, car les postulats sont faux, il mentionne que la science économique est une science molle sans rigueur. Ce n’est pas peu dire de la part de l’économiste le plus cité au monde.


    On doit aussi mentionner qu’au cours des années 1980, une des premières banques ayant exploité des dérivés spéculatifs, du genre papiers commerciaux adossés à des actifs, fut Solomon Brothers, mais celle-ci a été poursuivie au début des années 1990. Le mal a été fait, elle avait montré le chemin. Un acteur bien connu a fait une partie de sa fortune au sein de Solomon Brothers, il s’agit de Warren Buffet, dont les actifs dépassent les 50 milliards de dollars en 2013. Monsieur Buffet n’est pas du tout anodin, car il possède aussi une maison de notation de crédit, rien de moins que Moody’s. Hum ! Nous devions tous froncer les sourcils ici. Non !? Ces maisons de notation font la pluie et le beau temps sur la planète et menacent de décote quiconque ose remettre en question le modus operandi du néolibéralisme sauvage, y compris ceux désirant un retour vers les politiques de centre-gauche, autrement dit le socialisme. Ces maisons de notation ne sont pas neutres et ne sont pas soumises à aucun mécanisme de contrôle de rigueur. Ces maisons de notation ont donné des cotes triple-A, aux fonds spéculatifs ayant mené tout doit à la crise financière 2008.

    Lorsqu’on découvre ceux se cachant derrière les maisons de notation de crédit, on comprend mieux que les règles du jeu économique sont conçues et faites sur mesure pour favoriser le capital spéculatif des nouveaux oligarques. Joseph E. Stiglitz fait aussi très bien ressortir dans son livre « Le triomphe de la cupidité », que le complexe militaro-industriel fait aussi partie du problème, il précise que les éléments de ce complexe se composent de la haute finance spéculative, du pétrole, du pharmaceutique, du militaire et du charbon. J’ai compris que ce complexe se synchronise essentiellement pour assurer le pouvoir à une forme de gouvernance mondiale hautement stratégique.


    Qui sont les acteurs derrière les maisons de notation ? On répond à cette question ici :

    http://www.abadinte.com/2011/12/qui-se-cache-derrire-standard-poors/

    http://www.dhnet.be/dhjournal/archives_det.phtml?id=1174596


    Monsieur Stiglitz estime que la haute finance spéculative et les banques sont devenues beaucoup trop puissantes, il précise qu’elles nuisent à la stabilité du monde. Il n’est pas difficile de le comprendre, mais on doit retenir que ces spéculateurs financiers exploitent au quotidien l’instabilité du monde, ils la provoquent de toutes pièces. Un exemple dur et immonde des manipulations de marché a été exposé ici dans ce documentaire intitulé « Comment Wall Street affame le monde », lequel provoque la nausée :
    http://www.youtube.com/watch?v=ozQDHVuTiRA

    Le couplage des maisons de notation, du complexe militaro-industriel, des nominations politiques à des gens venant de Goldman Sachs, etc., assure un immense pouvoir à quelques élites sachant très bien ce qu’elles font, travaillant surtout pour les intérêts privés, ça n’a rien à voir avec des politiques sociales.


    Si on pousse la logique du darwinisme social à son extrême limite, là où prétendument seuls les plus forts survivent, et où on affirme tout à fait gratuitement qu’à partir de cette « sélection naturelle », ne peut naître qu’un monde plus fort et efficace, plus précisément dans un contexte complètement dérégulé, où tout peut se marchander, y compris les gènes, l’eau, les denrées de base, où la concentration des pouvoirs est si grande entre les mains de quelques oligarchies, que des pays en entier sont poussés à la faillite ; on doit insister ici, cette logique darwinienne supporte un néolibéralisme extrêmement violent structurellement se rapprochant trop dangereusement d’une forme d’eugénisme économique, car ce néolibéralisme sauvage se considère de l’intérieur et de manière purement opportuniste comme étant parfait, excluant violemment toute solution de rechange.


    La cupidité n’est pas le propre d’une idéologie, d’un système politique ou économique en particulier, qu’il soit communiste, socialiste ou capitaliste. Il y aura toujours, peu importe le système, l’espèce humaine où les individus doivent survivre, apprendre à se connaître et vivre ensemble, apprendre à vivre avec l’anxiété existentielle, sans jamais être absolument certains du sens de notre existence et de nos actions dans ce monde ou de leur portée respective. Notre conscience au quotidien est assez limitée par un ensemble de variables, nous fonctionnons tous à divers degrés sur des automatismes plus ou moins fonctionnels.

    Ils seront bien intelligents, ceux ou celles qui parviendront à unifier ce monde pour que jaillisse uniformément un amour inconditionnel de l’autre, pour le plus grand bien commun, dans un cadre de justice et d’équité sociale. À mon sens, cette recherche d’un monde meilleur est permanente et renouvelable à l’infini. Les tensions sont donc perpétuelles entre la recherche du bien commun et le privé.


    De manière poétique, l’écrivain Giono, dans son livre « Le poids du ciel », écrivait : « Le temps, c’est le temps pendant lequel on vit ».


    Alors, pour qu’un monde autre puisse être un certain temps, on doit prendre le temps qui nous est donné pour s’impliquer activement dans une conscientisation plus grande que nous. Il n’y a pas de pouvoir dans le non-dit ! On doit prendre le temps de communiquer ce qu’on a à dire le temps de notre vivant. C’est ce que fait merveilleusement Monsieur Ziegler avec ses écrits !

    Le silence n’est pas une option, il devient criminel lorsqu’on connaît les raisons profondes des divers maux souvent bien connus de nos gouvernements fermant les yeux sur les problèmes et les solutions. Ce silence doit se transformer en un puissant cri collectif traversant les moindres interstices des parlements, pour que la pression collective force les gouvernements à modifier en profondeur les marchés spéculatifs dérégulés.


    Nous avons aussi des raisons d’espérer, mais la vigilance doit être permanente, chaque nouveau-né demande un monde intérieur à refaire. La cupidité sera toujours là quelque part. Oui, nous pouvons espérer, car des gens comme Jean Ziegler (L’empire de la honte), Éric Laurent (Le monde secret des Bush et La face cachée des banques), Naomi Klein (la stratégie du choc), Joseph E. Stiglitz (Le triomphe de la cupidité), ainsi que plusieurs autres spécialistes nous sensibilisent et nous donnent une grille d’analyse précise nous permettant de déconstruire les fraudes fiscales et intellectuelles du néolibéralisme sauvage et puant. Monsieur Ziegler nous fait comprendre qu’à plusieurs endroits dans le monde, les communautés se regroupent pour défendre une autre vision du monde plus humaine.

    C’est exactement à ce niveau mondial que nous devrons nous organiser et nous coordonner en continuant à écrire et dénoncer, en manifestant, en s’impliquant politiquement et publiquement pour forcer le changement vers un monde moins cupide et plus accueillant.

    Étant trop conscient de la schizophrénie habitant le coeur des prédateurs néolibéraux, je crois qu’ils ne changeront que lorsque les bases mêmes de leur succès seront ébranlées. Le grand lien qu’on doit briser, celui reliant toutes les associations d’intérêts communs entre les maisons de notation, les spéculateurs financiers et le complexe militaro-industriel, celui finançant les guerres trop coûteuses à tous les niveaux et les plus grandes iniquités, il faut le nommer ce lien, le débusquer, car il s’agit du talon d’Achille de tout l’édifice frauduleux savamment construit : LE CRÉDIT.

    C’est en déstabilisant ce système de crédit mondial que nous arriverons à forcer les changements.


    Nous espérons des changements positifs, mais on doit toujours garder à l’esprit que tout système poussé à son extrême limite tend à produire l’effet contraire de ce à quoi il était destiné au départ. Autrement dit, si un de ces jours nous arrivons à renverser un ordre néolibéral du monde devenu si évidemment trop violent, il nous faudra trouver une manière d’éviter les mêmes pièges. L’eugénisme économique dont j’ai parlé plus haut relève à mon sens d’un fondamentalisme néolibéral, d’une croyance aveugle dans un dieu-marché dérégulé, la conséquence de cette croyance pousse le néolibéralisme à devenir extrêmement violent, une forme de néo-fascisme autoritaire autorisant toutes les dérives morales. Je crois que n’importe quel système politique est à risque de tomber, par opposition aux cultures perçues comme étant menaçantes, de tomber dans les pièges du néo-fascisme autoritaire. La libre adhésion dans le respect de l’autre n’est pas une chose simple.

    La grande grille d’analyse qui permettrait de rallier tout le monde, toutes cultures confondues, qui permettrait de construite notre monde sur une base commune reste à faire. Ça m’apparait une tâche immense tellement elle regroupe un nombre élevé de variables. Le libre arbitre nous a été donné à tous, et chacun, à un moment où un autre de notre vie ne sait pas toujours en faire un bon usage, je ne fais aucunement exception ici.

    Comment nous retrouver, reconnaître nos mutualités, nous accepter et respecter nos différences sans avoir besoin d’éliminer l’autre ? Comment passer ces valeurs qu’on peut cultiver au niveau individuel à un niveau plus large, celui de la politique qui pour l’instant s’autorise une incroyable violence pour ne nommer que les meurtres de masse dans les guerres idéologiques assurant pour un temps donné des pouvoirs et privilèges construits sur le sang des autres ?

    Depuis la création de ce monde, on estime qu’il y aurait eu près de 100 milliards d’individus ayant foulé la terre ! On se bat toujours, car après tout, la survie est une lutte au quotidien. Moi, j’ai un certain état de conscience, j’ai le très grand privilège et la liberté de pouvoir écrire ces mots, mais il en est tout autrement pour une très grande partie des gens vivant sur cette planète, pour qui un seul repas par jour est un défi au quotidien, les maux de ventre creux modulent assurément leur état de conscience, et ne leur donnent pas vraiment le temps d’écrire.

    Ce n’est pas vraiment évident tout ça. En supposant qu’un petit génie informatique puisse mettre en application une attaque poussée contre ce talon d’Achille qu’est le crédit, pendant ce temps précisément, combien de gens pousserions-nous à la rue, risquant de produire des problèmes encore plus grands que ceux qu’on espérait résoudre ?

    Nos modes de vie contemporains sont si intimement liés à plusieurs niveaux qu’on peut s’imaginer qu’il n’existe aucune solution durable et unique pour résoudre ces problèmes complexes. C’est effectivement extrêmement complexe ! Le pétrole, par exemple, si on tentait de le rayer du marché demain matin, nous créerions la pire crise mondiale de tous les temps, car plus de 70 000 produits dérivés reposent sur l’industrie pétrolière.


    Je pense que dans n’importe quel système politique, qu’il s’agisse de communisme, de socialisme ou de capitalisme, qu’on retrouvera toujours des humains capables du meilleur comme du pire. Au contact des autres, notre état de conscience est modulé constamment, on prend et on assume des décisions et un mode de vie où on ne peut tout simplement pas contrôler en tout temps. On évolue souvent sur des automatismes plus ou moins fonctionnels favorisant une certaine durée de vie.

    Sur cette Terre, nous sommes tous de passage, sans exception. Les différentes lectures que je fais tous les jours depuis plus de 10 ans maintenant, me permettent de mieux saisir les enjeux globaux, de faire des choix politiques plus éclairés, espérant qu’à la fin un monde meilleur naîtra, sachant très bien que l’équilibre désiré sera indéfiniment fragile, à l’image de la vie.

    Nous sommes des êtres anxieux à divers degrés, et à des niveaux plus aigus cette anxiété fait souffrir certains énormément, une anxiété qui déstabilise poussant parfois certaines personnes dans des directions pour le moins surprenantes et pas toujours belles.

    La paix, la vraie paix durable, si on veut qu’elle s’installe de manière plus globale, à mon sens doit d’abord passer par la paix intérieure. On doit travailler sur ses propres contradictions internes. Et, en politique, les choses se compliquent, car il s’agit du lieu de toutes les tensions, et à ce niveau de pouvoir, je ne suis pas si certain que nous arriverons à régler ce problème de paix intérieure, mais je la souhaite profondément.

    La politique doit retrouver le sens de la compassion, doit se détacher ou prendre ses distances par rapport au capital financier spéculatif, doit redonner aux gens le goût de rêver et de construire le monde sur d’autres bases, lesquelles seront très probablement des thèmes et variations sur des modes de fonctionnement appartenant à un temps passé. On peut retirer beaucoup de l’histoire qui est si riche en enseignement.

    Une société purement technicienne, axée uniquement sur le rendement et la productivité économique, chassant les penseurs et les sciences humaines, tentant de tout récupérer en se confondant sur l’indice de rentabilité, cette société à mon sens court d’abord à sa perte morale, et plus tard à son extinction en tant que repère et modèle, car devenue trop violente pour qu’on y reconnaisse quelque chose de viable, et c’est bien là que nous en sommes rendus avec le néolibéralisme sauvage, je crois.

    Nous allons vers une autre chose qui évolue lentement au rythme des mentalités collectives, mais en attendant, je ne suis pas certain que de mon vivant je connaîtrai ce monde tant souhaité, je le dis avec un peu de tristesse, mais j’en sais assez pour ne pas me laisser emporter pour des espoirs idéalistes démesurés, car je connais trop bien la nature humaine, laquelle reste fascinante à tous les points de vue, et ça ne m’enlève aucunement ma faculté d’émerveillement qui me garde jeune et bien en vie.

    On doit nourrir l’espoir ! C’est que disait Jean Ziegler lors de son dernier passage à Ottawa en 2012, je le paraphrase ici : on peut aborder des sujets très durs, mais on doit toujours conclure sur une note d’espoir. L’écriture joue un rôle très important !


    Quelques liens utiles, certains sont redondants ici :

    [1] http://en.wikipedia.org/wiki/Milton_Friedman
    [2] http://www.legrandsoir.info/l-endettement-de-la-grece-au-profit-des-industries-militaires.html
    [3] http://www.rue89.com/2011/11/14/monti-la-tete-de-litalie-goldman-sachs-dirige-t-elle-leurope-226524
    [4] http://www.youtube.com/watch?v=eLKF5p6hDm4
    [5] Dossier « L’ogre de la finance », publié dans la revue montréalais Relations, no 733, juin 2009 • http://cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=817
    [6] http://www.deridet.com/HEDGE-FUNDS-Plus-que-jamais-maitres-du-monde_a2481.html
    [7] http://www.lavoixdunord.fr/France_Monde/actualite/Secteur_France_Monde/2012/03/29/article_jean-ziegler-la-faim-est-un-crime-contr.shtml
    [8] http://leblogalupus.com/2011/10/29/cartels-et-mondialisation-147-societes-controlent-leconomie-mondiale/
    [9] http://cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=814
    [10] http://www.objectifeco.com/economie/economie-politique/article/vincent-benard-les-nouvelles-oligarchies-ou-la-democratie-confisquee
    [11] http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/canada/201012/07/01-4350174-banques-canadiennes-20-milliards-de-profits.php
    [12] http://en.wikipedia.org/wiki/Salomon_Brothers
    [13] http://en.wikipedia.org/wiki/Brooksley_Born
    [14] http://leblogalupus.com/2010/10/31/matieres-premieres-la-prochaine-bulle-pourrait-etre-celle-des-commodites/
    [15] http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29927

  • Richard Le Hir, 9 janvier 2013 12h25

    M. Verrier,

    Vous avez tout à fait raison.

    Richard Le Hir

  • Richard Proteau, 9 janvier 2013 12h23

    Bonjour M. Le Hir,
    J’ai bien aimé votre texte mais j’aimerais y amené des commentaires. En faite nous les membres du premier monde sommes surpris de la prise en main armée de l’agenda de la mondialisation par la clique des Puissants. Nous avons l’impression que cela est arrivé soudainement. Si nous étions membres du tiers monde nous verrions ceci comme la conclusion ultime de l’impérialisme. La base de l’impérialisme est la volonté d’une nation de contrôler et d’exploiter les autres nations. Mais le problème avec l’impérialisme est qu’une nation peut acquérir une conscience, un problème que la mondialisation résout.
    Oliver Stone dans son merveilleux reportage “Untold History” y fait bien référence documentant la fin de la conscience Américaine lors de la fin de la guerre au Vietnam avec la livraison du Prix Nobel de la paix à Kissinger. Comment par exemple cette nation réécrit son histoire pour justifier un crime contre l’humanité soit la mort de plus de 3.5 millions de Vietnamiens versus 50,000 soldats américains. 3.5 millions de mères, pères et enfants, c’est la moitié de la population au Québec. Imaginez…
    Où est la conscience Américaine ? Ou sont les géants et la relève de cette conscience comme Wallace, King, Mohammed Ali qui rendaient la nation des États-Unis unique et différente de toutes les nations par son potentiel malgré tous les crimes que cette nation a commis. On voit que cette conscience disparait avec l’arrivée de la mondialisation suivant les termes du mémorandum de Kennan écrit en 1948.

  • 9 janvier 2013 11h47

    M. Le Hir, merci pour cet article et bienvenu dans l’univers du complot.

    Souvent, ici même sur Vigile, j’ai confessé ma "complotite aigüe". Souvent aussi, j’ai redis que tous ceux qui en souffrent ne peuvent avoir toujours tort.

    À cet effet, j’aimerais soumettre le texte d’un des maîtres à penser de la théorie de la conspiration, à savoir Pierre Hillard. On peut le retrouver sur le site Voltaire de Thierry Meyssan, un autre atteint, à : http://www.voltairenet.org/article164176.html

    Vous écrivez : "L’agenda de la mondialisation est donc téléguidé depuis le milieu des années 1950 par un groupe de gens très riches qui ont entrepris de conquérir le monde pour satisfaire leur appétit d’enrichissement personnel et leur soif de pouvoir".

    Vous savez comme moi, j’en suis sûr, que la « génération spontanée » n’existe pas. Merci Pasteur.

    Hillard, dans son texte où il nous présente entre autres Cecil Rhodes, fait remonter cet agenda beaucoup plus loin dans le temps.

    Je le cite : "Pour mieux comprendre la situation désastreuse dans laquelle les défenseurs de la cause nationale se trouvent en ce début de XXIè siècle, il est nécessaire de rappeler dans ses grands traits le rôle éminemment important de la puissance financière et aristocratique anglo-saxonne. Celle-ci a toujours constitué un Etat dans l’Etat. On peut situer sa prise du pouvoir suite à l’instauration de la « Grande Charte » du 15 juin 1215. Après la défaite du roi Jean Sans Terre d’Angleterre, le 27 juillet 1214 à Bouvines face au roi Philippe Auguste, les barons anglais ont arraché des privilèges politiques et financiers. Désormais, la couronne britannique est obligée de composer et de collaborer avec une caste qui allie force, puissance financière et ambitions commerciales. Dès cette époque, une élite avide, revendicatrice et orgueilleuse est née. Elle est à l’origine de l’existence de ces groupes de pressions (ou lobbies) qui, par des voies aussi diverses que la finance, le renseignement ou les médias, exercent des pressions sur le pouvoir politique". C’est dire.

    Une lecture, à mon humble avis, plus qu’enrichissante pour chacun ayant à coeur une suite des chose "pour et par le peuple" comme se plaît à le répéter votre ami Pierre Cloutier.

    Car là réside le noeud du problème à mon sens. L’appropriation du bien commun par les dotés de trois mains.

    Comment, en effet, ne pas craindre qu’un éventuel "réveil" de notre peuple ne suscitera pas , de leur part, une réponse à la lybienne, ou encore à la syrienne. Nous ne sommes pas le Mali tout de même.

    Parlez-en avec Harper, participant de Bilderberg en 2006.

    Ainsi rentrent dans le rang les récalcitrants. "Je te démonise et te détruis, ou tu t’écrase" !

    Certains avaient prévu que Gesca démoniserait Pauline. Pourtant, la tâche est réalisée de façon plutôt soft. Ne trouvez-vous pas ? Serait-ce que sa gouvernance, somme toute, sert les intérêts de mon’onc ? Poser la question...
    André Lemay

  • 9 janvier 2013 10h12

    Monsieur Le Hir, si ce que vous écrivez est vrai, vous aurez fait la démonstration d’un grave manque de pertinence des programmes confondus du PQ, d’ON et de QS face au Nouvel ordre mondial qui nous est imposé.

    GV

  • M Dubé, 9 janvier 2013 08h48

    Au début du 20° siècle une personne travaillait la terre pour nourrir une autre personne. On a mécanisé, industrialisé, robotisé. Quand on a informatisé , licencié, augmenté les frais de ceci, de cela, les dividendes des banques se sont mis à grimper. On est beaucoup plus à travailler ailleurs que sur la terre. On travaille plus quoi qu’en disent les lucides, les femmes ont trouvé un emploi et laissé les enfants à la garderie. Où est NOTRE gain de NOTRE productivité ? On affame, manipule, illusionne. Nous votons pour eux à chaque achats. Nous les maintenons en place. Ils prennent nos institutions, nos richesses collectives, nos vies.

  • Claude Dion, 9 janvier 2013 08h34

    Bonjour M. Le Hir. Il s’agit d’un article très référencé et bien fouillé.

    Vers le fin de l’article, vous écrivez : "...dictature de la monnaie unique qui les prive de toute possibilité de dévaluer comme pourrait le faire un État disposant d’une monnaie nationale pour empêcher que sa population ne soit poussée au chômage et à la misère et ses entreprises à la faillite..."

    Vous faites allusion a l’Europe sans doute. Cela est vrai pour les pays européens qui ne peuvent dévaluer .

    Actuellement, dans un contexte de surproduction, la plupart des pays tentent d’affaiblir leur monnaie nationale pour mieux exporter....leurs surcapacité de production.

    Une guerre des monnaies faibles est en cours. Une guerre
    causée par la surproduction. La situation de surproduction est la même que celle qui a prévalu avant la 2e guerre mondiale.

    Je ne partage pas, cependant, vos conclusions. Comme le professeur Fekete, http://www.google.ca/url?sa=t&rct=j&q=professeur%20fekete&source=web&cd=2&cad=rja&ved=0CDgQFjAB&url=http%3A%2F%2Ffr.wikipedia.org%2Fwiki%2FAntal_E._Fekete&ei=mGztUNPZA8WH2AX9rYBA&usg=AFQjCNHGrUmwmxgQWD18kPBXs_DzLVvk_w&bvm=bv.1357316858,d.aWc je crois que toutes les monnaies papiers sont vouées a l’échec. Enfin, les monnaies-papiers
    NON-GARANTIES par une portion en Or.

    Peut-on protéger le pouvoir d’achat de notre patrimoine familial ou même collectif dans ce contexte de mondialisation ? Oui, en investissant individuellement ou
    COLLECTIVEMENT dans de réels lingots d’Or.

    J’ai la même opinion que le professeur Fekete ; lorsque
    la musique s’arrêtera, seuls ceux possédant de l’Or pourront repartir une économie viable. Par CEUX, j’entends
    les individus....ou les collectivités. C’est ici que la
    Caisse de dépôts et placements pourrait jouer un rôle pour
    protéger le pouvoir d’achat de notre patrimoine collectif.

    Voici son dernier ouvrage - Le retour au standard Or - écrit avec la collaboration d’un
    journaliste économique français : http://www.google.ca/url?sa=t&rct=j&q=professeur%20fekete&source=web&cd=1&cad=rja&ved=0CDIQFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.lejardindeslivres.fr%2Fstandard-or.htm&ei=mGztUNPZA8WH2AX9rYBA&usg=AFQjCNHLWGxOrsa7haly_l67Lh7SMFFVrg&bvm=bv.1357316858,d.aWc

  • NP, 9 janvier 2013 05h33

    Ca confirme ce qui ce dit depuis plusieurs années sur des sites alternatifs et que les biens pensants s’amusent à mépriser et à décrédibiliser avec la pseudo "Théorie du Complot".

    Merci.

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« La liberté dans une démocratie n’est pas assurée si le peuple tolère que la puissance privée grandisse au point qu’elle devienne plus forte que l’état démocratique lui-même, ce qui, fondamentalement, est le fascisme », avertissait le président Roosevelt en avril 1938.

L’héritage de Franklin Delano Roosevelt

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