«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Une attaque surprenante par sa provenance

Daoust n’a jamais été préoccupé par Rona, dit un ex-patron du quincailler

samedi 4 juin 2016

Un ancien dirigeant de Rona affirme que le ministre Jacques Daoust ne s’est guère montré préoccupé par l’avenir du quincailler en 2012, lorsque le géant de la rénovation Lowe’s a déposé sa première offre pour en prendre le contrôle.

Selon Robert Dutton, M. Daoust lui aurait dit en août 2012, alors qu’il était aux commandes d’Investissement Québec (IQ), qu’il ne « voulait rien savoir de Rona ».

Lors d’un entretien téléphonique, M. Dutton, qui a été chef de la direction de Rona pendant 20 ans, a dit avoir été ébranlé par cette réponse « irrespectueuse » de l’ancien président-directeur général d’IQ.

M. Dutton discutait alors avec M. Daoust afin que le bras financier du gouvernement achète pour 100 millions $ d’actions de Rona afin de protéger le fleuron québécois de l’offre non sollicitée de 1,76 milliard $ du géant américain.

« Je suis allé à son bureau (...) il est rentré et m’a dit « Moi je ne veux plus rien savoir de cela. Je suis en train de m’acheter un vignoble avec mon garçon. Je vais perdre mon (poste). Tout ce qui m’intéresse c’est de rénover mon vignoble. Là, je vais aller chez Rona et j’espère que tu as des bons prix’ », a raconté l’ex-dirigeant du quincailler.

« J’étais déconcerté, je pensais rêver », a ajouté M. Dutton.

M. Daoust aurait évoqué la précarité de son poste alors que le premier ministre de l’époque, Jean Charest, venait de déclencher des élections qui allaient être remportées par le Parti québécois, dirigé par Pauline Marois.

D’après M. Dutton, cet entretien remontait à la première semaine du mois d’août 2012. Environ un mois plus tôt, Lowe’s avait soumis sa proposition au conseil d’administration de Rona.

« Vers la mi-juillet, j’avais reçu un appel de M. Daoust qui me disait avoir reçu un mandat du ministre (des Finances Raymond) Bachand pour sauver le siège social de Rona, raconte l’ancien chef de la direction du quincailler. Je n’avais pas eu de nouvelles par la suite. »

M. Dutton reproche à M. Daoust de ne jamais l’avoir écouté, et ce, même s’il discutait avec d’autres entreprises, dont la française ITM Entreprises et deux autres groupes non identifiés, dans l’espoir de dénicher des partenaires à Rona.

« C’est ce que j’essayais d’expliquer, mais il n’y avait aucune écoute, a déploré M. Dutton, élaborant sur des propos tenus initialement sur les ondes du 98.5 FM. Il y avait des investisseurs prêts à mettre 100 millions $ et des marchands (indépendants voulaient en mettre plus). M. Daoust me répétait constamment qu’il ne voulait rien savoir de Rona. »

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