«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

J-F. Lisée face à ses propres contradictions

Crise PQ : éloge de la complexité

Un autre politicien de l’ultra-simplification calculée

Tribune libre de Vigile
vendredi 14 octobre 2016
851 visites 7 messages

« Mentir pour son avantage à soi-même est imposture, mentir pour l’avantage d’autrui est fraude, mentir pour nuire est calomnie ; c’est la pire espèce de mensonge. Mentir sans profit ni préjudice de soi ni d’autrui n’est pas mentir : ce n’est pas mensonge, c’est fiction. » Jean-Jacques Rousseau

Comme nous le savons, le nouveau chef du PQ est en faveur de l’ Accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne , s’aliénant ainsi au multiculturaliste Justin Trudeau qui vient d’affirmer « … que cette entente ‘’progressiste’’ constitue un puissant symbole pour les pays qui sont tentés par le protectionnisme ». Le Nobel d’Économie Michael Spence avertit que l’Union Européenne fait face à un grand problème qui affecte une grande partie du monde développé. Une majorité des citoyens pensent qu’ils sont gouvernés par des élites qui manipulent en coulisse à des politiciens qui ont été élus démocratiquement.

Si l’on approfondit un peu plus loin le parcours de la pensée politique de J-F. Lisée, nous pouvons constater qu’il nous offre une réalité sans espoir pour les intérêts nationaux du Québec. C’est-à-dire, quand il proposait de privatiser 25% d’Hydro-Québec(1) à travers l’arnaque d’une OPV (Offre Publique de Vente) afin de réduire (sic) la Dette du Québec, il s’agit tout simplement d’une position antinationaliste et d’imposture sociale ayant des conséquences de paupérisation, de ruine collective et de surendettement public. Si l’on veut constater cette affirmation de ruine collective, d’endettement exponentiel et de chaos socioéconomique dans les pays qui ont procédé à la dénationalisation de leurs sociétés financières et de leurs monopoles naturels afin de pouvoir adhérer à cette Union Européenne (UE) de mafias politico-économico-financières, voir dans quel état se trouve aujourd’hui la majorité de ces dits pays.

C’est un constat, là où les discours des politiciens véreux qui ont conduit ces pays au chaos politique et à la crise socioéconomique, vont transmettre toujours de manière subliminale qu’en politique l’on peut offrir la dite réalité sans espoir . Positions qui ne modifient rien, discours proposant l’acceptation de l’inexorable gravité de la réalité, la cohabitation avec les inévitables injustices sociales, l’inégalité comme forme naturelle de l’ordre social, l’incapacité des pouvoirs pour le partage équitable de la richesse collective, l’inefficacité du secteur public… L’État comme problème et non comme solution, l’irréfutable acceptation de l’idée de multiculturalisme comme constitution remplaçable de définition d’État-nation, la mutabilité des identités nationales, la persistance dans le temps de réalités toujours antérieurement préfixées. Préfixées sans espoir. La base de la pensée pseudo-nationaliste est là, dans ses différents degrés.

Le Parti Québécois a aujourd’hui, comme porte-parole principal, quelqu’un ayant beaucoup de positionnements cycliques. Heureusement, pour les intérêts nationaux du Québec, déjà rien ne se résumera en un magique oui ou un magique non. Le PQ a retourné se ‘’réconcilier’’ avec la complexité de sa division interne et militante dans laquelle la conscience de qu’il n’y a pas possibilité de transformer une réalité complexe si avant elle ne se comprend pas. L’on saura dans les mois à venir si le PQ-Lisée ne sera qu’un autre bluff de pouvoir sortir du mal du Québec (2).


*. Pour en savoir davantage sur l’ultra-simplicité calculée du nouveau chef péquiste et de son mentor Lucien Bouchard, consulter Jean-François Lisée se dit à l’aise avec l’idée de gouverner une province
http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201610/13/01-5030190-jean-francois-lisee-se-dit-a-laise-avec-lidee-de-gouverner-une-province.php

1. [VIDÉO] Quand Jean-François Lisée sort de ses gonds
http://www.journaldequebec.com/2016/09/12/video-quand-jean-francois-lisee-sort-de-ses-gonds

2. Partie empruntée au titre du livre Le mal du Québec , de Christian Saint-Germain.

Commentaires

  • François A. Lachapelle, 17 octobre 2016 13h52

    @ Monsieur Lespérance

    Merci pour votre commentaire qui s’intéresse avec raison à ce qui se passe chez nos voisins Ontariens.

    Permettez que je revienne sur l’avenir du nucléaire en Ontario. La raison qui risque de faire pencher la balance en faveur d’une réfection d’une partie ou de l’ensemble du parc des 16 réacteurs nucléaires actuellement en service est la création d’emplois sous la forme du maintien des emplois existants.

    En Ontario, il existe une forte tradition d’emplois dans le nucléaire civil. Depuis la fondation de la société d’état Énergie atomique du Canada Limitée (ÉACL) en 1952 jusqu’en juin 2011, le gouvernement du Canada a injecté près de 20 milliards $ qui ont servi surtout l’Ontario à plus de 90%.

    Ce 90% s’explique par le fait que l’Ontario possédait 20 réacteurs nucléaires sur 22, les 2 autres étant : un au Québec (G-2 fermé en déc. 2012) et Pointe Lepreau au Nouveau-Brunswick. En juin 2011, EACL a été vendu à SNC-Lavalin pour 15 millions $ et un avantage estimé à 75 M$ en contrats futurs.

    La rénovation des 16 réacteurs encore en service ou moins maintiendra et l’expertise existante et les milliers d’emplois afférents. Je peux me tromper.

  • Jean Lesperance, 17 octobre 2016 10h56

    À Monsieur Lachapelle

    Je crois que le pari de Mme Wynne est le bon car le nucléaire coûte trop cher à entretenir. Deux : compte tenu que l’avenir est au solaire et qu’on pourra en faire l’installation à un coup raisonnable sur presque toutes les maisons, l’Ontario peut s’en tirer à bon compte si on commence dès aujourd’hui à implanter le solaire.

    Bien évidemment, l’État doit en garder le contrôle sinon le privé va s’enrichir aux dépens de la population.

  • François A. Lachapelle, 15 octobre 2016 22h26

    Jean-Louis Pérez-Martel, votre article porte à réflexion sur le cas du Québec.

    Je vous cite : « Si l’on veut constater cette affirmation de ruine collective, d’endettement exponentiel et de chaos socioéconomique dans les pays qui ont procédé à la dénationalisation de leurs sociétés financières et de leurs monopoles naturels ... »

    Pour mes propos, je retire de l’énumération ci-haut le notion de "chaos socioéconomique" encore qu’il est n’est pas exclus qu’une privatisation partielle d’H.-Q. puisse engendrer un désordre insidieux à cause de l’importance socioéconomique de cette société d’État construite avec les deniers publics pour le public depuis 1944.

    Avec l’arrivée de J.-F. Lisée à la tête des députés du PQ, vous écrivez, je cite : « ... il nous offre une réalité sans espoir pour les intérêts nationaux du Québec. C’est-à-dire, quand il proposait de privatiser 25% d’Hydro-Québec(1) à travers l’arnaque d’une OPV (Offre Publique de Vente) afin de réduire (sic) la Dette du Québec, il s’agit tout simplement d’une position antinationaliste et d’imposture sociale ayant des conséquences de paupérisation, de ruine collective et de surendettement public. »

    Cette histoire d’une privatisation partielle d’Hydro-Québec est importante et elle traîne toujours dans l’air.

    Sans entrer dans de longues considérations, la province voisine nommée Ontario procède en ce moment à une privatisation partielle jusqu’à 60% de Hydro One. En gros, le gouvernement libéral de Mme Wynne compte retirer 9 milliards $ de cette privatisation dont 5 G$ servira à éponger partiellement la dette de la société d’État Ontario Hydro de plus de 30 G$ à sa dissolution vers 2000 et le solde de 4G$ sera affecté, à ce qu’on dit, au financement d’infrastructures.

    Précisons tout de suite qu’Hydro One est une société plus petite qu’Hydro-Québec (H.-Q.) parce qu’il existe de dizaines de compagnies de distribution de l’électricité dans les grandes villes qui sont la propriété des villes. Ainsi, alors qu’H.-Q. dessert 4 millions de clients, Hydro One en dessert 1,3 million. À 12 milliards $, les revenus d’H.-Q. sont le double des revenus d’Hydro One. En 2014, le bénéfice d’Hydro One est de 750 M$ ce qui est trois fois moins qu’H.-Q..

    La privatisation partielle d’Hydro One est loin de faire l’unanimité. Des analystes sont d’avis que cette privatisation partielle est une mauvaise décision surtout parce qu’elle prive le Gouvernement de l’Ontario dans les années à venir d’importants dividendes récurrents.

    La décision politique de la PM Mme Wynne est une décision à courte vue. De plus, cette privatisation ne règle pas les gros problèmes de l’Ontario dans son dossier de l’électricité qui sont :

    A) la réfection ou l’abandon progressif de son parc de 16 réacteurs nucléaires CANDU qui produisent 50% des 150 TWh par an requis.

    B) le vieillissement accéléré de ses réseaux de transport et de distribution d’électricité ; des investissements importants sont aussi requis dans ce domaine.

    La privatisation partielle ne règlera rien à ces 2 problèmes majeurs. La bonne nouvelle pour H.-Q. : l’Ontario n’ignore pas les surplus d’électricité d’H.-Q., lesquels surplus doivent être vendus au meilleur prix et non liquidé dans une vente de feu. C’est sur la base du prix marginal du kW/h de l’électricité de remplacement dans le nucléaire ontarien que la négociation doit se faire et non aux prix de revient de la production chez H.-Q..

    Calcul : si le prix marginal du remplacement du nucléaire en Ontario est de 20,0 ¢/kWh et que le prix FOB frontières des surplus d’H.-Q. est de 5,0 ¢/kWh, le point de rencontre au milieu est de 12,5 ¢/kWh. Le partage du coût/bénéfice doit être 50-50.

  • Jean Lesperance, 15 octobre 2016 14h48

    On peut toujours faire l’éloge de Parizeau avec ou sans Pierre Fortin mais il a commis plus d’erreurs que n’en dit Pierre Fortin. Et la plus grande fut de se réclamer d’une école, celle de Keynes et d’agir à la manière de Friedman, son principal opposant.
    Et quelle est donc cette erreur que l’on perpétue aujourd’hui ? Celle de penser qu’un âne peut tirer un éléphant. Ou celle qu’une grenouille peut bouffer un boeuf.

    Pour concurrencer sur le marché international, il ne faut pas ouvrir son marché à la concurrence extérieure sinon on se fait bouffer tout rond par des entreprises 100 fois plus grosses que les nôtres. On ouvre la concurrence de l’intérieur et on la ferme de l’extérieur. Mais ici, on s’entête à faire le contraire malgré tout le désastre que ça cause.

    Parizeau et Landry se sont imaginés qu’avec l’aide de l’État, on parviendrait avec des entrepreneurs typiquement québécois à être solidaires et à former un groupe homogène et nationaliste qui ferait du Québec un état puissant capable de concurrencer des pays 10 fois plus gros que le nôtre.

    Ils ont juste oublié un petit détail, un capitaliste n’a pas de sentiment, il nous vend au plus offrant. Le libre-échange ou libre marché est de donner la liberté de le faire. Et nos économistes hurluberlus sont tous d’accord avec cette manière de penser. Et quand Lisée veut poursuivre dans cette même ligne de penser, là je me dis , dans quoi va-t-il nous embarquer ?

  • Pierre Grandchamp, 15 octobre 2016 09h09

    " Lorsqu’en 1984, le premier ministre Lévesque annonça l’adhésion du Québec à l’idée de libre-échange avec les États-Unis, Parizeau l’appuya sans hésiter. Lévesque et lui savaient d’instinct qu’en économie, comme dans le sport, on ne parvient au sommet qu’en affrontant les meilleurs au monde. En foutant le libre-échange entre les dents de Québec inc., on condamnait les entrepreneurs québécois à exceller à l’échelle mondial. Mais recherchant l’équilibre, Parizeau a toujours insisté pour que la souveraineté de l’État ait préséance sur la liberté d’investir des entreprises transnationales."-Pierre Fortin réputé économiste-
    http://plus.lapresse.ca/screens/9b489222-8a30-4397-b555-8569eff40c1d%7C_0.html

  • Pierre Grandchamp, 14 octobre 2016 20h57

    Bernard Landry et Jacques Parizeau ont fait partie des ténors pro libre échange avec les USA et le Mexique. Cela conduira à l’ALENA.

    Lisée est pro libre échange, comme moi, mais demande compensations pour les agriculteurs du Québec.

    Quant à moi, le multiculturalisme n’a rien à voir avec le libre échange.

  • Jean Lespérance, 14 octobre 2016 12h30

    Le PQ possède l’art de se saborder en élisant des chefs indignes de confiance, indignes de gouverner. Comme si seule, l’image comptait. On peut faire confiance à une personne qui a discours constant, cohérent, sans contradictions. On ne peut pas être souverainiste et proposer des mesures anti-souverainistes. Trouvez l’erreur.

    Ça me rappelle encore notre fameux PKP, lui qui avait choisi comme parrain de naissance de son garçon nul autre que Brian Mulroney. Pourquoi pas Desmarais tant qu’à faire ou Stephen Harper ?

    Et après ça, on ose se dire souverainiste. Il y a des signes qui ne trompent pas, comment se fait-il que certains ne les voient pas ? La réalité est si douloureuse qu’on n’ose pas l’affronter. Se mentir à soi-même est trahison. En se mentant à soi-même, on accepte plus facilement la trahison des autres.

    À moins d’une crise financière qui va avoir des répercussions économiques sévères, je ne vois pas comment le Québec deviendra souverain des miettes qui lui resteront dans les mains.

    Mon prix de consolation est la connaissance de la réincarnation qui m’assure que je vais réincarner dans un peuple plus évolué, plus fidèle à lui-même.

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