«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

La loyauté des électeurs aux partis n’est pas inconditionnelle

Convergence idéologique et pragmatisme politique

Le 5 mai dernier, l’exécutif national du PQ a fait parvenir une lettre aux militants de Québec solidaire (QS), les invitant à se positionner, clairement, sur le projet de convergence lors de leur prochain congrès, du 19 au 21 mai prochain, en vue de l’élection d’octobre 2018.

Pourquoi la convergence ?

Fait à noter, on n’y parle plus de « convergence indépendantiste », mais de « convergence » tout court, sous forme d’un « pacte électoral » conjoncturel.

Tout au plus, trouveront-ils un terrain d’entente sur des éléments de programmes communs, notamment sur l’implantation d’un mode de scrutin proportionnel mixte régionalisé. Rappelons qu’un tel engagement a été pris, à répétition, par le PQ et le PLQ sans jamais être concrétisé.

La lettre des péquistes aux solidaires sur cette convergence que Jean-François Lisée qualifie de « devoir de maturité » évoque l’appel pressant des Québécois à « se débarrasser, l’an prochain, d’un gouvernement libéral qui a déjà causé trop de dommages au tissu social et à la vitalité du Québec ». Il faut donc rassembler les forces « progressistes » pour sortir le Québec de ce blocage.

Le problème, c’est que le véritable blocage, à ce jour, vient des forces souverainistes elles-mêmes. Outre la multiplication des conditions de son adhésion, QS vient de proposer le report à novembre prochain de la décision sur cet enjeu stratégique. Les péquistes y ont vu des « problèmes insurmontables ».

Et dire que Daniel Turp, qui aime les symboles, avait souhaité que le tout soit conclu, le 1er juillet prochain, pour faire un pied de nez au 150e anniversaire du Canada.

QS : Un parti pertinent

Malgré tout le doigté que peut avoir Véronique Hivon, députée de Joliette, et l’ouverture manifeste de Jean-François Lisée, ce projet coince toujours après deux ans de conciliabules interminables où règne une méfiance congénitale au sein de la famille souverainiste.

Mais les problèmes insurmontables du PQ ne s’arrêtent pas aux simples tergiversations de QS. Elles sont au cœur de cette stratégie de « convergence souverainiste » elle-même.

Québec solidaire est un parti de gauche, dans le sens idéologique du terme. Il œuvre à changer radicalement la société et pas seulement à faire une « indépendance de façade ». Près de 30 % de ses membres s’opposent à la souveraineté du Québec. C’est « l’indépendance pourquoi faire ? » et non « l’indépendance à tout prix ».

Il représente un courant de pensée minoritaire, mais légitime au Québec. Il doit continuer à s’exprimer, en toute autonomie, à l’Assemblée nationale.

Le pacte électoral signifie le désistement des partis souverainistes, les uns en faveur des autres, selon celui qui pourra gagner les comtés cibles. QS ne veut pas être celui qui cède sa place tout le temps.

Mais le désistement ne se traduit pas nécessairement par un transfert automatique des votes. La loyauté des électeurs aux partis n’est pas inconditionnelle et rien n’indique qu’ils suivront les mots d’ordre de leurs dirigeants.

Pragmatisme politique

Le Parti québécois est un parti qui a l’expérience du pouvoir et hormis son option souverainiste qui divise les Québécois, il a à son actif, depuis le gouvernement de René Lévesque, de nombreuses réalisations durables qui font la fierté des Québécois.

Pour un parti qui aspire à libérer le Québec du marasme dans lequel il s’est enlisé, la logique commanderait qu’il ne s’enferme pas dans des orniè­res idéologiques, mais qu’il entrevoie les choses de façon pragmatique.

Sans rien enlever à la démarche PQ-QS, le sens de l’État exige que le PQ établisse un « pacte électoral » gagnant avec la CAQ en vue de la prochaine élection.

J’entends déjà les hauts cris ! La CAQ et le PQ sont dans une lutte à couteaux tirés. Si tout va comme prévu, on saura, lors de la prochaine élection, qui mangera l’autre et à quelle sauce ?

Ils gagneraient pourtant à ne pas se cantonner dans une posture suicidaire qui va à l’encontre des intérêts supérieurs du Québec. Le leadership, c’est aussi cela, savoir s’élever au-dessus des considérations partisanes et mettre de côté les divergences idéologiques pour aller là où doit aller le Québec.

Du coup, le PLQ prendra un temps d’arrêt pour faire le ménage dans ses écuries et revenir plus tard avec une équipe intègre et renouvelée.


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