«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Les relations du nouveau gouvernement avec la police s’annoncent tendues

Conseil des ministres : choisir sous l’oeil de la SQ

mercredi 16 avril 2014

(Québec) Analyse. Une vieille blague de Gorbatchev, celui de la perestroïka. « Un roi avait 100 épouses dans son harem. L’une d’elles avait le sida. Mais il ne savait pas laquelle ! Un autre avait 100 gardes du corps, l’un d’entre eux était un terroriste. Mais il ne savait pas lequel ! »

Et Gorby, à la tête d’un pays en totale « restructuration », arrivait avec son punch. « Moi, j’ai 100 économistes autour de moi. L’un d’entre eux a raison. »

Depuis une semaine, Philippe Couillard a, lui, 69 députés à sa disposition. Certains députés vont peut-être traverser des heures difficiles à la commission Charbonneau, d’autres pourraient se retrouver sous la loupe de l’Unité permanente anticorruption (UPAC). Mais lesquels ?

Et les mauvaises relations entre l’équipe du chef libéral et la Sûreté du Québec amènent beaucoup de suspicion, à l’approche de la formation du gouvernement. La méfiance est telle qu’un changement de procédure a soulevé de la part des nouveaux maîtres un barrage de questions au ministère de la Sécurité publique.

En temps normal, Philippe Couillard pourrait attendre, patiemment, que les mauvaises nouvelles défilent à la télévision. Mais quand on doit former le gouvernement, c’est une tout autre histoire. Comment choisir 20 ou 25 élus, avec la « garantie » qu’ils ne se retrouveront pas dans l’embarras dans quelques semaines ?

Nouveau chef, M. Couillard avait été très expéditif en ces matières ; il avait limogé sans appel de son organisation Alexandre Bibeau, le fils d’un vétéran du PLQ, simplement parce que ce dernier avait été nommé à la commission Charbonneau. C’était, il faut le dire, au début de la Commission. Avec le recul, s’il avait congédié tous les libéraux dont le nom y a été évoqué, Philippe Couillard devrait se départir de plusieurs députés.

Risques d’amalgames

Au fil des mois, les noms de Pierre Paradis, Laurent Lessard, Sam Hamad, Pierre Moreau, Jean-Marc Fournier, Julie Boulet et Guy Ouellette ont été mentionnés devant la juge Charbonneau par des témoins. Dans la quasi-totalité des cas, rien de répréhensible, mais les risques d’amalgames sont toujours inconfortables. De l’ancien gouvernement Charest, les noms de Line Beauchamp, Michelle Courchesne et Nathalie Normandeau ont aussi été évoqués.

De son côté, l’UPAC a déjà prévenu qu’elle souhaiterait rencontrer les ex-ministres Yves Bolduc et Marguerite Blais, des entretiens qu’elle avait remis au lendemain des élections. À ce compte-là, Couillard lui-même avait été vu par la police, le PQ n’a pas raté une occasion de le rappeler.

Premier ministre élu, Philippe Couillard a été surpris d’avoir à composer avec un nouvel environnement pour les traditionnelles vérifications de sécurité de ses candidats au Conseil des ministres. Passer au crible plus d’une vingtaine de personnes, entre le choix du premier ministre, l’entretien en privé des ministres en devenir et la cérémonie de prestation de serment, suppose une logistique importante.

Vérification plus efficace

Cette vérification est habituelle et existe depuis longtemps. Mais au cours des dernières années, les avancées dans le couplage de dossiers a rendu l’opération bien plus efficace. Les déboires de Daniel Breton poursuivi devant la Régie du logement étaient apparus clairement, par exemple, à cette radiographie civique.

Or le cabinet de Philippe Couillard s’est fait dire tout récemment qu’il n’avait pas à transiger avec le ministère de la Sécurité publique, mais bien directement avec la SQ, pour les candidats dont il voulait faire vérifier l’intégrité. Depuis que deux agents se sont présentés sans prévenir à la porte du condo de Philippe Couillard, on ne peut pas dire que la confiance règne entre le politique et la police. On a même craint, chez les libéraux, de se retrouver à la merci de la SQ, entraînés à cautionner des candidats qui se seraient révélés problématiques quelques mois plus tard !

La réalité est bien plus simple. Dans cette opération, le ministère de la Sécurité publique se limitait depuis longtemps à un rôle de « boîte aux lettres », puisque les outils informatiques nécessaires à ces vérifications se trouvent, de toute façon, au siège social de la SQ, rue Parthenais.

Prochain patron

Depuis, on s’est calmé un peu, de part et d’autre, mais fondamentalement, l’opinion de Philippe Couillard sur la SQ n’a guère changé. Même si cela risque de démobiliser gravement les troupes, le comité de transition mis en place par les libéraux proposera que le prochain patron de la SQ ne soit pas un policier. Comme au lendemain du cataclysme de la commission Poitras, quand le regretté Guy Coulombe avait pris les commandes, la police sera dirigée par un civil. Mais ça ne sera pas l’ancien député caquiste et ex-chef du SPVM Jacques Duchesneau, qui s’était dit « surpris et flatté », la semaine dernière, que son nom circule parmi ceux des candidats potentiels.


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PLQ - La descente aux enfers
Les mille et un cauchemars de Philippe Couillard

Au Québec, sous le gouvernement Libéral, il n’y a pas de séparation entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire. Or cette séparation constitue le fondement de l’État de droit depuis Montesquieu (L’esprit des lois).

L’opposition a proposé que la nomination du Commissaire de l’UPAC relève de l’Assemblée nationale. Le gouvernement Libéral a refusé. Il va donc nommer seul celui qui va enquêter sur... le PLQ !

Le coulage de l’info de l’intérieur de la SQ (Hamad, Bibeau, etc.) est la réponse au PLQ des policiers-enquêteurs qui veulent en finir avec la corruption érigée en système par le régime.

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