«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le gouvernement libéral à l’offensive

Confession d’un « cave »

Les journalistes exaspèrent bien du monde de nos jours au Québec.

Face à leurs questions, plusieurs puissants rêvent, à l’instar du ministre de l’Agriculture, Laurent Lessard, cette semaine, de nous lancer un « On va arrêter de faire le cave icitte, là ! ».

Si poser des questions, demander des précisions, tenter de comprendre ce que nous dit l’élu, insister, comme le faisait ce jour-là le chef de bureau de Radio-Canada Sébastien Bovet face à M. Lessard, c’est « faire le cave », eh bien assumons.

Allez, journalistes, en solidarité, disons : « Je suis Bovet. » Ou plus généralement encore : « Je suis cave. »

Un harceleur

Le « cave » est vraiment casse-pied. Et pire encore. Écoutons la manière dont Philippe Couillard, cette semaine au 93,3 à Québec, le décrit : « C’est clair que, quand on a un gouvernement qui réussit, qui tient ses engagements [...] on a une campagne, toujours en fin de mandat, de dénigrement, de harcèlement systématique. »

Autrement dit, révéler – prenons un exemple parmi tant d’autres – des faits (non contestés) sur la relation d’un premier ministre avec un ancien organisateur comme Marc-Yvan Côté, qui fait actuellement face à des accusations très graves (fraude, abus de confiance et corruption), relève du « dénigrement » et du « harcèlement systématique ». (Certains préféreraient « systémique » peut-être ?)

Au détour d’une phrase de la même interview, M. Couillard, au sujet de M. Côté, est allé jusqu’à dire : « J’avais connu ce monsieur-là. » Étrange, il y a quelque cinq ans, dans ses courriels, il l’appelait « Marc-Yvan », le qualifiait d’« ami » intime et l’invitait à la maison pour le consoler !

On a parfois l’impression qu’on nous prend pour des « caves »...

Qui sait, bientôt, M. Couillard parlera peut-être de Jean Charest en le désignant ainsi : « Ce monsieur-là. » Car le premier ministre actuel veut prendre ses distances de son prédécesseur comme jamais. Questionné, vendredi, sur les déclarations de son ancien chef (M. Charest a confié à La Presse qu’il aurait souhaité témoigner publiquement devant la commission Charbonneau), M. Couillard, très irrité, a carrément refusé de commenter.

Populisme

Le mot « cave » est un québécisme voulant dire « crétin ». Michaëlle Jean se l’appropriera-t-elle ? La Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie est une ancienne journaliste, après tout.

Mais cette semaine, elle a qualifié de « bruit pour rien » le travail d’enquête de notre Bureau et a soutenu que celui-ci exsudait le « populisme ». Aïe, nous n’avions pas assez d’avoir été considérés récemment comme des caves, des dénigreurs et des harceleurs !

Or, le populisme, ce n’est vraiment pas très joli, sous la plume de la Secrétaire générale. C’est entre autres l’« ignorance », la « division », la « suspicion ». Ce mal absolu a même suscité un « appel pour un humanisme universel », lancé solennellement cette semaine à Montréal, par Mme Jean, de concert avec trois homologues d’organismes comparables : l’organisation ibéro-américaine, le Commonwealth et la Communauté des pays de langue portugaise.

L’« appel » condamne sans les nommer des décisions prises démocratiquement par certaines nations (Brexit, élections de Trump). Et enfin, exige des États qu’ils donnent de manière « urgente » aux « organisations internationales », ces « enceintes privilégiées d’un multilatéralisme assumé, les moyens financiers nécessaires à l’accomplissement de leurs missions ».

Lorsque vous, le « cave », vous comptez exposer de manière étoffée la façon dont certains dirigeants multilatéralistes dépensent cet argent, « vous n’y pensez pas ? C’est du populisme mon cher ! », nous répond-on.

Ah, je n’avais pas compris. Je suis cave, vous dis-je.

La citation de la semaine

« En plein hiver, j’ai passé entre trois et quatre mois sans eau chaude ! » – Michaëlle Jean, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie.

Le carnet de la semaine

Poésie lessardienne ?

Laurent Lessard a-t-il tenté de faire du Nelligan, dont les vers célèbres sont justement « comme la neige a neigé » ? Toujours est-il que le ministre des Transports a déclaré, cette semaine : « La neige a son historique de neige et puis ce qu’on dit c’est la surveillance des marchés on en a fait pas suffisamment. »

Dépaysement caquiste

À la clôture des travaux parlementaires, le chef caquiste François Legault a fait une suggestion de destination vacances à ses ouailles : « Je suggère d’ailleurs à mes députés, à mes collègues caquistes de venir faire une expédition à Montréal, hein ? [...] Faire du Bixi sur Le Plateau-Mont-Royal ou dans le Mile-End, là... L’Afrique, l’Indonésie, c’est de la petite bière. Pour un caquiste, là, il n’y a rien de plus dépaysant que de venir à Montréal. »

Pogo solidaire

En souhaitant bon été à tous en chambre, Manon Massé de QS a fait l’éloge « des activités où, au ras des pâquerettes, on se retrouve, on prend de la bière, on mange des hot-dogs ». À la suggestion d’un collègue, elle a ajouté : « Oui, des pogos ! On se le souhaite pour cette année, en tout cas, quelques pogos et dégelés... et bien sûr quelques mets végétariens, puisqu’une partie de notre population ne mange pas de viande. »


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PLQ - La descente aux enfers
Les mille et un cauchemars de Philippe Couillard

Au Québec, sous le gouvernement Libéral, il n’y a pas de séparation entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire. Or cette séparation constitue le fondement de l’État de droit depuis Montesquieu (L’esprit des lois).

L’opposition a proposé que la nomination du Commissaire de l’UPAC relève de l’Assemblée nationale. Le gouvernement Libéral a refusé. Il va donc nommer seul celui qui va enquêter sur... le PLQ !

Le coulage de l’info de l’intérieur de la SQ (Hamad, Bibeau, etc.) est la réponse au PLQ des policiers-enquêteurs qui veulent en finir avec la corruption érigée en système par le régime.

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