«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Un avant-goût de ce qui s’en vient, non seulement ici, mais partout

Compressions : les services à la population écopent

La protectrice du citoyen dénonce la « déresponsabilisation » de Québec envers les plus vulnérables

jeudi 26 septembre 2013

Les ténors du gouvernement Marois ne pourront plus seriner que les compressions budgétaires n’ont aucun impact sur les services à la population. La protectrice du citoyen Raymonde Saint-Germain constate au contraire que les coupes ont des effets néfastes sur l’accessibilité aux services publics et sur leur qualité.

« D’année en année, l’écart entre les services annoncés et ceux réellement accessibles continue de se creuser en raison des pressions budgétaires qui se font sentir de façon intensifiée. Avec chaque annonce de compression revient la formule consacrée que les services publics directs à la population ne seront pas touchés ; ce n’est plus vrai », juge Raymonde Saint-Germain, qui a déposé mercredi à l’Assemblée nationale son rapport annuel d’activités 2012-2013.

« Pénurie de ressources » et « besoins croissants »

C’est le cas dans le réseau de la santé et des services sociaux, qui est soumis à des compressions, même s’il bénéficie sur papier d’une hausse de 4,8 % de son budget, comme a tenu à le rappeler mercredi le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert.

Ainsi, « pour parer au mieux à cette pénurie de ressources et devant des besoins croissants », la protectrice du citoyen note que le réseau de la santé a conclu des ententes avec des entreprises privées ou des organismes communautaires vers lesquels il dirige les citoyens. C’est le cas des agences de la santé et des services sociaux qui, faute de places dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), achètent des places dans des résidences privées pour personnes âgées, appelées ressources intermédiaires dans le jargon, ou encore dans des résidences de type familial. Or, en raison de l’allégement de la certification des résidences qui offrent deux services ou moins, l’État ne fait aucune inspection des lieux et ne s’assure pas de la qualité des services. « On a constaté, dans ces ressources, des lacunes sur le plan de la qualité, […] des personnes [âgées] quisont laissées à elles-mêmes, des personnes qui sont embauchées, qui sont pleines de bonne volonté, mais qui n’ont pas la formation adéquate, a relevé Raymonde Saint-Germain. Dans certaines situations, on a économisé aussi sur la qualité de l’alimentation. » Or, « les personnes qui y sont sont non seulement des personnes vulnérables, mais ce sont des personnes seules et il est important qu’il y ait un contrôle de la qualité », a-t-elle ajouté.

Les mêmes défaillances s’observent dans des ressources intermédiaires qui accueillent des personnes handicapées, particulièrement des personnes avec un handicap intellectuel. « Il n’y a eu depuis deux ans aucune inspection », a déploré la protectrice du citoyen.

« Déresponsabilisation » de l’État

« Ce sont toutes des conséquences des compressions budgétaires qui affectent directement la qualité des services », estime-t-elle. Mais ce qu’elle critique avant tout, c’est la « déresponsabilisation » de l’État quand il a recours à des ressources privées ou communautaires. « Dans ces situations-là, plus personne n’est responsable. Ce n’est plus le ministère, ce ne sont pas les ressources. »

Le rapport documente le fait que certains hôpitaux offrent certains traitements tandis que d’autres conseillent aux patients de s’adresser à des cliniques privées pour obtenir à leurs frais les mêmes services. « Les citoyens s’attendent à être traités avec justice », a fait valoir Mme Saint-Germain.

La protectrice du citoyen a constaté « sur le terrain » qu’au fil des ans et des compressions, il y a « un cumul » qui se manifeste par des délais d’attente qui s’allongent, par des conditions d’accès qui deviennent de plus en plus sévères ou par la réduction du nombre d’heures de service, notamment dans les soins à domicile. « Avant de décréter des compressions budgétaires, il faut bien mesurer les impacts, puis il faut accepter de dire : on n’offrira plus tel service », croit-elle.

Pas d’impact

Après que le rapport fut rendu public, le gouvernement Marois niait toujours que les services publics puissent être affectés par les compressions. Réjean Hébert a martelé que 4,8 % d’augmentation pour le budget de la santé, « ce n’est pas une compression ».

« Je pense que cette augmentation-là se répercute par une augmentation de l’accessibilité et des soins aux patients », a-t-il soutenu. Le ministre n’a pas mentionné que près de la moitié de la hausse va dans les poches des médecins qui bénéficient d’un « rattrapage » négocié par le gouvernement Charest.

Réjean Hébert a toutefois reconnu qu’il n’était « pas normal » qu’un citoyen puisse obtenir sans frais un traitement dans un hôpital, mais pas dans l’autre. « Pas normal » non plus l’absence d’inspection dans les résidences pour personnes âgées. « Nous sommes à corriger la situation », a-t-il dit.


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