«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Les États-Unis reculent sur tous les fronts

Comment la Russie « a implanté » le Hezbollah aux portes d’Israël

dimanche 3 septembre

Selon le journal Asharq al-Awsat, la Russie et les États-Unis se réuniront à la mi-septembre en Jordanie pour finaliser les détails de l’accord de cessez-le-feu qui est en vigueur dans le sud-ouest de la Syrie.

Parmi les clauses que les deux parties discuteront figurera l’ouverture d’un point de passage à la frontière syro-jordanienne. Cette rencontre se déroulera parallèlement à la conférence tripartite Russie/Turquie/Jordanie axée sur le sort d’Idlib. Mais une chose agace fortement le camp des Américains : les USA ne cessent de lâcher du lest face à la Russie !

Le journal se penche sur les objectifs de la rencontre russo-américaine en Jordanie :

« Il s’agit surtout d’évoquer le déploiement des observateurs chargés de surveiller la mise sur pied des zones de désescalade dans le sud-ouest de la Syrie. Mais les parties aborderont d’autres dossiers épineux, à savoir “le retrait des forces alliées de l’Iran” du Sud syrien, l’ouverture du point de passage d’al-Ramtha ou encore la formation d’un groupe d’observateurs chargé de veiller au bon déroulement de la trêve dans les zones de désescalade. » 

Mais le journal relève un point important :

« À mesure que les pourparlers russo-américains avancent, les Américains tendent à lâcher davantage de lest : en effet, les Américains se montrent particulièrement concentrés sur des dossiers tels que “la désescalade voire l’arrêt des combats opposant l’armée syrienne à ses opposants”, “la formation de zones stabilisées et accessibles aux convois humanitaires” ou encore “le retour des réfugiés syriens”. Mais ils semblent se désintéresser de plus en plus de Daech, comme si ce serait à la Russie de s’en occuper. Et c’est dans ce cadre que les Américains sont amenés à faire preuve d’une “flexibilité grandissante” face aux Russes, et cela dans trois domaines : 

1. De toute évidence, les observateurs russes seront déployés dans le sud de la Syrie avant les observateurs américains. La Russie a annoncé vouloir déployer 1 000 policiers dans la province de Deraa, limitrophe de la Jordanie, à Quneitra, mais aussi dans les hauteurs du Golan occupé. Au début, l’annonce a été très mal prise par les Américains et leurs alliés, qui disaient ne pas pouvoir faire confiance “à des observateurs pro-Damas”. Idem pour Israël, selon qui la présence des observateurs russes dans le Sud syrien reviendrait à restreindre sa marge de manœuvre dans cette zone, où Israël aimerait frapper, quand bon lui semble, les cibles syriennes. 

2. Toujours dans ce même cadre, Washington croyait avoir réussi à convaincre Moscou de pousser ses alliés pro-iraniens du Hezbollah à quitter les zones de désescalade. Il pensait surtout au Hezbollah et au mouvement al-Nujaba. Il est vrai que la Russie, la Jordanie et les États-Unis divergent sur les modalités du retrait que les alliés de l’Iran devraient effectuer dans le Sud syrien : si Moscou défend l’idée d’un retrait de 10 miles des éléments du Hezbollah et d’al-Nujaba par rapport à leurs positions actuelles dans le Sud, cette distance pour les Américains devrait être de l’ordre de 20 miles. Or, au cours de leur dernière rencontre en Jordanie, Américains et Russes ont largement débattu du sujet et la délégation américaine a fini par se résigner à la proposition russe : les Russes avaient encore réduit cette distance pour l’établir à environ 5 miles. En d’autres termes, les alliés de l’Iran devraient s’éloigner des frontières jordaniennes et israéliennes avec la Syrie, d’une distance oscillant suivant des cas entre 5 et 10 miles.

3. La Russie a voulu aussi obtenir l’ouverture du point de passage frontalier qui relie la province syrienne de Deraa à la ville d’al-Ramtha en Jordanie. Pour convaincre les Américains, Moscou a argué de la nécessité de prouver sa bonne foi à la partie syrienne, bonne foi qu’il compte prouver en facilitant le transit des marchandises via le point de passage frontalier en question. Les Jordaniens et les Américains n’ont pas dit non. Seulement, ils ont demandé que la question soit étudiée plus tard, une fois que le respect des parties envers la trêve aura été prouvé. 

Mais ce n’est pas tout : la flexibilité dont font preuve les Américains face aux Russes affecte les groupes terroristes : l’un d’entre eux, Jaych al-Oussoud al-Charqiyya, qui opère à Jabal Makhoul, dans l’est de la Syrie, a annoncé avoir reçu du centre de commandement en Jordanie, dit le QG de Mouk, l’ordre de ne plus se battre contre l’armée syrienne et de se replier dans le désert de Syrie. Les terroristes de ce groupe qui se revendique de l’ASL ont reconnu avoir subi de “très fortes pressions” pour se replier dans le désert syrien et ne plus faire la guerre contre Assad. » 

Rien de prometteur donc à l’horizon pour les alliés des Américains, qui voient avec terreur et inquiétude l’Amérique de Trump abandonner la Syrie à la Russie.


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