«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Diviser et régner, à nos dépens !

Comment battre les libéraux ?

C’est l’été, et le commun des mortels n’a pas trop la tête à la politique. On se baigne, on essaie de ne pas suffoquer quand il fait trop chaud et on multiplie les grillades sur le BBQ. C’est très bien.

Et pourtant, dans une galaxie près de chez vous, se poursuit la course à la chefferie du Parti québécois.

Quoi qu’on en pense, et même si elle ne passionne pas grand monde, elle est importante.

Les péquistes choisissent le chef de l’opposition­­ officielle et celui qui essaiera de devenir premier ministre aux prochaines élections.

Comme d’habitude, lorsque les péquistes se parlent, ils parlent de souveraineté. C’est normal. C’est la raison d’être du parti. Et ce n’est pas insensé­­ : il y a quelque chose d’absurde­­ à ce que le Québec ne soit toujours pas indépendant.

Souveraineté

Mais on sait ce que les Québécois en pensent pour l’instant : ils ne veulent pas en entendre parler.

Les péquistes ont beau répéter qu’elle est nécessaire, la grande majorité a les oreilles bouchées. C’est triste, mais c’est ainsi.

Au moins deux des trois partis devraient chercher un compromis politique.

Et il n’y a pas vraiment de recette magique pour exciter le désir souverainiste. Voilà pourquoi la plupart des souverainistes sont aujourd’hui déprimés.

Aux prochaines élections, les électeurs nationalistes ne se demanderont pas « comment reprendre la marche vers la souveraineté », mais « comment se débarrasser du gouvernement libéral », en poste depuis 2003, mis à part un intermède péquiste de septembre 2012 à avril 2014.

En d’autres mots, s’il y a un désir bien présent dans l’électorat nationaliste, c’est moins celui d’une reprise du combat indépendantiste qu’une volonté bien réelle d’en finir avec un Parti libéral toxique, hostile à notre identité.

Mais un problème se pose : le vote nationaliste est divisé en trois parts inégales.

On en retrouve évidemment une grosse partie au PQ. On en retrouve une autre à la CAQ. On en retrouve une dernière, petite, mais pas insignifiante, à Québec solidaire. Évidemment, ces trois partis ne sont pas appelés­­ à s’entendre.

Le PQ croit à la souveraineté, mais sait qu’il ne la fera pas à court ou moyen terme.

La moitié de la CAQ n’y croit plus et l’autre moitié s’y oppose.

Enfin, Québec solidaire croit au socialisme­­ et à un univers parallèle qui, pour la grande majorité de la population­­, serait un enfer bureaucratique politiquement correct sous-oxygéné.

Compromis

Il faudrait un programme commun nationaliste. Au moins deux des trois partis devraient chercher un compromis politique.

Le terrain d’entente est difficile à trouver.

Résultat : les libéraux se croient installés au gouvernement pour l’éternité.

Ils maltraitent la langue française, préparent l’augmentation des seuils d’immigration et sifflotent gaiement quand les sièges sociaux s’en vont.

Mais qu’importe : les partis d’opposition refusent de se parler. Chacun veut prendre le pouvoir seul.

Alors en 2018, si la tendance se maintient, nous aurons droit à la réélection du Parti libéral. Jusqu’en 2022. Cela fera presque vingt ans.

N’en doutons pas, si les nationalistes continuent de faire la politique en amateurs, les libéraux se rendront à trente.

 


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