«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

La Presse castratrice de la révolution tranquille (10e partie)

Comme une systématique déconstruction du Québec

Tribune libre de Vigile
mardi 13 octobre 2015
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Avant de clore ce texte concernant le virulent parti-pris anti-indépendantiste du journal La Presse, je me dois de corriger une erreur qui s’est glissée dans son avant-dernière et neuvième partie. Ce n’est point en début d’été de l’actuelle année 2015 qu’André Pratte a lancé son indécente charge contre le nationalisme québécois, mais bien cinq ans plus tôt.

C’est en effet le 30 juin 2010 que l’éditorialiste en chef de La Presse a répondu à un lecteur lui demandant « pourquoi les médias ont commémoré l’échec de l’Accord du lac Meech tandis que personne ne souligne les anniversaires de l’échec d’un autre accord constitutionnel, la Charte de Victoria, en 1971 ». « La réponse est simple » commence par lui écrire Pratte.

« … c’est le Québec qui est responsable de cet échec, pas le reste du Canada. Ce genre de choses ne correspondant pas au mythe du Québec martyr, on n’en parle pas.
« Je rappelle brièvement de quoi il s’agissait. Réunis à Victoria, Colombie-Britannique, tous les premiers ministres du pays s’étaient entendus sur un amendement constitutionnel prévoyant notamment un droit de veto du Québec sur tout amendement constitutionnel, la présence garantie à la Cour suprême de trois juges québécois, un statut officiel pour le français dans les provinces d’Ontario et du Nouveau-Brunswick.
« Alors premier ministre du Québec, Robert Bourassa avait d’abord semblé donner son accord. Mais devant le tollé nationaliste, il recula quelques jours plus tard. Claude Ryan en tête, on estimait que le gouvernement du Québec aurait aussi dû obtenir la priorité législative dans le domaine des affaires sociales. Les élus québécois ont donc lâché la proie pour l’ombre. Quelques années plus tôt, le premier ministre Jean Lesage avait lui aussi renié sa signature à une formule d’amendement de la constitution (Fulton-Favreau). »

Interrompons un instant l’exposé de Pratte afin de tout de suite signaler comment il a une conception biscornue de la démocratie, du moins en ce qui concerne les rapports entre le Québec et le Canada anglais.

Des princes ayant préséance sur les parlements

Déclarer en effet que les premiers ministres Jean Lesage en 1965, puis Robert Bourassa en 1971, auraient tous deux renié leur signature n’est que pure démagogie.
En 2010, Pratte savait trop bien, et il le sait d’ailleurs encore, que toute signature d’entente ou de traité entre deux ou plusieurs chefs de gouvernement ne peut devenir force de loi sans qu’au préalable, chacun des signataires ait l’aval de son parlement. Ou du peuple à l’occasion d’un référendum. Ces passages obligés sont d’autant plus importants quand il s’agit d’amender la constitution d’une fédération aussi byzantine que celle que nous avons au Canada.

Est totalement loufoque la réponse que Pratte donne à son correspondant. Il utilise l’échec de Meech pour dénoncer Bourassa et Lesage alors que ce sont justement les refus des parlementaires du Manitoba et de Terre-Neuve qui firent que cet accord est devenu caduque.

La mauvaise foi de Pratte va bien au-delà de 1990 avec Meech puisqu’il ne signale point à son interlocuteur que l’entente de Charlottetown de l’été 1992 a même dû faire l’objet de deux référendums pour qu’elle soit entérinée, un référendum au Québec, l’autre dans le reste du Canada. On ne sait que trop ce qui en est advenu.

« Un Québec jouant au martyr »

À propos de l’entente de Victoria en 1971, Pratte s’enfonce davantage dans la mauvaise foi.
« C’était une époque, où, au Canada anglais, la question québécoise était à la mode. Il y avait une réelle ouverture parmi les dirigeants politiques pour accommoder certaines des revendications québécoises. Les dirigeants politiques du Québec n’ont pas su profiter de cette fenêtre. Aujourd’hui, après 40 ans de chialage et deux référendums, les Canadiens anglais en ont assez. Leur impatience n’est-elle pas compréhensible ? »

Quelle insidieuse démarche de la part d’André Pratte que d’énoncer en si peu de phrases autant d’inepties. Un seul exemple : c’est très sérieusement qu’il écrit que « le Québec était à la mode » dans le Canada anglais de 1971, alors que l’on sait trop bien que, quelques mois plus tôt, on avait incarcéré plus de quatre cents personnes au Québec pour le seul motif que les idées qu’elles se faisaient du Canada ne correspondaient pas à celles du Prince trônant à Ottawa.

Dans ce Canada anglais - où le Québec était supposément à la mode -, on avait fortement applaudi au Juste watch me du
Prince. Ce Prince hautement couronné trois ans plus tôt, couronne étatique qui avait été retirée de la tête de Lester B. Pearson. On avait alors reproché à celui-ci d’avoir trop fortement applaudi la thèse du biculturalisme défendue par André Laurendeau. D’avoir également laissé progresser l’idée de société distincte au Québec. Finies les folies ! Fini le chialage !

Dans sa réponse à son correspondant, il est probant de constater comment Pratte fait de la désinformation systématique en transmettant à son correspondant une image idyllique du Canada anglais. En fait, pendant tout ce demi-siècle de saga constitutionnelle, et qui perdure encore, le mauvais élève es-démocratie a toujours été le ROC plutôt que le Québec.

Un Québec foncièrement démocratique

Revenons aux négociations de l’entente Fulton-Favreau qui n’a pu être entérinée par les membres de ce qui s’appelait alors encore « l’Assemblée législative du Québec ». Elle n’a pu l’être pour la simple raison que le peuple québécois a très bien compris qu’une telle entente allait à l’encontre de ses intérêts profonds.

Nous ne sommes alors qu’en 1965, donc quelques lunes avant que les Trudeau et autres Desmarais aient la capacité de museler le discours public. Il a donc alors suffi au peuple du Québec d’être bien au fait des arguments de ceux qui étaient en faveur de la formule Fulton-Favreau, et de ceux qui étaient contre, pour que Jean Lesage comprenne qu’il valait mieux ne point la faire ratifier par les parlementaires.

Le premier ministre avait pourtant fait de son mieux pour ne pas « renier sa signature ». À une invitation des étudiants de l’Université de Montréal, il avait dépêché deux de ses plus influents ministres, René Lévesque et Pierre Laporte, afin qu’ils y défendent la position gouvernementale. Les deux ex-journalistes se sont sentis vite piégés face aux arguments contre l’entente présentés par le professeur Jacques-Yvan Morin, une sommité internationale en droit constitutionnel.

La Formule Fulton-Favreau n’a donc as été entérinée parce que le jeu démocratique a totalement joué. Comme il a encore joué en 1971 quand le premier ministre Robert Bourassa, ayant pris conseil auprès de Claude Ryan, alors directeur du Devoir, a décidé que ce qui s’appelait maintenant « l’Assemblée nationale » ne ratifierait pas l’entente de Victoria.

Comme en 1971, La Presse depuis trois ans était devenue la chose de Paul Desmarais, on n’y a pas trop blâmé le premier ministre du Canada d’avoir traité son homologue québécois de mangeur de hot-dogs. Il reste que la démocratie a ici quand même suffisamment bien joué puisque Robert Bourassa a remporté haut-la-main le scrutin de 1973.

Un ROC foncièrement machiavélique

Contrairement au Québec, et en ce qui concerne surtout celui-ci, le Canada anglais a toujours accepté que ses leaders politiques s’en tiennent aux principes énoncés par Nicolas Machiavel dans son célèbre livre Le Prince.

Comment peut-on aller chercher les principes de gestion d’une démocratie comme le Canada dans un opuscule dans lequel on donne conseils et astuces à Laurent de Médicis pour qu’il se maintienne au pouvoir au dessus des constantes confrontations qu’il a à vivre avec les autres princes dans cette Italie politiquement morcelée du 15e siècle ?

La réponse est simple. Les Canadiens anglais n’ont jamais accepté que le Québec forme une nation, une nation qui revendique des pouvoirs lui semblant essentielles non seulement pour sa survie, mais également pour son plein épanouissement. Une majorité de Canadiens anglais refusent d’accorder la moindre autonomie supplémentaire au Québec, même dans des domaines spécifiés dans le BNA Act de 1867 comme étant de compétence exclusive des provinces.

Pour les Canadiens anglais, le gouvernement fédéral est le Senior Government. Ils leur importent donc peu qu’il s’immisce dans les champs de compétence des provinces. Ils en viennent même à considérer comme étant souhaitable qu’il le fasse. À partir de cette vision, tous les coups fourrés et toutes les astuces anti-démocratiques sont permis pour tasser le Québec afin de conserver l’homogénéité des institutions politiques canadiennes.

C’est ainsi que les leaders d’opinions du Canada anglais ont fortement applaudi plutôt que déploré les agissements de Pierre Elliot Trudeau lors de la Crise d’octobre. Idem quant à sa fausse promesse de changement donnée aux Québécois avant le référendum de 1980. Qui, on le sait se termina un an plus tard par une action complètement à contre-sens avec le rapatriement de la constitution sans le consentement du Québec.

Même façon d’agir lors du second référendum de 1995. À quelques jours du scrutin, les sondages étant défavorables au non, le gouvernement Chrétien a, en catimini, décidé de très discrètement financer le Love-In de Montréal. Au grand mépris de la loi québécoise sur le financement des consultations populaires.

À la suite de sa victoire à l’arrachée, Chrétien n’a pas du tout agi comme il l’avait promis. Outre l’infamant Clarity Bill, le personnel de son bureau donna également son aval à ce qui allait devenir le scandale des commandites. L’astuce était de cibler au Québec tous les groupes disposés à tapisser d’unifoliés les murs entourant les espaces publiques de leurs activités pour qu’une pluie de dollars leur tombent du ciel. Pour qu’ensuite une partie de ces espèces sonnantes et percutantes tombe dans la caisse électorale du PLC.

« Nous devions agir comme ça parce que nous étions en guerre » s’est permis de clamer Gilles Lamontagne à la Commission Gomery. Machiavel n’aurait pas dit mieux. Cette déclaration de guerre au nationalisme québécois, bien assumée par le plus proche des conseillers de Chrétien, est complètement occultée par Pratte dans sa réponse du 30 juin 2010 à son lecteur de La Presse.

Un nationalisme québécois discrédité

Par sa réponse, Pratte discrédite tout le discours nationaliste des années soixante et au-delà, lequel, grâce à la superbe capacité rhétorique des Bourgault, D’Allemagne et Lévesque, a su faire comprendre à la population qu’elle avait toute la capacité pour se prendre en mains. Il s’attaque tout autant à ce que véhiculaient en fierté les Miron, Godin, Vigneault, Leclerc, Pauline Julien et tous les nombreux autres artistes ayant par la suite également chanté le pays. Le pays à faire.

Pratte s’en prend surtout à nos universitaires de l’envergure des Jacques Parizeau, Jacques-Yvan Morin et Guy Rocher, tous ces intellectuels de haut rang qui, à un moment donné de leur carrière, ont délaissé leur chaire d’enseignement afin que la société québécoise profite de leur expertise, question d’enfin se dégager des quelque douze décennies de dormance démocratique et de domination économique, déplorable effet de la défaite des Patriotes.

Le docteur Camille Laurin a été un des plus beaux joyaux de cet écrin d’intellectuels qui ont mis leur talent au service de la population. Que serait la situation du français au Québec en 2015 si, en ce glorieux printemps 1977, la loi 101 n’avait pas été pensée par des esprits aussi éclairés que les Camille Laurin et Guy Rocher ?

Ce sont ces personnalités hors-paires qu’André Pratte attaque dans sa réponse du 30 juin 2010 à un lecteur de la Presse. Une réponse qui est en parfaite conformité avec la mission que Paul Desmarais a confiée à tout ceux qui, dans ses fonctions, ont précédé Pratte. Mission qui a été largement également été assumée, et pendant des décennies, par Alain Dubuc et Lysiane Gagnon en page éditoriale de La Presse.

Cette dernière vient tout juste de publier Chroniques référendaires – Les leçons des référendums de 1980 et 1995. Il n’en fallait pas plus pour que William Pitbull Johnson s’en mêle. Dans le Globe and Mail du 29 septembre, il résume les 52 pages de commentaires de l’auteure en amorce desdites chroniques.

Johnson résume le constat général que la chroniqueuse fait de l’évolution de l’idée souverainiste au Québec. Les intellectuels y seraient en faveur, alors que la population reste attachée au Canada malgré la rancœur qu’elle continue à entretenir envers « les Anglais » (en français dans le texte). Contradiction évidente : Johnson fait ensuite dire à Lysiane que la souveraineté est l’idéologie dominante au Québec. Il faudrait se brancher.

Un travail à finir pour La Presse

Qu’est ce qui se passe ? Cela fait des décennies que les André Pratte, Alain Dubuc et Lysiane bossent dans l’anti-intellectualisme. Or, voici que Gagnon constate que les intellectuels dominent encore trop la société québécoise. Le souverainisme se dissimulerait partout. Dans notre historiographie comme dans notre littérature. Il serait diffusé par une majorité d’enseignants, d’artistes et de “communicateurs”. « Alors que la pensée fédéraliste stagne ».

Lysiane ne dit mot du fait que si cette pensée stagne, c’est entre autres raisons parce que son journal ne défende ni une certaine forme d’autonomie pour le Québec, ni le renforcement du français à Montréal. Ses pages éditoriales et d’opinions ne sont pas loin d’être des copies conformes de la Gazette, contribuant par le fait même à diminuer le rapport de force du Québec à l’intérieur du régime. Il n’est dès lors pas surprenant que le livre de notre Lysiane nationale n’a intéressé que le boutefeu Bill Johnson dans ces lieux où la question du Québec semble chose du passé.

Il apparait donc que, même si Paul Desmarais a rendu l’âme, les directives restent les mêmes à La Presse. On se doit de bosser pour que tout nationalisme québécois soit enfin terrassé. Est en cela un bel exemple ce texte d’André Pratte du 30 juin 2010 où il condamnait en sous-main l’influence du pourtant très modéré professeur Jacques-Yvan Morin dans un débat aussi lointain que celui provoqué par la Formule Fulton-Favreau en 1965.

De nos jours à La Presse, on évite de diffuser les textes de certains de nos universitaires émérites nés hors-Québec, et dont les résultats de leurs recherches démontrent, tableaux de courbes à l’appui, la croissante fragilité du français à Montréal. Donc, pas de droit de colonnes pour les textes jugés trop alarmants du réputé professeur Charles Castonguay. Pas d’espace non plus pour ceux de Marc Termotte dont les conclusions des recherches démographiques de ce prof belgo-québécois ne concordent que trop près avec ceux de son collègue anglo-ontarien.

Mais, c’est par contre avec grand empressement que La Presse ouvre toute grande ses pages au professeur Jean-Herman Guay. Celui-ci y ânonne régulièrement que le courant indépendantiste est à son déclin au Québec. Sans toutefois préciser que ses bienveillants hôtes, les journaux de la chaîne Gesca, ont largement contribué à ce déclin. Comme ils ont été un important facteur dans la défaite du oui en 1995.
Vingt ans plus tard, les choses n’ont pas changé. C’est ainsi qu’à quelques jours du prochain rendez-vous électoral, les premiers coups de canon se font déjà entendre à La Presse. Le 26 septembre dans sa chronique intitulée Le grand déblocage, Alain Dubuc y prédit la mort du Bloc. « Ainsi donc, pour la première fois depuis 1993, conclut-il, les Québécois participeront pleinement à une élection fédérale et s’impliqueront dans les débats pancanadiens. C’est un grand déblocage. »

Mais il se passe des choses étranges à La Presse. C’est dans un éditorial contraire à la tradition parce qu’anonyme, non-signé par un des quatre éditorialistes en fonction, que la direction prend partie pour Justin Trudeau dans la campagne. Dans Le Devoir du 13 octobre, Stéphane Baillargeon s’interroge : « L’éditorialiste en chef André Pratte signait d’ordinaire les prises de position institutionnelles. Pourquoi n’a-t-il pas récidivé ? ».

Il aurait en effet pu le faire puisque, quand Guy Crevier nous annonça que Pratte devenait éditorialiste en chef émérite, il ajouta que le nouvel émérite allait prendre une part active à la page Débats. Or, depuis quelque mois, on ne le lisait plus et c’est Baillargeon qui nous annonce qu’il est malade. Et il ajoute que les chroniqueurs vedettes Yves Lapierre et François Cardinal ont tous deux décliné l’offre de le remplacer au poste d’éditorialiste en chef.

Ces deux éminentes personnes ont peut-être compris qu’il est dur dur de toujours se trouver en porte-à faux avec sa propre société en acceptant ainsi d’être de continuels porte-voix des Desmarais.

C’est donc à visage couvert que quelqu’un à la Presse s’est jeté à l’eau avec cet édito du 7 octobre intitulé Pour un gouvernement Trudeau. Il y est entre autres écrit : « Au Québec, à la suite de “l’affaire du niqab”, plusieurs sont tentés d’appuyer le Bloc québécois. Ce faisant, il ouvrirait la voie à la réélection de Stephan Harper. Est-ce que vraiment ce qu’ils souhaitent ? De toute façon les Québécois devraient voter de façon à assurer une représentation forte au cabinet.

« Une représentation forte au cabinet » dixit notre anonyme ? Une implication dans les débats pancanadiens, dixit Alain Dubuc ?

En 1980, on a vu ce que cela donnait aux Québécois de complètement « s’impliquer dans les débats pancanadiens ». Avec 74 députés libéraux élus sur 75, cela n’a point empêché Trudeau de rapatrier la constitution sans le consentement du Québec. En 2015, La Presse nous invite encore à goûter à un tel plat indigeste. Basta !

Depuis un demi-siècle, le journal La Presse bosse chaque jour à une systématique déconstruction du Québec. Il est plus que temps pour du changement. Un vrai de vrai changement !

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