«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Citoyen Jutra et société de Judas… ?

Lettre à un Comité point miteux du tout

Tribune libre de Vigile
jeudi 24 novembre 2016
283 visites 3 messages

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Re : Collectif, « Quand le réflexe tient lieu de réflexion » et J.-F. Nadeau, « Affaire Jutra : la vitesse a eu raison de la rigueur ». In Le Devoir du 17 Nov. 2016

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Bonjour madame Suzanne Coupal ainsi que messieurs Jocelyn Aubut, Charles Binamé et René Villemure,

En Février dernier, dans les jours suivant les « allégations » rappelées à notre mémoire dans les textes signalés à l’instant en référence, le soussigné exprima — dans une lettre publiée chez Vigile (« Un lynchage en règle sans règles aucunes ») — sa consternation face à la réprobation immédiate, généralisée et surtout sans mesure (c’est-à-dire excessive jusqu’à l’outrance, le plus souvent) manifestée par le biais d’un grand nombre d’interventions publiques sur le « sujet ».

Aussi n’est-ce pas sans un soulagement certain - mental et affectif tout en un - que je pris connaissance de ces deux articles du Devoir signifiant, et je vous en suis d’emblée reconnaissant, madame et messieurs, le « fait d’armes » intellectuel (devrais-je dire : axiologique ?) de trois mousquetaires avisés (c’est-à-dire quatre, par définition : Dumas père m’en est témoin) sur toute cette péripétie qui, au final, aura tourné au drame. Sinon au cauchemar.

C’est ainsi, à tout hasard de votre intérêt toujours présent pour cette malheureuse affaire (car la société québécoise, m’est-il d’avis, doit maintenant faire amende honorable en s’excusant de ses errances, d’abord, et ce en toute solennité, acte verbal en prémices aux réparations - et réhabilitations - effectives, ensuite, à l’endroit de feu Claude Jutra, et de ses œuvres, ainsi qu’à l’égard de l’ensemble — « Les Jutra » compris — des modalités de reconnaissance dont, avec raison et mérite, il fut l’objet au fil des décennies. Jusqu’à tout récemment), que je m’autorise à vous inviter à parcourir cette lettre publique.

J’incline à penser, mais peut-être à tort, qu’elle pourrait contribuer en quelque manière, quoique modestement, certes, à votre réflexion collégiale sur la Question. Laquelle réflexion, en outre, si je vous comprends bien, et pour ma part je le souhaite vivement, n’entend pas en rester là.

Cela dit, par acquit de conscience, et afin de vous laisser d’ores et déjà entrevoir une certaine idée de mon « sentiment discursif » sur tout ceci, je vous informe que cette courte analyse, fort peu printanière au demeurant, il faut bien le dire dans toute sa paradoxalité, se terminait sur l’alinéa suivant :

« Si la pédophilie est punissable, et fermement, parce que inexcusable (nonobstant le laxisme social qui à l’époque dominait en pareille matière, il faut bien le susurrer à nos oreilles aujourd’hui horrifiées à raison), le lynchage symbolique d’un citoyen (aux effets dévastateurs immédiats, permanents et irréversibles) est une monstruosité qui nous réduit – qui nous réduit tous – à l’état de barbares. »

Sur ce, c’est avec force cordialité madame, et messieurs, que je vous salue,

Depuis la Capitale nationale du pays des Gilles Carle et des Michel Brault, ce 23 Novembre de 2016

c.c. : Quelques membres du directorat de Québec Cinéma, dont sa directrice, madame Ségolène Roederer

Commentaires

  • Lise Reid, 25 novembre 2016 11h09

    Pour moi Claude Jutras demeurera toujours un grand cinéaste Québécois.Tant qu’à cette histoire c’est du lynchage , s’il avait été fédéraliste ça aurait pris une autre tournure.

  • Jean Lespérance, 24 novembre 2016 23h08

    Dossier clos. Et des trophées Woody Allen, nous n’en voulons point. Si on cite quelqu’un en exemple, il faut prendre l’ensemble de sa personne et non un seul aspect si brillant soit-il.

  • Jean-Luc Gouin, 24 novembre 2016 18h12

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    Rebonjour,

    Je constate avoir acheminé à Vigile une version préliminaire de mon intervention, laquelle ne correspond pas tout à fait à la version définitive. Qui suit à l’instant.

    Aussi j’espère que l’on me pardonnera le ridicule de mon geste (tous les perfectionnistes de ce monde s’y reconnaîtront...) en accueillant avec bienveillance le fin mot de ma part sur le sujet. Ce qui au surplus m’aura permis, et ce ne sera certes pas un mal, de tenir compte, en complément, du commentaire de Yves Lever, publié pas plus tard que ce matin même du 24 novembre.

    On me verra désolé d’imposer ainsi une double lecture à mes camarades vigiliens. En contrepartie, histoire de me faire pardonner, j’insère un fichier musical "pertinent" (j’espère qu’il sera effectivement possible pour Vigile de le rendre accessible à tous). Nul doute que l’ayant droit de cette œuvre de quelques minutes à peine (© 1963 - année de la naissance du Front de Libération du Québec, soit dit au passage) ne me tiendra pas rigueur de partager amicalement cette "immortelle" avec vous. Merci.

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    Citoyen Jutra et société de Judas… ?
    Lettre ouverte à un Comité point miteux du tout

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    Réf. : Collectif, « Quand le réflexe tient lieu de réflexion » et J.-F. Nadeau, « Affaire Jutra : la vitesse a eu raison de la rigueur ». In Le Devoir du 17 Nov. 2016 (on notera que cette première entrée n’aura été publiée [?...] que dans la version cybernéenne du journal). Également, le texte de Yves Lever publié aujourd’hui dans les pages du même quotidien

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    Madame Suzanne Coupal ainsi que messieurs Jocelyn Aubut, Charles Binamé et René Villemure,

    En Février dernier, dans les jours suivant les « allégations » rappelées à notre mémoire dans les textes signalés à l’instant en référence, le soussigné exprima — dans une lettre publiée chez Vigile (« Un lynchage en règle sans règles aucunes ») — sa consternation face à la réprobation immédiate, généralisée et surtout sans mesure (c’est-à-dire excessive jusqu’à l’outrance, le plus souvent) manifestée par le biais d’un grand nombre d’interventions publiques sur le « sujet ».

    Aussi n’est-ce pas sans un soulagement certain - mental et affectif tout à la fois - que je pris connaissance de ces deux articles du Devoir témoignant, et je vous en suis d’emblée reconnaissant, madame et messieurs, du « fait d’armes » intellectuel (devrais-je dire : axiologique ?) de trois mousquetaires avisés (c’est-à-dire quatre, par définition : Dumas père m’en est témoin) dans ce dossier qui, au final, avait tourné au drame. Sinon au cauchemar.

    C’est ainsi, à tout hasard de votre intérêt toujours présent pour cette malheureuse affaire, que je m’autorise à vous inviter à parcourir cette lettre publique. J’incline à penser, mais peut-être à tort, qu’elle pourrait contribuer en quelque manière, quoique modestement, certes, à votre réflexion collégiale sur la Question. Laquelle réflexion, en outre, si je vous comprends bien, et pour ma part je le souhaite vivement, n’entend pas en rester là.

    La société québécoise, m’est-il d’avis, doit maintenant faire amende honorable en s’excusant de ses errances, d’abord, et ce en toute solennité, acte verbal en prémices aux réparations - et réhabilitations - effectives, ensuite, à l’endroit de feu Claude Jutra (1930-1986), et de ses œuvres, ainsi (ce dont ne parle pas M. Lever, incidemment) qu’à l’égard de l’ensemble — « Les Jutra » compris — des modalités de reconnaissance dont, avec raison et mérite, il fut le constant objet depuis rien moins qu’un demi-siècle.

    Cela dit, par acquit de conscience, et afin de vous laisser d’ores et déjà entrevoir une certaine idée de mon « sentiment discursif » sur tout ceci, je vous signale que cette courte analyse se terminait sur l’alinéa suivant :

    « Si la pédophilie est punissable, et fermement, parce que inexcusable (nonobstant le laxisme social qui à l’époque dominait en pareille matière, il faut bien le susurrer à nos oreilles aujourd’hui horrifiées à raison), le lynchage symbolique d’un citoyen (aux effets dévastateurs immédiats, permanents et irréversibles) est une monstruosité qui nous réduit – qui nous réduit tous – à l’état de barbares. »

    Sur ce, c’est avec force cordialité madame, et messieurs, que je vous salue,

    Jean-Luc Gouin,
    depuis la Capitale nationale du pays des Gilles Carle, des Gilles Groulx et des Michel Brault, ce 24 Novembre de 2016

    c.c. : Quelques membres du directorat de Québec Cinéma, dont sa directrice, madame Ségolène Roederer

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