«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Changements socio-politiques VS politiques sociales

Pour tenter de clarifier ma pensée.

Tribune libre de Vigile
mercredi 15 octobre 2014
776 visites 7 messages

Hier un ami sur FaceBook me faisait une remarque, presque un reproche, concernant mes commentaires sur l’idée de libération des peuples et du peuple Québécois en particulier, sur l’importance de défendre les nations, les socio-cultures et l’indépendance nationale. Je sais que je répète aussi souvent, combien primordiale est l’obtention d’outils démocratiques pour les citoyens, sujet majeur, s’il en est un. Je nomme aussi à profusion, le mot révolution, toujours entendu dans le sens de grand changement. Car je suis de ceux qui pense qu’il faut faire la révolution dans la tête des gens. Puisque c’est là qu’on les « brainwash », les prépare, les conditionne. C’est donc par là aussi, qu’on peut faire la révolution, la libération. De là l’importance de défendre nos écoles, nos universités, la liberté de parole, la liberté de pensée et d’action. Celle de manifester aussi. Bien sûr !

Tous ces thèmes, si j’ai bien compris les propos de mon ami, n’auraient pas d’importance, quand on les comparent à d’autres sujets plus quotidiens, plus concrets, plus charnels, comme l’intégration des handicapés dans la société, ou une immigration ouverte sur le monde, ou d’autres thèmes, nombreux, ayant une portée sociale qui touchent des sous-groupes précis, comme les assistés sociaux par exemple, ou les malades.
Ceci me rappelle les pensées véhiculées par ceux qu’on nomme « la gauche » et qui place comme antagonistes, l’idée d’accession à la Liberté par le peuple et la justice sociale. Ceci relève d’une perversion de l’esprit, et ce pour de nombreuses raisons. Mais qui, de toute façon, est contre la vertu ?

La liberté est un but en soit, qui n’a pas à être sous jacent à aucun autre sujet. Au contraire, grâce à la liberté, de véritables changements durables peuvent naître dans le cadre d’un projet de société. Alors que des mesures, comme des pansements, ou de bons sentiments, n’ont pas de portées à long terme. C’est seulement et toujours du BS ! Des band-aid… Des solutions temporaires.

Et si on n’instrumentalisait plus la misère ?

Ceux qui me connaissent sauront que jamais, il ne me passe à l’esprit de banaliser la misère humaine. Ni la mienne, ni celle des autres. Jamais non plus il ne me passe par la tête de dire que le confort des humains n’est pas important. Ou leur bonheur et leur capacité de rayonner dans la vie. Mais enfin, doit-on se défendre face à de telles idioties ? En est-on là ? Quelle planète ! Que c’est pauvre ! Enfin...

Les pays nordiques sont si souvent donnés en exemple, comme si chez eux, il y avait un miracle.
La première différence notable entre les pays Scandinaves et le Québec, c’est qu’eux, GOUVERNENT LEUR PAYS, alors que le notre n’existe pas encore ! Il faut donc, si on veut être logique, en prendre les commandes au plus vite. Nous sommes sous domination Britanique et sommes imbriqué dans un système mortifère historique qu’on nomme aujourd’hui le Canada, dont la première tâche est l’assimilation d’une nation et d’une socio-culture par une autre. Nous n’avons pas la capacité décisionnelle qu’eux ont en Scandinavie. Eux ne se posent pas la question s’ils doivent être ou non un pays. Ils font de la géopolitique en temps réel. Et ils développent une vie nationale. Comme dans PAYS ! Les mêmes qui font l’apologie des pays nordiques, donnent aussi souvent en exemple l’Islande.
Là non plus, ils ne voient pas de problème avec le fait que l’Islande est une île fermée sur elle même et une nation, petite, un état-nation minuscule, ou le peuple s’est rapproché le plus possible du système décisionnel. Ça ne leur semble pas de la xénophobie. Ils ne nous parlent pas des pauvres Islandais, des BS Islandais, mais seulement des Islandais. En général ! Et ils trouvent ça génial.

Dans les pays Scandinaves, ils sont des états-nations et gouvernent en conséquence de ce fait. Ils ont donc choisis un modèle qui leur convient et ont les outils nécessaires pour conduire à bien, leur projet de société, dans leur état-nation fort et indépendant. Tout le contraire d’ici quoi.
Nous, nous vivons dans un système de quêteux ! Et nos constructions mentales vont de pair avec ce fait.

L’idée de libération d’une nation, de l’accession au pouvoir par le peuple en se dotant d’outils démocratiques rapprochant le citoyen de la gouvernance n’est pas du même niveau que la discussion que ce qui entoure les politiques sociales, ou que des décisions régionales sur un sujet donné. Ou bien sur les transports en commun en banlieue. Ceci n’enlevant rien à l’importance de ces sujets.

Comme le dit Étienne Chouard, il faut s’attaquer à la cause des causes ! Pas seulement diviser la population en petits sous-groupe pour s’attaquer aux effets pervers et multiples de la cause des causes.

Faire du Québec un pays, c’est bien sûr un projet qui a un lien avec l’histoire, avec notre passé. C’est aussi la défense d’une socio-culture. Comme on doit défendre les écosystèmes, il faut défendre la diversité culturelle mondiale et la survie de notre culture. Nous en sommes les héritiers responsables.
Mais c’est aussi un projet politique dans le sens le plus pur. C’est prendre le pouvoir pour assurer notre destinée pour cesser d’être soumis au dictat des autres et pour enfin décider.
C’est faire de la géopolitique.

Parce qu’en délimitant notre territoire nationale et en en prenant le pouvoir, en intervenant dans ce cadre, on rend possible le changement, on rend possible un réel projet de société. Changement qui est impossible dans notre système actuel. Tout le monde le sais. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous nous plaignons tous sans cesse de ce qui se passe dans notre société. Nous nous plaignons globalement, parce que nous n’avons pas de pouvoir. Nous sommes soumis à des intérêts étrangers.

Après, quand le pouvoir pourra être exercer par le peuple d’ici, grâce à une meilleure démocratie, grâce à des outils démocratiques, dans un contexte nationale, et bien, ce peuple décidera du style de pays qu’il veut se donner. Et là, même si je sais que cela est épeurant pour certains, il faudra faire confiance au peuple. Peuple qui, quand on le laisse réfléchir et s’exprimer librement, fait très souvent preuve d’un jugement plus juste qu’on veut bien le penser. On a trop tendance à diminuer le peuple…
C’est probablement due au fait que nous sommes soumis depuis trop longtemps, nous pensons inconsciemment que seul le maître ou le chef, le leader ou les portes paroles, prennent les bonnes décisions, alors que le peuple ne sait pas ce qui est bon pour lui-même.

Nous acceptons donc sans rien dire cette politique bi-polaire. On vote rouge-bleu et on attend que ça passe. Comme des chiens de Pavlov qui attendent la lumière ou le buzzer ! Mais, y a t-il une vie entre les buzz ?

Ce discours démoralisant, cette confusion de l’intellect, qui fait la promotion de la défense du BS et de la pauvreté, comme si cela étaient les seules sujets importants au niveau national, et ce, au détriment des autres causes, (et de la cause des causes), et plaçant celle-ci, en contradiction avec la défense de la liberté, nous est toujours servie pour rendre honteuse l’idée de pays et de nation. Comme si les citoyens voulant se libérer, avaient à eux seuls, le fardeau de guérir la misère humaine.

Et là on nous sert : « Pourquoi faire un pays s’il y a encore des pauvres ? Pourquoi faire un pays si on ne veut pas inviter toute la planète à venir vivre chez-nous. Pourquoi faire un pays si les handicapés n’ont pas assez de job ? » Et ça, nous retourne à la célèbre phrase de Khadir, « faire un pays si nécessaire, mais pas nécessairement faire un pays ». Comme si c’était un outil sans importance, sans matière, sans moelle. Comme s’il n’y avait pas de culture, pas de personnes, derrière l’idée de pays et de nation.

Si les Québécois deviennent maîtres chez eux, ils pourront enfin définir un état qui leur ressemble. Et là, il sera temps de promouvoir des idées de justice sociale qu’on veut, d’égalité des chances ou tout autres sujets qui semblent importants et représentatifs de notre projet. On pourra peut-être enfin voir naître un projet de société qui fera l’envie des autres, comme le modèle Scandinave qui fait baver d’envie certaines personnes. Mais tant que nous n’avons aucun accès à la machine qui gouverne ce territoire, cet état-nation, cet état prisonnier, tout le reste est peine perdue et n’est que joutes oratoires et échanges de salon. Plain bull shit !

On quête du BS et des HLM, alors qu’on devrait se battre pour avoir un pays ! On se bat pour élire des chefs, alors qu’on devrait se battre pour obtenir des outils démocratiques et diriger par nous-même.

Ce qui est dramatique dans tout ça, c’est la confusion de la pensée, face à ces deux thèmes, « changements socio-politiques vs politiques sociales. ».
Et ça, c’est le BREAD & le BUTTER des partis qui se disent de gauche, mais qui en réalité ne sont que des défenseurs du statu quo.

Et ça c’est grave !

Commentaires

  • Ouhgo, 18 octobre 2014 17h24

    L’infoman, comme plusieurs démagogues, comme des maires voyageurs, reviennent de Scandinavie, ou même de France (le tramway de Bordeaux), de Hollande (réseaux cyclistes), et s’époumonent : Qu’est-ce qu’ils ont, ces gens-là, qu’on a pas, pour se donner des réseaux routiers impec, de l’autosuffisance alimentaire, des écoles gratuites ???...

    UN PAYS ! C’est ce que vous dites ici, M. Clode Hamelin ?

  • Michel Bélisle alias Didier, 17 octobre 2014 14h20

    @ M. Hamelin

    Je comprends votre point de vue.

    Je me souviens du référendum de 1995. Ce référendum se tenait en même temps que le gouvernement fédéral, le ministre des finances Paul Martin en tête, se lançait dans une campagne d’austérité et de compressions sans précédent.

    L’assurance-emploi avait particulièrement écopé.

    Et pendant la campagne référendaire, j’avais vu un reporter de la télévision aller interviewer des gens sur la rue et dans les centres d’achats à propos du référendum qui s’en venait.

    Je me souviens qu’une religieuse interviewée par ce reporter avait dit qu’il fallait voter oui pour éviter les compressions du fédéral qu’elle jugeait inhumaines.

    Je suppose qu’elle allait dans le sens que vous préconisez, c’est à dire d’abord l’accession à l’indépendance qui, une fois réalisée, nous permettra d’avoir les outils en mains pour forger un avenir heureux pour tous les Québécois sans exception.

  • Clode Hamelin, 17 octobre 2014 10h41

    Mais vous comprendrez Monsieur Belisle, que l’idée même de mon texte était de suggérer que l’on sorte de ce faux problème, cette fausse conception, cette invention malsaine qui n’a d’autres but JUSTEMENT que de diviser la population, les citoyens, et de rendre impossible l’idée de liberté en emprisonnant ce projet dans un paradigme psychotique impossible à résoudre.

    Bien sûr, nous pourrions nommer de nombreuses façons de régler certains problèmes sociaux relié au revenu par exemple.
    Nous pourrions parler, comme vous le faites si bien, de revenu citoyen, du revenu garantie. D’autres parleraient de structures sociales mieux adaptés pour soutenir les personnes en grand besoin, d’autres encore parleraient de l’éducation comme moteur pour un changement en profondeur etc..

    Mais toutes ces choses nous transportent encore à un autre sujet, une autre problématique, que celle de l’accession au pouvoir par le peuple et à l’accession à la liberté et l’indépendance. Pourtant outil primordiale.

    Mais comme vous le voyez vous-même, où donc se situe notre échange ?
    Le fait d’amalgamer ces deux niveaux empêche le premier d’évoluer.

    Il est évident que nous souhaitons tous un monde meilleur. hey on est pas fous !
    Mais ce que je tentais de dénoncer ici, c’est l’instrumentalisation de la misère par certains acteurs politiques, instrumentalisation de la condition humaine et des effets néfastes qu’a la cause des causes sur notre vie. Instrumentalisation qui n’a pour but, quand on s’en sert comme condition à une possible accession à la liberté du peuple québécois par l’indépendance nationale, qui n’a pour but dis-je, que de rendre impossible la Liberté, l’indépendance nationale du peuple Québécois. Ceci équivaut, vous l’avez bien dit, à diviser la population bien sûr, et en même temps, à maintenir pour toujours, les personnes dans un statu quo mortifère.
    Les dernières personnes qui veulent que la misère disparaisse vraiment, ce sont celle-là même qui en font leur job !
    Dire aux Québécois, vous n’aurez pas de pays tant qu’il y aura des pauvres, c’est comme dire aux pauvres, non seulement vous n’aurez pas de pays, mais ce fait risque de faire en sorte que vous resterez pauvres toute votre vie !

    L’indépendance et l’instauration d’une réelle démocratie sont au Québec en 2014, à mon humble avis, les seules façon de changer les choses dans une bonne direction pour tous.

  • Michel Bélisle alias Didier, 16 octobre 2014 22h48

    M. Hamelin,

    Je ne vous vise pas personnellement. J’exprimais une opinion. Pour avoir lu d’autres de vos textes, je ne crois pas une seconde que vous utilisez ce terme dans le langage courant pour désigner les gens à l’aide sociale. J’ai moi-même déjà employé ce terme BS dans des textes parce que tout le monde le comprend et pourtant, comme vous l’avez constaté dans mon dernier commentaire, je désapprouve de son utilisation dans le parler courant pour désigner les gens à l’aide sociale car je trouve cela méprisant. Et de plus, ça nous divise au lieu de nous unir dans ce que nous sommes comme peuple.

    Encore une fois, un moyen d’empêcher une fois pour toutes l’utilisation de ce terme serait l’instauration d’un revenu de citoyenneté universel comme le préconisait Michel Chartrand. Cela ferait de tous les Québécois des citoyens à part entière en plus de permettre à tous sans exception d’accéder à un revenu suffisant pour une vie décente et heureuse.

  • Clode Hamelin, 16 octobre 2014 17h47

    Cher Monsieur Belisle,
    vous comprendrez à la lecture de mon texte que je n’utilise pas le diminutif BS pour parler de personnes, mais du programme lui-même. Je ne dis JAMAIS les BS mais bien du BS. Il n’y a aucun endroit dans ce texte, sauf erreur, ou je nomme des personnes d’une manière incorrect ou encore méprisante.
    Jamais je n’utilise ces lettres de la façon que vous soulignez. (Sauf quand je parle de l’Islande et que ça devient caricatural)

    Cette façon de penser et de catégoriser les personnes qui en arrachent dans la vie ne fait pas partie de moi, de mon vocabulaire ou de mon genre de réflexions. C’est bien totalement le contraire comme je le dis aussi dans le texte.

    Pour le reste, je n’argumenterai pas plus, car vous replacer la discussion exactement à l’endroit duquel je tentais de la sortir.

  • Pierre Cloutier, 16 octobre 2014 13h41

    Moi je résume cela en 2 expressions : indépendance et démocratie citoyenne.

    Indépendance par la voie pacifique et démocratique et démocratie citoyenne par une constituante citoyenne qui va écrire une constitution par et pour le peuple.

    À l’heure actuelle, nous n’avons ni l’une ni l’autre.

  • Michel Bélisle alias Didier, 16 octobre 2014 10h52

    L’une des premières choses qu’il faudrait apprendre, c’est d’arrêter d’utiliser cette étiquette péjorative "BS" pour désigner les citoyens qui reçoivent de l’aide sociale.

    En utilisant ce terme, nous jouons le jeu de ceux qui veulent nous diviser pour faire en sorte que prévale constamment le statu quo.

    L’identité d’un type à l’aide sociale, c’est d’être un Québécois d’abord et avant tout, pas un BS.

    Il ne faut jamais oublier que le Système cherche justement à effacer toutes les identités nationales, ethniques et culturelles afin que la grosseur du portefeuille soit le seul critère qui distingue les hommes entre eux.

    Il ne faut surtout pas embarquer dans ça si l’on veut réussir un projet de société et un projet de pays. Il faut être uni par notre identité nationale, ethnique et culturelle commune.

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