«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Ce que révèle ma rencontre avec François Rebello.

Et, qui est le véritable père du CAQ ?

Tribune libre de Vigile
vendredi 13 janvier 2012
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La majorité des transfuges que l’on a connu (Bouchard, Bachand, P-M Johnson, etc.) sont tous retournés à leurs premières allégeances : le camp des affairistes. C’est aussi le cas de François Rebello. C’est sans doute cette accointance qui explique que, comme critique aux finances, il ne cognait pas fort, de peur de déranger des amis sans doute. Plus particulièrement dans le cas de la Caisse de dépôt, qui fut l’objet de notre rencontre, en ce matin du 19 décembre, alors qu’il était en période de réflexion. Vers la fin de la rencontre je lui ai aussi posé une question embarrassante... sur François Legault.

Un peu long ce texte, si vous vous lisez jusqu’au bout je vous révèle qui est le véritable père du CAQ.

L’occasion de rencontrer François Rebello m’a été donnée par un ami qui avait fait parvenir à son bureau une question concernant un groupe de petits investisseurs qui se disaient floués par des administrateurs de l’entreprise dans laquelle ils avaient investi leurs économies. Nous voulions savoir pourquoi QS et les députés démissionnaires avaient appuyé leur cause et pas le Parti Québécois. À notre surprise M. François Rebello a accepté de nous donner un rendez-vous. En prévision de cette rencontre nous lui avons envoyé des notes sur un sujet qui nous intéressait : la Caisse de dépôt. Particulièrement sur le fait qu’en octobre dernier, la Commission des valeurs de l’Ontario (CVO) avait trouvé coupable et condamné Coventree Capital Group, la petite compagnie au cœur du scandale du papier commercial (PCAA). L’opposition pouvait donc ramener dans l’actualité ce dossier, plus précisément sur le "cover-up" des pertes sur le PCAA.

Lors de cette rencontre qui a durée 45 minutes, il nous a expliqué que le PQ n’avait pas appuyé la cause des petits actionnaires, bien qu’ils se soient fait avoir, parce qu’on ne lui avait pas démontré à sa satisfaction que leurs allégations étaient bien étayées. Je lui ai dit qu’indépendamment des mérites du dossier, les allégations faites publiquement étaient à l’effet qu’il y avait eu collusion entre de grands cabinets d’avocats, l’AMF et le politique (1). Et que ce qui s’apparentait à un cover-up me rappelait celui des pertes sur le papier commercial, en fait le véritable objet de cette rencontre.

Je lui ai fait un exposé sur les différentes personnes qui ont participé tour à tour à nous cacher la vérité sur le scandale du papier commercial (PCAA) ; et j’ai ajouté que la décision rendue par la CVO contre Coventree donnait à l’opposition l’occasion de ramener le dossier à l’attention publique. Ce à quoi il m’a répondu qu’il ne connaissait pas cette décision de la CVO (et que donc il n’avait pas pris connaissance de mes notes qui en faisaient mention (2)). Il a ajouté qu’il se faisait "l’avocat du diable" et qu’il fallait démontrer une malversation de telle manière à ce que ça passe dans le "Journal de Montréal".

Je m’étonnais alors de cette réponse puisqu’il s’agissait d’abord d’en faire un dossier politique. Je lui ai alors présenté mon argument :

Coventree a été condamné par CVO à une forte amende pour avoir trompé ses actionnaires et ses clients. Or la Caisse fut son principal actionnaire et son plus important client. Et en plus l’audition nous a appris que la Caisse a été la dernière à en acheter alors même que d’autres investisseurs s’en débarrassaient. Comme la Caisse est fiduciaire de ce déposant et qu’elle s’est toujours refusé à faire la lumière sur ses pertes liées au PCAA (radiation de 6 milliards en 2008-09), il revient donc à l’opposition de forcer le gouvernement à rendre des comptes. Je lui ai suggéré que si le gouvernement ne répondait pas aux questions, il faudrait demander qu’un mandat spécial soit donné au Vérificateur Général pour savoir qui a fait quoi et quand dans cette saga. De quoi faire du millage politique avec le dossier à partir de ce fait nouveau.

Comme le temps passait et que je voyais son peu d’empressement, j’ai terminé avec une question sur ... François Legault. La question qui tue :

Je lui ai dit que François Legault savait que Monique Jérôme-Forget, alors la ministre responsable de la Caisse, avait participé au camouflage du désastre financier de la Caisse durant la campagne électorale de 2008. Alors pourquoi lui avait-il demandé d’être membre de son équipe ! Les détails sont ici (3). Il ne l’attendait pas celle-là. Il m’a dit que M. Legault ne voulait sans doute pas brasser l’affaire pour ne pas déranger du monde.

En sortant du café, j’ai dit à mon ami que le manque de combattivité de François Rebello pour défendre ses dossiers démontrait que l’influence des réseaux affairistes s’étendait au Parti Québécois ; et, que cela mettait en cause le leadership de ce parti. C’est avec cette rencontre en tête que j’ai écrit mon dernier texte : Parti Québécois : la vulnérabilité du leadership (4).

Le véritable père du CAQ

François Rebello, comme d’autres transfuges avant lui, revient à sa première allégeance : au réseau des affairistes, regroupé autour CAQ. Un parti créé à l’initiative de ... Lucien Bouchard...

En effet, The Globe and Mail nous apprenait dernièrement que Lucien Bouchard a eu une rencontre début 2010 avec celui qu’il avait introduit en politique, François Legault, pour le convaincre de la nécessité de créer un nouveau parti politique au Québec :

« In early 2010, at an exclusive private club in Old Montreal, Lucien Bouchard met with his former prize recruit, François Legault, to talk politics and the need for a new party in Quebec. » (5)

Un mois plus tard, Lucien Bouchard fait une sortie dans Le Devoir « en affirmant qu’il fallait porter ses rêves vers d’autres projets et d’autres nécessités que la souveraineté », histoire de préparer les esprits et le terrain pour le projet de François Legault.

Lucien Bouchard posait là le dernier acte d’une série visant à saper les bases du parti, dont il fut jadis le chef.

Avant, il y a eu la nomination d’André Caillé, l’homme du gaz, à la direction d’Hydro-Québec, qui fait fuir les Verts de son parti. Et sa politique de droite qui avait aussi donné une impulsion à QS. Autant de manières de gruger les bases du Parti Québécois. Ajouter, avant son départ, l’affaire Michaud, qui visait à accréditer le fait que le PQ était atteint de la peste brune antisémite et vous avez là une entreprise de destruction systématique du seul parti de masse porteur du projet souverainiste.

Pour qui roule Lucien Bouchard ?

The Globe and Mail dans un reportage (2005) portant sur les 25 affairistes les plus influents, dont le numéro 1 est Paul Desmarais, nous révélait que ce dernier a toujours conservé son amitié pour Lucien Bouchard, même quand il était passé au Bloc et ensuite au PQ. Il n’était pas un vrai séparatiste, a-t-il dit :

« Desmarais befriended Lucien Bouchard when the latter was still a federalist and serving as Canada’s ambassador in Paris, a post to which he was appointed by Desmarais’ closest political soulmate, Brian Mulroney. But Desmarais remained pals with Bouchard even after he betrayed Mulroney, founded the Bloc Québécois and almost won the 1995 referendum. Desmarais always doubted Bouchard was a true separatist, and many see his influence in Bouchard’s decision to throw in the towel in 2001. » (6)

Le CAQ n’est rien d’autre qu’un nouveau centre de contrôle des pions politiques mis en place par les affairistes pour prendre la suite du PLQ, complètement discrédité.

La fait que François Rebello se soit laissé aspirer par cette force d’attraction des argentiers n’est pas un malheur, mais bien l’occasion pour le Parti Québécois de remplacer les faiblards par des costauds pour raffermir son équipe. L’occasion de former le noyau dure d’une nouvelle "Équipe du tonnerre" ayant la carrure pour prendre de front immédiatement les spoliateurs de notre État, le vecteur du projet souverainiste ; ceux d’aujourd’hui et ceux qui aspirent à les remplacer. À cet égard le défi du Parti Québécois, avec ou sans Madame Marois, demeure entier.

Voilà : Ce que révèle ma rencontre avec François Rebello.

........

(1) http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/337659/de-petits-actionnaires-se-disent-floue

(2) http://www.vigile.net/La-question-qui-tue,41992

(3) http://www.vigile.net/La-question-qui-tue,35379

(4) http://www.vigile.net/Parti-Quebecois-la-vulnerabilite

(5) http://www.theglobeandmail.com/news/politics/sovereignty-losing-ground-in-quebec/article2274839/page1/

(6) http://www.theglobeandmail.com/report-on-business/the-power-25/article917085/page10/

Commentaires

  • Pierre Schneider, 9 février 2012 20h10

    Excellent texte qui confirme ce que plusieurs initiés savaient sur le rôle de Lucien Bouchard dans cette escroquerie politique et financière.

  • JCPomerleau, 26 janvier 2012 07h47

  • P. Lagassé, 24 janvier 2012 10h30

    Très bon texte et très instructif. Le seul point où je ne vous suis pas est quand voue semblez croire que Bouchard est volontairement détruit le PQ en le privant de sa base. Je crois que vous accordez trop de machiavélisme au bonhomme. (Comme Chomsky le disait, en citant quelqu’un d’autre : "Il ne faut jamais sous-estimer la crétinerie de ceux qui nous dirigent").

    Je crois qu’en fait, même si le passage de Bouchard et ses décisions ont porté un coup mortel au PQ, dont la crise actuelle n’est qu’un soubresaut, il ne l’a pas fait sciemment dans l’intention de "détruire" le parti.
    Je crois plutôt qu’il avait voulu modeler le PQ à son image, le transformer pour qu’il corresponde à sa vision des choses : anti-écologique, anti-social, affairiste, connecté au monde de la finance, autoritaire (donc non-démocratique), non-féministe, non-progressiste, etc., bref néo-libéral.
    On pourrait dire que cela revenait à détruire le parti puisque cela revenait à la vider de sa substance pour en faire un PLQ-2, mais cela n’était sans doute pas son point de vue.

    S’il avait attiré l’homme d’affaires Legault pour qu’il soit son dauphin, ce n’était pas pour qu’il lui succède sur un parti moribond, mais bien pour qu’il hérite, un jour, d’un parti affairiste et néo-libéral et puisse gouverner le Québec dans cette perspective. A ce niveau, les déboires de Legault dans ses malheureuses tentatives de barrer la route à Landry, à succéder à ce dernier, puis à Boisclair, explique que ces larrons se soient entendus par le président de la CIBC (Charles Sirois) pour fonder un parti qui serait ce que le PQ, à leurs yeux, aurait dû être.

  • 17 janvier 2012 17h30

    @ Monsieur Bertrand

    J’ai bien aimé votre commentaire et vos équations à la fin de celui-ci ; ça ne peut pas être plus clair !

    André Gignac 17/1/12

  • Luc Bertrand, 16 janvier 2012 16h22

    Merci beaucoup, monsieur Pomerleau, pour cet éclairage nouveau. C’est vraiment à faire vomir ou à vouloir prendre les armes pour régler pour de bon le cas de ces scélérats de la pire espèce !

    Avec ce que vous venez d’apprendre, c’est très clair dans mon esprit : François Rebello est resté au PQ le temps qu’il fallait pour empêcher quelqu’un d’autre de sonner l’alarme sur ce conflit d’intérêts entre Bouchard et la CDPQ ou pour nuire davantage au leadership de Pauline Marois à un moment critique. Quelle saloperie ! Si au moins Pauline Marois avait eu un restant de crédibilité, ça l’aurait peut-être rendue un peu plus sympathique à mes yeux !

    La possibilité que Lucien Bouchard soit à l’origine de la CAQ ne me surprendrait pas du tout. Après l’écroulement de l’ADQ suite au désenchantement des électeurs à son égard, la droite affairiste se cherchait désespérément un nouveau véhicule politique. Jean Charest ayant manifestement perdu toute la confiance de la grande majorité de la population, il est probable que les "lucides" en ont déduit, à la lumière des sondages démontrant que le Québec était désespérément à la recherche de "changement", à la nécessité de créer un nouveau parti politique. Une fois que François Legault, Charles Sirois et quelques autres têtes d’affiche ont accepté de faire une tournée du Québec pour vendre "leurs" idées, nos "lulu-cides" ont placé la machine médiatique - et les maisons de sondage - à leur service.

    Tout ce qui est arrivé depuis 1996 avec Bouchard ne me surprend guère. Je l’ai rencontré lors d’une activité en faveur du OUI dans mon comté lors de la campagne référendaire de 1995 et il ne m’a vraiment pas impressionné. Il paraissait aussi malheureux qu’un chien dans un jeu de quilles dans une salle de souverainistes survoltés. Pour que le même homme paraisse aussi bien en attaquant Jean Chrétien et le camp du NON, il devait nécessairement faire appel au talent de comédien propre aux avocats verreux de cette profession qui m’a toujours pué au nez.

    Pour que Pauline Marois et tant d’autres carriéristes continuent à nier l’évidence de la catastrophe à venir pour le Parti québécois, ça renforce définitivement la thèse d’une entente tacite entre elle (ou Claude Blanchet) et Paul Desmarais pour détruire ce qui fut un jour (sous Parizeau) le navire-amiral des indépendantistes. Pauline attend-t-elle d’être la prochaine "nominée" aux côtés des Lucien Bouchard, André Boisclair, Pierre-Marc Johnson et autres pour "services rendus" ?

    Ne trouvez-vous pas injuste, tendancieux et carrément antidémocratique que ces mêmes maisons de sondage occultent systématiquement l’existence des vraies alternatives pour faire l’indépendance (ON et PI) des choix proposés ? La logique de la présence de député(e)s à l’Assemblée nationale du Québec ne tient pas car y a-t-il déjà eu UN(E) SEUL(E) député(e) élu(e) sous la bannière du Parti vert ?

    Quant à SSauvé, depuis quand les affairistes auraient signifié un quelconque intérêt envers la cause de l’indépendance du Québec ? La seule cause qui compte pour eux, encore plus depuis l’ère de la mondialisation, est LE PROFIT. Alors que tous les amis des partis politiques constituant des aspirants logiques au pouvoir sont déjà assurés de faire des affaires d’or avec le système fédéral actuel, pourquoi risquerait-on sa chemise pour sauver les "bons indigènes" que nous sommes à leurs yeux ?

    Quand les partis politiques - et surtout leurs chefs - nous parlent de "création" ou de "redistribution de la richesse", ils ne cherchent qu’à nous endormir. La vocation des entreprises (le privé) est incompatible avec celle de l’État (le seul véritable protecteur du citoyen ordinaire). À moins d’avoir un État socialiste, le gouvernement est incapable de produire de la richesse. Si ce gouvernement se sert du privé pour en produire, il renonce ainsi à une partie des profits qu’il pourrait en tirer, car aucune entreprise privée ne s’engagerait dans une mission sans avoir l’assurance de récupérer son investissement et faire du profit.

    Non, vraiment, l’équation est on ne peut plus simple, surtout dans le cas d’un régime néo-colonial comme celui qui a cours au Québec depuis la Conquête de 1760 :

    - Pouvoir = richesse = classe aisée/dominante = droite = patronat = profit = privé = statu quo = fédéraliste = Canada

    À l’inverse, pour le peuple québécois :

    - Québec indépendant = indépendantiste = rupture avec le "système" = État (seule institution pouvant être contrôlée par le peuple) = développement économique régional = syndicat = gauche = peuple instruit = richesse plus équitable = pouvoir du peuple (celui du peuple québécois : NOUS !).

    La droite pour faire l’indépendance ? Oubliez ça tout de suite. Le PQ erre complètement dans ce sens depuis 1996 et il faut que ça cesse !

  • Jean-Claude Lapointe, 15 janvier 2012 18h05

    Pourriez-vous traduire les passages dans une langue étrangère SVP ? Merci

  • Nathalie Grogières, 15 janvier 2012 09h09

    C’est vrai, Monsieur JRMS, que j’ai confondu avec l’autre Sauvé. Mes excuses ! Et puis merci de ce que vous continuez de faire pour la cause en laquelle vous croyez !

  • 14 janvier 2012 21h02

    Madame Grogières,

    Ce n’est pas moi (JRMS) mais SSauvé qui a écrit ce que
    vous citez.

    Pour le reste, je suis entièrement d’accord avec Jean-Claude Pomerleau et comme tout le monde, je demeure
    perplexe devant ce qui arrive. Nous nous faisons encore avoir et nous restons sans défense devant les trahisons qui
    se multiplient chez nous, rien que pour l’argent, seulement l’argent et pas autre chose que l’argent.

    Au Québec, des élections sont prévues pour le mois de mars ou avril le plus tard. Il ne nous restera qu’un PQ réformé pour mettre tout ce beau monde à sa place mais qu’est-ce qui arrive au PQ ?

    Je refuse de voir que 50 ans de travail de ma part et de vieux militants qui bataillent encore resteront sans résultat.

    Une décision et un revirement majeur s’imposent. Je dois terminer un autre ouvrage après avoir usé un ordi et l’avoir remplacé par un autre et j’espère pouvoir le terminer avec les prochaines élections.

    Une nouvelle génération de jeunes indépendantistes a besoin de notre instruction, notre expérience et notre appui. Nous n’avons pas le droit de laiser tomber quelles que soient les bassesses et les trahisons qui nous
    assaillent.

    JRMS

  • Nathalie Grogières, 14 janvier 2012 14h40

    Madame Bourdages, ce réseau affairiste qui semble vous affliger est issu du PQ, je vous le rappelle (Bouchard, Legault, Rebello et tutti quanti). Maintenant que quelques-uns de ses membres (très influents) sont passés ailleurs, ils sont condamnables ?

    En fait, l’histoire retiendra que la CAQ est issue du PQ. L’aile affairiste du PQ se réunissant avec ses semblables d’autres partis plus ou moins menacés (ADQ et PLQ).

    C’est ce que voulait, de toute façon, réaliser le PQ lorsqu’en campagne électorale il cachait son option embarrassante, et invitait les fédéralistes à voter pour lui.

  • Nathalie Grogières, 14 janvier 2012 14h32

    @ JRMS :

    Vous dites ceci : "PS : Aussi surprenant cela puisse paraître, ce sont ces affairistes qui feront l’indépendance du Québec, mais à leurs heures et selon leurs conditions afin que leurs stricts intérêts soient servis."

    Vous n’êtes pas sérieux, j’espère ? Croyez-vous vraiment ce que vous dites ?

    Ces affairistes ne feront JAMAIS l’indépendance. Ces affairistes sont inféodés au capital, qui est apatride. Ils préféreront toujours jouer dans les grandes ligues, soyez-en certain. Le Québec sera toujours trop petit pour leur appétit, sauf lorsqu’il s’agit de spolier ses ressources naturelles.

  • Danielle Bourdages, 14 janvier 2012 14h09

    Enchaînement très éclairant, oui, merci.

    À propos de cette entreprise de destruction massive du vaisseau amiral de la souveraineté, j’ai évoqué ici et là ma version, encore plus tordue (mais la réalité ne dépasse-t-elle pas la fiction ?) : Charest, ancien Conservateur, passé au PLQ afin à la fois de le saccager et de commencer à métamorphoser le gouvernement en entreprise (ne sommes-nous pas déjà des clients en santé et autres services sociaux ?), de sorte que son successeur ne figure guère au sein du PLQ mais en tête de la CAQ, créée afin de parachever ce sale boulot planifié par —et puisque vous l’avez si bien circonscrit— le dit réseau affairiste ? Car il est à prévoir que l’enquête sur la corruption produise sur le PLQ ce que le scandale des commandites a fait sur le PLC.

  • robert barberis-gervais, 14 janvier 2012 12h44

    Voici une confirmation de votre analyse M. Pomerleau

    "Comment un associé principal du cabinet d’avocats Davies Ward Phillips & Vineberg, comme Lucien Bouchard, dont le bureau défend la firme Conventree de Toronto impliquée dans le scandale des PCAA, peut-il nous faire la leçon ?

    (Mélissa Pilon, Le Devoir, libre opinion, 25 février 2010)

    Compléments d’information :

    Voir Vincent Vallières, La Presse

    PCAA : Coventree et ses ex-dirigeants coupables de tromperie
    Publié le 28 septembre 2011 ;

    PCAA : Coventree et ses ex-dirigeants coupables de tromperie ...
    lapresseaffaires.cyberpresse.ca › Affaires › Économie › Canada28 sept. 2011 – Coventree a été déclaré coupable de déclarations trompeuses par le principal gendarme boursier au Canada. La firme financière de Toronto ...

    Voir aussi :

    OSC orders $1M ABCP fine for Coventree
    CBC News Posted : Nov 9, 2011

    OSC orders $1M ABCP fine for Coventree - Business - CBC News
    www.cbc.ca/news/.../osc-coventree-abcp.html -
    9 Nov 2011 – The Ontario Securities Commission has ordered defunct financial firm Coventree to pay $1 million for misleading investors, and ordered two ...

    conclusion :

    Les liens que vous faites entre Lucien Bouchard et François Legault expliquent pourquoi François Rebello ne voulait pas parler de Coventree pour ne pas mettre dans l’embarras Lucien Bouchard qui fait partie du bureau d’avocats Davies, Ward, Philipps et Vineberg qui sont les avocats de Coventree.

    Voir aussi les articles de Pierre Cloutier sur Coventree.

    M. Pomerleau, je profite de l’occasion pour dire que votre article donne une certaine crédibilité aux deux articles de Richard Le Hir sur Claude Blanchet. Ils y a des liens d’affaires qui peuvent avoir des conséquences politiques.

    Et que ceux qui font ce genre de mise en garde sont comme l’écrivait Bernard Frappier, de bons ouvriers et de bons soldats.

    J’ajouterais que Gilles Duceppe n’aurait pas ce genre de problèmes et quant à y être Bernard Drainville et Pierre Curzi non plus n’auraient pas ce genre de conflits d’intérêts potentiels.

    robert barberis-gervais, vieux-longueuil, 14 janvier 2012

  • Pierre Norris, 14 janvier 2012 12h33

    Ce que j’apprends ici me jette en bas de ma chaise, mais en même temps pas tant que ça : personne, avant aujourd’hui, n’a jamais pu être complètement convaincu par rapport au jeu réel de Lucien Bouchard, donc on pouvait s’attendre à tout venant de sa part. Les derniers brins de respect que j’avais pour lui. Il avait déjà baissé dans mon estime en raison de son mandat comme PM, de son éloignement de la souveraineté, récemment par son rapprochement avec les pétrolières, maintenant c’est la fin pour de bon : je déteste cet homme.

  • Yves Rancourt, 14 janvier 2012 12h06

    Monsieur Pomerleau,

    Merci pour ce texte qui me confirme encore un peu plus ce que je crois depuis longtemps. On sait d’abord que, peu après avoir quitté la vie politique, François Legault a affirmé dur comme fer que "je n’ai pas l’intention de former un parti politique, pas question. Fermez le dossier"... C’était en janvier 2010. Puis survient la fameuse sortie de Lucien Bouchard en février de la même année pour s’en prendre au PQ et à sa chef, sortie qui n’a pas eu le succès escompté puisqu’en juin 2010 le PQ est toujours en tête dans les sondages et les sondeurs lui prédisent même 80 comtés. De là surgit l’idée de créer un parti "nationaliste", visiblement une nouvelle approche pour puiser au PQ et l’abattre. Et, comme par hasard, c’est Legault( ex-dauphin de Bouchard) qui réapparaît, celui qui ne devait plus revenir...

    En octobre 2010, un article de Denis Lessard de La Presse nous dit ceci : "Lucien Bouchard, qui était la bougie d’allumage des lucides de 2005, suit attentivement la démarche de son ancien ministre et jouerait un rôle important comme intermédiaire avec le secteur privé, pour le financement d’un éventuel parti". Ça confirme ce que vous dites, monsieur Pomerleau, Lucien Bouchard semble avoir joué un rôle actif dans la création de ce parti.

    Il est clair que toutes ces manoeuvres ne visent qu’un but : neutraliser le PQ et, si possible, tuer pour de bon le projet d’indépendance du Québec. Et tout ça avec l’aide indéfectible des médias fédéralistes qui savent quoi faire en pareils cas. Et, comme si ce n’était pas assez, beaucoup d’indépendantistes, sans doute de bonne foi et déçus du PQ, ont aussi décidé de s’attaquer à ce parti, faisant ainsi le jeu de l’adversaire. Dans ce contexte, il faut choisir son camp ; en ce qui me concerne je vais donner mon appui au PQ même si je ne suis pas membre de ce parti et que je souhaite qu’il revoit certaines de ses orientations.

    Salutations à vous.

  • Nathalie Grogières, 14 janvier 2012 10h44

    Eh oui, Monsieur Pomerleau ! On s’en doutait bien. Et le même Bouchard n’est-il pas l’inspirateur de la gouvernance souverainiste élaborée par Gérald Larose, un autre des grands amis du Lucide en chef ?

    On retrouve plusieurs constantes dans ces 2 programmes (celui de la gouvernance souverainiste et celui de la CAQ) : "faire progresser le Québec", "faire avancer le Québec", moratoire sur la souveraineté, se concentrer sur l’état des finances publiques, sur la compétitivité de son économie, affirmation nationale, etc... Bref, les 2 partis (PQ et CAQ) se sont emparés des orientations de la bientôt défunte ADQ, laquelle apparaissait plutôt sympathique au Lucide en chef...

    L’apparition de la CAQ est le résultat d’une bataille entre Pauline Marois et François Legault pour éliminer l’ADQ en s’emparant de ses orientations et... de ses sympathisants ! Or, plusieurs se souviendront que des péquistes prônaient ceci sans le dire ouvertement, et ce depuis belle lurette. C’est pourquoi les cris d’orfraie qu’ils poussent depuis l’apparition de la CAQ paraissent si vains... Exclu de la chefferie du parti, François Legault n’a fait que réaliser à l’extérieur du PQ ce qui se tramait en son sein depuis longtemps... Depuis Lucien Bouchard, quoi !

    Tout ceci est lamentable, mais tellement prévisible !

  • Ssauvé, 14 janvier 2012 09h16

    Merci Monsieur Pomerleau, votre texte est éclairant et nous donne une occasion de plus pour fourbir nos armes.

    PS : Aussi surprenant cela puisse paraître, ce sont ces affairistes qui feront l’indépendance du Québec, mais à leurs heures et selon leurs conditions afin que leurs stricts intérêts soient servis. J’attends votre appel.

    SSauvé

  • 14 janvier 2012 08h36

    Hold-up sur la démocratie au Québec

    Cette manie qu’ont les élus du peuple à changer de veste au milieu de leur mandat est une plaie dans le champ politique au Québec. Je demande qu’un loi soit introduite pour que les prétendants à ce genre d’exercice honteux digne des caméléons retournent d’abord devant leurs électeurs (et à leurs frais) pour pouvoir changer de camp. Désormais, on assiste à la fin de la démocratie et je me demande si vraiment elle a existé.
    Saïd LAMI

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