«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Marc Provencher - Le multiculturalisme est un racisme qui se prend pour un antiracisme

Canada - mauvaise administration, incompréhension et incompétence

Réplique de l’essai de Marc Provencher

Tribune libre de Vigile
lundi 5 mars 2012
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Pour qui veut en apprendre sur le racisme et surtout sur l’origine du fascisme, en découvrant d’ailleurs des penseurs italiens, l’essai Le multiculturalisme est un racisme qui se prend pour un antiracisme, de Marc Provencher, est un livre plaisant.

Pour qui veut une réflexion plus politique à propos du multiculturalisme et de ses conséquences, alors ce sera plutôt une déception. Provencher règle ses comptes avec le multiculturalisme, mais en respectant son titre, soit en conservant scrupuleusement une neutralité entre séparatisme et fédéralisme et en ne touchant profondément que l’aspect racial du multiculturalisme, alors que ses plus grands torts sont politiques, judiciaires, culturels et économiques.

Provencher en arrive même à considérer que nous sommes en face de deux nationalismes, un nationalisme canadien, et un nationalisme québécois ; les nationalistes canadiens n’étant certainement pas aussi fédéralistes qu’ils le prétendent.

Il se définit parfois comme un patriote antinationaliste, ce qui le rend dur à suivre et une de ses conclusions est décevante pour quelqu’un qui déploie tant d’effort à nous convaincre, et il y parvient, du caractère raciste du multiculturalisme et même de notre chère Sheila Copps, mais certaines de ses conclusions dérangent :

Pour les nationalistes canadiens (qui se prennent souvent pour des fédéralistes), il y a UN pays, d’où découle qu’il y a -ou ne devrait y avoir- UNE société.

Pour les séparatistes québécois, il y a deux sociétés, d’où découle qu’il devrait y avoir deux pays.

Les deux ont exactement la même idéologie fixée au fond du crâne : celle de l’État-nation, tout à fait adaptée à certaines patries... mais pas à la nôtre.

Ouch, comment peut-on en découdre avec Trudeau, et montrer qu’il s’est trompé, et reproduire la même erreur ? La nation n’est peut-être pas un produit de la nature, mais un produit de la culture et de l’expérience humaine, mais il se trouve qu’elle existe, ce n’est pas seulement une idéologie.

Peut-être est-il possible de bondir quantiquement dans une autre forme d’organisation politique que celle de la nation, mais encore faudrait-il que le peuple qui fait ce bond se serve du tremplin justement de ce qu’est la nation, un outil, un refuge, un milieu. Comment le fait d’être dans la province, dans la situation d’administrée pour les vaincus (étymologie du mot), en d’autre mot, dans la cave, peut-il permettre de vivre un saut ? Pour se dépasser, il faut justement briller, exceller, donc se servir de ce qui est disponible pour croître. Comment alors, étant privé des ressources de l’État-nation, le peuple québécois pourrait-il aspirer à un statut supérieur.

***

L’autre problème de Provencher c’est qu’il présuppose une égalité. On voit bien qu’il nie la vision canadienne et qu’il comprend la vision québécoise, mais il ne la cautionne pas, ce qui est étonnant, puisqu’il fait la preuve d’une grande érudition et d’une capacité réflexive assez saisissante.

Comment ne sait-il pas que le peuple québécois ne possède qu’une province, là où la nation canadienne compte 9 administrations provinciales et un gouvernement fédéral qu’elle contrôle ? En effet, le Québec n’est pas la Suisse ou la Belgique, les provinces ne sont pas les 9 foyers de 9 cultures, mais simplement les administrations, des régions d’une grande nation, la nation canadienne. C’est 9 contre 1 (plus 3 territoires...) et au niveau fédéral, c’est 233 députés contre 75.

Nous avons donc une nation qui jouit de la puissance de 9 provinces (et accessoirement de la province résistante) et d’un gouvernement, avec toutes les ressources que cela suppose, pour briller en agissant par elle-même sur les plans politique, économique et culturel, en agissant par elle-même, pour elle même.

Pendant ce temps, le petit peuple qui habite la province de Québec ne jouit que d’un pouvoir administratif régional et est remplacé, dans un ensemble de compétence, par cette autre nation. Ce remplacement, en plus de la perte directe d’expérience et de l’impuissance qu’il cause, est accompagné de mauvaise administration, d’incompréhension et d’incompétence. Ce n’est pas la petite nation qui vit aux dépens de la grande... C’est la grande qui est grande à cause des ponctions qu’elle prend de la petite nation et du fait qu’elle s’en sert comme d’un appendice. Comme les Anglais le disent des Écossais, ils seraient fous de se séparer, l’Angleterre étant une bien plus grande nation que l’Écosse seule, mais à quoi beau être un membre d’un tout plus grand si on perd la capacité d’agir ? C’est l’Angleterre qui est grande, grâce à l’Écosse, pas le contraire !

Il confond ensuite le nationalisme péjoratif (chauvin, belliqueux) , voire impérialiste avec le nationalisme revendicateur, comme si tous les nationalismes étaient dangereux. Comme si le troisième menait systématiquement aux deux premiers.

Dans ses exemples, il oublie l’histoire :

Quant à mes adversaires, (mes souffre-douleur ! mes victimes), ce sont typiquement à l’échelle du Québec, celui qui me dit « Je ne suis pas canadien-français, je suis Québécois ! » alors qu’il est les deux et, à l’échelle du Canada, celle qui me dit « I’m not an anglophone, I’m Canadian ! » alors qu’elle est les deux. Ces deux personnages ont, vissé au fond du crâne, le modèle d’État-nation que nous avons importé d’Angleterre, de France ou des États-Unis -trois pays dont l’unité démocratique fut le résultat d’une révolution, contrairement à celle du Canada et de l’Italie.

Il n’y pas si longtemps, les CanadiAns s’appelaient britanniques et c’est sous la pression de notre nationalisme qu’ils nous ont aussi dépossédés de nos noms et de nos symboles. C’est bien beau l’Italie et les penseurs italiens, mais il faudrait aussi citer Durham à l’occasion. Le pays ne s’est pas construit par la coexistence pacifique de deux peuples, mais par l’assujettissement politique de l’un par l’autre. On s’est fait déposséder de notre nom et nous nous en sommes inventé un autre, lequel était d’ailleurs plus susceptible de briser la barrière culturelle héritée des conceptions raciales que Provencher pourfend justement.

Les Québécois sont les héritiers, au Québec, des Canadiens-français. Il n’y a pas de telle chose qu’un CanadiEn-anglais (sauf dans les traductions...) il y avait des Britanniques et leurs compatriotes (ou conquis) du Royaume-Uni lesquels sont devenus des CanadiAns... La Comission Laurandeau-Danton s’appelait la Commission BIBI et ce n’est pas pour rien : biculturalisme et bilinguisme. On est pas loin de binational.

Il y a eu une de la bisbille dans les statuts du NPD, dans les années soixante, justement à cause de cela, parce qu’Ottawa, devait s’appeler capitale fédérale et
que le NPD devait clairement reconnaitre deux nations au Canada, ça n’a jamais pris.

Meech : Le Québec est une société distincte.
Bourassa : "Le Québec est, aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement."

Bien sûr qu’au sens civique, les Québécois sont les deux, tout comme les sont les Écossais, jusqu’à ce qu’ils quittent le United Kingdom... Mais penser que les identités s’additionnent, comme le pense Dion, c’est refuser de voir qu’une nation agit au détriment de l’autre.

Ma part québécoise est atrophiée et étouffée, parce qu’en comparaison de la nation canadienne, elle ne jouit pas des moyens d’un état qui la reconnait et qui la fait briller, elle ne dispose que de moyens limités, ce qui conduit à un rayonnement tout aussi limité. Au lieu d’agir par elle même, elle est remplacée, donc forcément c’est à une image culturelle fragmentaire et diminuée que cette identité renvoie, au contraire de l’identité collective d’un État-nation.

Comment donc ne pas trouver petite la culture québécoise provinciale ? N’ayant jamais à résoudre des problèmes nationaux ou internationaux, la nation québécoise n’intègre donc pas cette dimension, cette maturité à sa psyché collective, laquelle est forcément infantilisée...

Extrait :

Pour ma part, citoyen de la patrie (et pas nation) québécoise, je suis aussi -ce qui fait bien mon affaire- citoyen de la fédération canadienne, mais je ne suis le national de personne et personne ne me nationalisera.

Mon compatriote, vivre, c’est agir. Si tu n’agis pas, tu entres dans une stase, tu périclites, si tu es remplacé, tu perds de l’initiative...

Compare cette chose toute simple. Le patriote canadian jouit d’être nationalisé, parce que la nation (dans son organisation politique), le système fédéral (233 députés sur 308, 9 provinces et deux territoires) travaillent pour son bien, pour l’agir collectif de sa patrie à lui, pas de ta patrie à toi !

Avant d’écrire son texte Provencher aurait vraiment dû lire L’Histoire des deux nationalismes de Maurice Séguin. Je lui propose de se reprendre avec un autre titre : Le fédéralisme est un colonialisme qui s’ignore...

Commentaires

  • Marcel Haché, 6 mars 2012 10h04

    Si les indépendantistes québécois regardaient froidement la situation du peuple kurde, si nombreux, ils lui souhaiteraient facilement de pouvoir se constituer en État-Nation. Cela irait dans le bon sens le plus élémentaire, afin qu’il se déprenne d’une situation très difficile.

    Mais si ce peuple kurde très nombreux pouvait regarder la situation de son équivalent nord- américain, le peuple canadien-français, devenu, lui, si peu nombreux, il déplorerait pour Nous que nous ne nous soyons pas encore constitués en État-Nation. Cela pourrait lui être un avertissement pour le futur.

    C’est ainsi que, croyant pouvoir plaindre les autres, Nous n’arrivons pas à concevoir que c’est Nous qui sommes les plus à plaindre, notre assimilation ayant des longueurs d’avance sur celle des kurdes. Telles sont ici les illusions entretenus par le fédéralisme et le multiculturalisme, qui ne s’opposent pas (ici) aux individus, comme vous et moi, comme M. Provencher et les Trudeau, mais sont partout et de tous temps d’irréductibles ennemis des peuples.

    Chaque peuple sa maison. Cela n’est pas un principe bien compliqué. Ce n’est pas chaque race ni chaque ethnie dans sa maison. Ce n’est pas non plus tout le monde dans la même maison. Et, contrairement aux Trudeau, père et fils, ce n’est pas une idée immorale, encore moins un crime contre l’humanité, qu’un peuple décide de se déprendre d’un mauvais système politique.

    Il faudrait donc entre autres choses débaptiser l’aéroport de Montréal, qui Nous fait honte présentement. Tant d’autres lieux aussi. Aucun peuple ne nomme ainsi les choses du nom de ses ennemis. Cela marque notre difficulté de Nous nommer nous-mêmes, et sans doute aussi la difficulté de Provencher de se nommer lui-même itou.

    Vivement un Redressement National, et sans Provencher et autres poisons.

  • Didier, 5 mars 2012 16h30

    Monsieur Dell’Arco,

    Les riches élites capitalistes de la finance et des affaires veulent un monde sans identité.

    Le but du multiculturalisme semble être de nier l’identité des peuples et aussi des individus en les rendant tous semblables, c’est à dire en leur donnant aucune autre identité que celle d’être des producteurs-consommateurs au service de l’idéologie utilitaire des élites de la finance et des affaires.

    Cette idéologie de l’utile est beaucoup plus dangereuse pour le monde que celle de l’identité nationale ou personnelle.

    Car dans une telle idéologie, qu’advient-il des inutiles ? D’ailleurs on voit poindre l’idée de couper dans les pensions de vieillesse, dans la santé etc... pour soi-disant équilibrer les budgets des États.

    Yvan Blot dit ceci dans un article concernant l’idéologie utilitaire dominante de nos sociétés occidentales :

    "La nation est niée car elle est un élément de différenciation par les racines qui gêne l’objectif de réduire les hommes à l’état de matières premières interchangeables pour l’économie."

    http://www.polemia.com/article.php?id=2897

  • L&8217;engagé, 5 mars 2012 15h43

    Compatriote DellArco,

    Je vous invite à résumer ces notions, je me suis penché sur certaines des conclusions de Provencher et j’ai négligé le coeur de son propos, parce que je m’intéresse surtout à la langue et aux rapports de subordination.

    ex. http://www.vigile.net/La-lutte

    Je croyais qu’on aborderait ces thèmes, de front, avec la question du racisme.

    L’auteur ne se mouille pas... Les peuples, qu’ils soient « liés par le sang » ou par la culture, ont le droit de survivre et de s’épanouir.

    Le problème de Provencher, c’est que même si on résout la question raciale par une reconnaissance d’une différence uniquement culturelle, on conserve la subordination de la culture québécoise à la culture canadienne, à la structure politique dont joui la culture canadienne. Le problème reste donc entier

    Loin de s’additionner les identités se nuisent, la somme de cette identité canadienne sur la québécoise vient la nier, car elle institutionnalise, à la fois au plan individuel et collectif, le rapport de domination politique d’un peuple sur l’autre. Ce que Provencher refuse de voir.

    Je peux aimer la littérature et les arts canadiens, je peux parler anglais, mais si je considère normal d’être citoyen canadien, je normalise alors la relation de minorisation du peuple québécois auquel j’appartiens. Comme citoyen, je jouis d’être citoyen d’une nation libérale, mais cette nation n’est pas ma patrie, contrairement au CanadiAn dont l’État-nation est également le siège politique de la patrie.

    L’identité québécoise est donc une identité officieuse, là où l’identité allemande, française ou anglaise , est, elle, officielle, reconnue et estimée.
    Si, au plan individuel, on peut vivre dans cette contradiction, l’agir collectif québécois, lui, est diminué. Donc l’identification et la participation à cet agir collectif correspondent à des moyens amputés, l’indépendance n’est donc pas un provincialisme ou un « séparatisme », mais une quête d’intégrité et de normalité.

    L’auteur fait passer cela pour du nationalisme potentiellement dangereux et réducteur.

    Qui dit vouloir honorer les cultures ne peut vouloir la diminution de l’agir collectif des peuples. Ainsi la tolérance (la bi-identité) de Provencher conduit à une abdication et donc à la proéminence de la vision canadienne.

    C’est ce que j’ai cherché à expliquer. Maintenant, aimeriez-vous vous concentrer plus précisément sur le corps même de la contribution de Provencher ?

    Un petit texte dans la Tribune permettrait alors un bel échange. Comme je me suis mouillé, je ne crois pas avoir la neutralité pour faire un portrait crédible de sa position, l’ayant déjà pour ainsi dire condamnée.

  • DellArco, 5 mars 2012 15h05

    Le citoyen Didier écrit :

    « Les Canadiens-Français de souche sont effectivement des Français. Même monsieur Drouin, le généalogiste, le reconnaissait. Cependant, avec l’immigration et le mélange des ethnies, cela est de moins en moins vrai, en particulier en milieu urbain. »

    Cher Didier, je n’ai pas tout à fait terminé ma lecture du livre de Provencher, dont le propos a plusieurs "étages", mais une chose me semble claire : je crois que ce penseur vous demanderait d’abord et avant tout ce que vous entendez par "souche" et par "ethnie". Vos propos ("Les Canadiens-Français de souche sont effectivement des Français") donnent l’impression que vous croyez à une "race française", mais avec ces quelques phrases je peux aussi bien me tromper. Pourriez-vous clarifier SVP ?

    (Cher modérateur, j’admets que ceci n’est pas un commentaire sur le livre lui-même - facile à lire, mais pas à digérer ! - toutefois son propos le plus insistant porte très précisément sur ce sujet-là : "souche", "ethnie", "descent", "ancestry" et le péril des explications par le sang et l’hérédité.)

  • Didier, 5 mars 2012 11h49

    Les Canadiens-Français de souche sont effectivement des Français.

    Même monsieur Drouin, le généalogiste, le reconnaissait.

    Cependant, avec l’immigration et le mélange des ethnies, cela est de moins en moins vrai, en particulier en milieu urbain.

    Le multiculturalisme est un genre de guerre menée par les riches élites capitalistes transnationales contre les peuples avec pour but un remplacement de la population d’origine.

    Comme disait le démographe Henripin, avec l’immigration, on n’est pas perpétué, on est remplacé.

    On le voit en Grande-Bretagne, en France, aux États-Unis, au Canada ainsi que dans d’autres pays occidentaux.

    Pourrions-nous concevoir le multiculturalisme en Chine, au Japon, aux Indes ?

    Je ne comprend pas pourquoi certaines personnes très instruites et intelligentes ont cru que c’était possible d’avoir un pays multiculturel.

    Car même des peuples supposément proches ont toujours eu de la difficulté à s’entendre. Par exemple, Français et Allemands au cours de l’histoire ont souvent été comme chiens et chats. Pourtant il s’agit de deux peuples occidentaux, européens et de tradition chrétienne.

    J’avais entendu une histoire qui datait du début du 20e siècle en Allemagne. Un professeur allemand demandait à ses élèves qui était l’ennemi héréditaire de l’Allemagne. Et les élèves de répondre tous en choeur : "Frankreich", c’est à dire la France.

    Et Français et Allemands sont pourtant du même continent et ont un peu les mêmes traditions à bien des points de vue.

    Imaginer alors faire venir des gens de l’autre hémisphère dans un pays.

    On a beau penser que c’est possible, il faut admettre que le multiculturalisme est très difficile à implanter.

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