«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Mertine Ouellet, laJeanne D’arc moderne

C’est à se demander, qui a peur de qui et de quoi !

Juillet 1841 et un certain Taché et le cheval de Troie

Tribune libre de Vigile
vendredi 5 août 2016
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Il faut décidément contrer de pessimisme mais, en avant-goût, l’histoire chez nos ancêtres se révèle aussi porteuse de réflexions pour le choix du prochain chef.

Été 1841. À 46 ans, le médecin Tâché, habitant sur la grande rue de Montmagny, en face de Latreille, voisin et fervent patriote, réfléchissait à changer de ce dur métier que d’aller dans les rangs soigner des gens démunis beau temps mauvais temps. Étienne Paschal Tâché a hérité des biens de son père fort aise grâce à la Seigneurie malgré la pauvreté naturelle des terres du comté de L’Islet. Un homme de la noblesse disait-on.

L’union législative du Canada-Ouest et du Canada -Est venait d’être en vigueur et les canadiens-français voyait l’avenir s’ériger comme un mur. La bataille des patriotes de 1837 avait été plutôt improvisée et plusieurs en voulaient à Papineau. Il voulait se rapprocher des Américains.

La mort dans l’âme, Tâché s’est lentement assuré de la continuité du niveau de vie, d’être choyé lui et les siens, en se rapprochant des Anglos. Déjà, à 17 ans, il avait participé à la bataille de 1812 contre les Américains. Il était un monarchiste. La situation parfaite pour faire le pont et donner son aval à l’Union.
He bien ! Il est devenu un fervent défenseur du compromis. De tolérer n’importe quoi par indécision ou à vouloir faire le négociateur, l’intermédiaire, malgré le fond de l’acte d’union, la pire insulte pour museler les Français.

Cette union assommera pour plus d’un siècle le Canada français. Malgré tout, Taché a reçu et accepté les honneurs britannique et devenu premier ministre du Canada-Uni, deux fois.

Justement, comme président de la 2o conférence constitutionnelle au Château Frontenac à Québec, il n’a pas dit mot comme deux autres parures. Comme bien d’autres, il était certain sinon plus que probable que la nation française n’avait pas plus d’avenir que le scotch dans le verre. Ils devaient se sentir perdus, mais reluquaient le prestige.

Étant sûrs que la vie de français n’offrait plus d’avantage, ils se sont assimilés, George Étienne Cartier et les autres, pour nous passer ensuite la continuité de l’Acte d’Union en vigueur en juillet 1841 à celui de l’acte de 1867 sans consultation. Une confédération qui n’en était pas une ! Une fédération qui n’en était pas une ! Mais une union législative qu’ils ont déguisée en fédération fin finaude.

Ont-ils baissé les bras, en pessimiste !

Alors, la question qui se pose, avaient-ils raison d’abandonner et de nous abandonner ! Étaient-ils réalistes ! Ont-ils vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué ?

Pourtant 155 ans plus tard, le référendum pour bâtir un pays, celui qu’ils auraient rêvé, à passer à deux doigts de réussir malgré les mesures de guerre, les vols, les poses de dynamites de la GRC, les menaces des séparatistes Anglos, le Québec bashing, les préjugés, le coup d’État de 1982, l’argent sale et beaucoup d’assimilés et de colonisés de plus qu’en 1841.

S’ils avaient su ! Avant d’agir en fluet de peur de se prendre en main !

Alors, il n’y a aucune raison de se dire pessimiste en ce jour d’hui plus que jamais.
L’union législative qui abolissait les deux canadas a réussi à convaincre les plus faibles de rejoindre les adversaires, de passer de colonisés à assimilés, des « no-name » en fuite de leur identité.

Les programmes de recul de l’indépendance vers un nationalisme défensif et passif répandent l’idée et le sentiment que nous ne pouvons réussir, que nous devons nous retrancher. Ils confortent un pessimisme et un mépris de notre capacité de nous-mêmes de voir et comprendre. Elle dit : le peuple ne se rend pas compte de ce qui se passe. Ou plutôt, le peuple n’a pas assez de volonté de se prendre en main. Quelle erreur !

Il faut prendre à contre-pieds ce négativisme et cette attitude de « passiviste ».

Martine Ouellet est la seule à prendre un chemin direct et sans faille de cohérence et sans faille d’optimisme. La Jeanne d’Arc moderne, comptant sur l’effet papillon, la capacité d’espérer et pourfendant la morosité déprimante imprimer dans le cœur de plusieurs militants a précisé sa position de faire du Québec un pays, sa gouverne immédiate et sans délai dans un premier mandat avec une structure articulée dont une consultation populaire. Sa position de faire de la langue française la langue officielle dont celle notamment des tribunaux est d’un tel naturel que ce devrait être la position de tous les candidats. Elle frappe de plein front l’article 133 de la Loi constitutionnelle. Quant à l’article 33.1 de la charte canadienne des droits et libertés, de dérogation par déclaration, il sera utilisé rapidement pour colmater le plus de brèches dans l’esprit des fondements de la loi 101 d’origine.

Elle démontre, malgré elle, aux autres candidats, que pour établir une politique normale sur la langue, il est automatique que la confrontation avec ces lois fédéralistes distordues et sectaires, - vrai cheval de Troie du colonisateur avec ses tribunaux-fédéralistes- aboutisse nécessairement à la nécessité de sortir de l’impasse constitutionnelle par un référendum qu’ils ne veulent pas s’engager à combattre au plus haut point des batailles et au point tel que les positions de la CAQ semblent parfois autant des avancés que même des anciens militants reluquent.

Prendre l’argument que le peuple n’est pas prêt n’est que prétexte des réflexions et des volontés politiques incapables. C’est à se demander qui a peur de qui et de quoi !

On n’en sort pas. Le cheval de Troie vient de ces fédéralistes pour nous neutraliser et assimiler. Il est là, imbriquer dans la Constitution. On n’en revient pas. Doit-on fuir encore ?

Moi j’ai choisi !

Commentaires

  • François Ricard, 7 août 2016 09h36

    Dans l’immédiat, en 2018, quelle est l’urgence ? Tenir un référendum ? Prendre le pouvoir ?
    Prendre le pouvoir est un objectif à atteindre. Après il est possible de poser des actes qui nous conduiront à l’indépendance.
    Tenir un référendum est une tactique qui peut être ou ne pas être utilisée en politique. Mais tenir un référendum, comme objectif politique, est risible. Faire de l’outil l’objectif de son action est un oxymoron. Depuis quand un menuisier quitte-t-il la maison avec l’objectif de se servir de sa scie à cadre durant la journée ?

  • Gaston Carmichael, 7 août 2016 07h12

    Les Grecs ont eu droit à un Alexandre le Grand. Aurons-nous droit à un Àlexandre le Petit comme chef du PQ ?

  • Gaston Carmichael, 6 août 2016 17h48

    Martine ne rate aucune occasion pour parler des avantages de l’indépendance. Encore aujourd’hui, ici.

    Pendant ce temps là, Alexandre continue sa campagne de provincialiste. Ici, il promeut le volet justice de son programme. Aucune allusion sur comment l’indépendance pourrait nous permettre d’améliorer le système de justice. Il se borne à jouer dans son petit carré de sable.

  • Jacques Lamothe, 6 août 2016 16h09

    J’appuis aussi Martine, la seule qui n’a pas peur de livrer bataille aux ennemis de la liberté du Québec et qui a aussi toute la combativité nécessaire pour réactiver l’enthousiasme contagieux des troupes indépendantistes, en dormance depuis trop longtemps. Elle veut l’indépendance et le bonheur de toute une nation et elle prend le chemin le plus court pour y arriver. Inspirant et stimulant !

  • François A. Lachapelle, 6 août 2016 11h33

    Merci Michel Blondin pour cette analyse du projet de la candidate à la direction du Parti québécois, Mme Martine Ouellet.

    Vous avez raison d’écrire, je cite : «  Prendre l’argument que le peuple n’est pas prêt n’est que prétexte des réflexions et des volontés politiques incapables. C’est à se demander qui a peur de qui et de quoi !

    On n’en sort pas. Le cheval de Troie vient de ces fédéralistes pour nous neutraliser et assimiler. »

    Ces fédéralistes existent autant dans le Québec que hors du Québec. Ils sont omniprésents. Il est impossible pour nous, indépendantistes, de ne pas livrer bataille. Tout est verrouillé au Québec et même Charles SIROIS a complété la stratégie en bloquant même les rêves de plusieurs Québécois(ES) avec le collabo qu’est François Legault.

    Quand le peuple croit une baliverne au sujet d’un prochain référendum au Québec à savoir que le peuple ne veut pas de référendum, cela est le summum de l’assimilation, celle du colonisé qui a choisi son confort matériel au détriment de la vitalité de sa pensée. Le Québec dans le Canada n’est pas une démocratie, c’est un bagne !

    Voici quel devrait être le message d’une seule voix des 5 candidats à la direction du PQ : « Pas de référendum pour la loi constitutionnelle de 1867, pas de référendum pour le rapatriement de 1982 ; il est urgent d’avoir un référendum dans les plus brefs délais au Québec sur son avenir constitutionnel. »

    Les Québécois doivent savoir qu’ils sont enchaînés et leur aveuglement est nourri par des milliards en commandites, argents puisés à même nos taxes et impôts.

  • James A. Wilkins, 5 août 2016 15h20

    Excellente analyse et constat Monsieur Blondin.

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