«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Briser le Canada ?

P.K.P. et les deux de pique

Tribune libre de Vigile
mardi 21 juillet 2015
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Les indépendantistes québécois se font ainsi attribuer un idéal qui n’est pas le leur, « briser le Canada », par des carriéristes « fédéralistes » qui professent un système politique qui n’existe plus que dans leurs têtes.

En effet, il n’existe plus de fédéralisme canadien depuis très longtemps, malgré que le fédéral et ses provinces-croupionnes ne cessent d’en vanter les vertus. Il y plutôt cette chose innommable mais absolument détestable, qui se prétend encore fédéraliste, mais qui tend depuis les débuts même de la « confédération » canadienne, qui tend toujours, encore et invariablement à l’État unitaire.

Dans l’état unitaire de fait qui est maintenant celui de « tous les canadiens et toutes les canadiennes », il y en a encore deux nations. Il y a depuis très longtemps deux nations au Canada.¹ Mais en supprimant de fait le « fédéralisme » lui-même, aux moyens de l’envahissement par le fédéral des champs de compétences provinciales et par l’asservissement financier des provinces, par la poursuite du Conseil de la confédération, par celle des conférences fédérales-provinciales, par les recours incessants et excessifs aux avis et jugements de la cour suprême, la base même du gouvernement des juges- soit dit ici toutes choses que les pépères et compères de la confédération n’avaient pas prévus dans la constitution de 1867- ce régime politique « fédéral » ne repose plus sur une véritable constitution.

Le Canada unitaire de fait se trouve ainsi de fait à considérer qu’il y a une nation de trop au Canada. Cela est dans la logique toute britannique de l’autre nation et de la Colombie toute canadienne. C’est la raison inavouée (et inavouable) qui est l’origine de l’expression la plus louche et la plus hypocrite qui ait été fournie par les larbins du fédéral : l’expression « Canada-Uni ».

Dans ces conditions, Clark de Vancouver, aussi bien d’ailleurs que Couillard de Québec, n’énoncent toujours que des paroles verbales, totalement absorbés qu’ils sont par l’idéologie. Sont de fait, tous les deux, d’aimables pantins ou larbins (au choix), au service des institutions canadiennes qui, elles, ne sont pas et n’ont jamais été au service des deux nations.

Parce qu’il est patriote, P.K.P. a crissement beau jeu de répondre à tous les carriéristes qui se prétendent fédéralistes. Et il répond…Il faut bien reconnaître à cet égard que personne avant lui, parmi tous les chefs péquistes, personne avant P.K.P. n’avait si bien répondu aux pantins et aux larbins que Nous produisons à profusion. Suis surtout d’avis qu’il n’y a qu’un patriote, qu’un p.m. québécois patriote, qui puisse être entendu et compris par tous les électorats canadians. Cela n’est pas rien… Cela pourrait même être terriblement subversif …. De ce point de vue, hélas, il faut bien voir que Couillard est un déclassé du départ, qui Nous fait honte partout où il va et chaque fois qu’il ouvre la bouche pour Nous représenter.

Malgré qu’il n’existe plus qu’un semblant de fédéralisme canadien, il existe indéniablement un patriotisme canadian, auquel P.K.P. est le seul politique d’ici à pouvoir répondre. Lui seul en effet, dans tout l’échiquier et tout le spectre politique québécois, lui seul est en mesure de répondre et parler net à l’autre patriotisme et d’en être compris. Conséquemment, lui seul serait capable de désamorcer ce qui pourrait devoir l’être…

Aucun chef péquiste, pas même René Lévesque, n’ont eu cette capacité. C’est ce que, manifestement, n’arrivent pas à comprendre Marissal, de La Presse arriérée, et Nadeau-Dubois, de la gauche retardataire, tous les deux petits et médiocres, qui ne représentent personne, mais qui croient pouvoir se grandir en se défiant de Nous sur les ondes de Radio-Canada.

Aussi bien au Québec qu’au Canada, le patriotisme est une affaire de cœur. Kristy Clark est une carriériste canadienne qui représente des intérêts. Certes, cela a son importance. Mais nous devrions savoir que ce ne sont pas les seuls grands intérêts qui donnent aux peuples le supplément d’âme nécessaire à leurs libérations.
Avis à Gilles Duceppe, partant pour manger une autre volée…

¹ Et plus que deux si on considère les nations amérindiennes

Commentaires

  • Marcel Haché, 27 juillet 2015 08h30

    @ J. Binette.

    En effet, le fédéralisme canadien n’existant plus, nous pourrions bien nommer ceux qui se disent « fédéralistes » de n’importe laquelle étiquette. Les fédéraux ne se sont d’ailleurs jamais beaucoup gênés pour nous appeler les losers, nous les indépendantistes.

    Mais qui sont les véritables losers, au Québec, si Québec ne s’est pas encore rallié à ce qui Nous tient lieu de constitution, si toute l’institution fédérale et, par ricochet, l’institution provinciale, sont sous la coupe du gouvernement des juges à Ottawa, ceux-là qui ont mission d’écrire de fait une nouvelle constitution et d’instaurer de fait un nouveau Canada ?

    Très longtemps, les patriotes parmi Nous ont dû faire avec le « champ politique » qui leur était accessible, et très longtemps, en effet, ils ont dû se battre à l’intérieur des instances fédérales aussi bien que les instances provinciales. Cela faisait-il d’eux des « fédéralistes » ? Ils étaient de fait des patriotes qui croyaient en Nous et qui s’arrangeaient avec la réalité politique de leurs temps. Et si, à la fin, Nous avons survécu, c’est parce qu’il y avait des patriotes parmi Nous et jusqu’aux différents gouvernements.

    Fait longtemps que ces patriotes-là sont disparus des partis politiques fédéraux. Le Bloc lui-même peine avec le patriotisme !

    La nouveauté à cet égard, le patriotisme, serait plutôt l’actuelle gang à Couillard. C’est parce qu’ils ne sont pas branchés sur Nous, hélas, que le P.Q. et O.N. n’arrivent pas à bien lire le livre de bord de la gang qui tient le Québec. Salutations.

  • J. Binette, Montréal, 26 juillet 2015 08h32

    Il n’existe plus de fédéralistes depuis très longtemps...
    Idée intéressante. Mais alors, pourquoi nous entêtons-nous à nommer nos adversaires "fédéralistes". Il me semble qu’il serait intéressant stratégiquement de les nommer autrement. Car l’indépendance du Québec ne se fait pas contre l’idée du fédéralisme. C’est une lutte Québec-CAnada. Pays dominant-nation dominée.
    Pourquoi ne pas commencer à appeler nos ennemis d’un autre nom : les assimilationnistes, par exemple,...car c’est ce que s’est évertué à
    faire le Canada : assimiler les francophones.

  • Marcel Haché, 22 juillet 2015 10h30

    @ Ouhgo
    Salutations et merci pour votre aimable commentaire, pour votre aide aussi, certainement, mais surtout votre fidélité inestimable.

    @ François Lachappelle
    « L’austérité au temps de l’abondance ». Vous avez raison : quel titre magnifique, en effet. Merci pour vos commentaires qui enrichissent toujours Vigile et qui valent le détour.

    @ Michel Charlebois.
    Exactement. Les fédéraux et tous leurs adeptes se bercent de cette illusion que le fédéralisme à la canadienne, c’est le Canada. Rien à voir. Si je puis me permettre : la province de Québec, ce n’est pas Nous. « Nous », Nous sommes la Nation !
    Je sais, je sais : tous les indépendantistes ne sont pas d’accord avec cela… « Nous », la Nation, le nationalisme, la détestation des autres, la haine, la guerre, et patati et patata et vive le Canada !

    @ Mario Goyette

    Tant et aussi longtemps que Bloc va se maintenir dans les 20% des intentions de votes, il va rester aussi inoffensif que Porter ne l’est maintenant. La gang à Couillard et tout le West Island ne bougeront plus, vont faire « le mort » eux aussi, à propos des « Intérêts du Québec ». Ils n’en ont pas moins, eux aussi, leurs idées sur ces Intérêts, et sont parfaitement à l’aise sur cette ligne.

    @ Gaston Carmichael
    Le Bloc est une excellente monture. Gilles Duceppe, un excellent cavalier. C’est la « distance » qui fait problème. La « distance », c’est la stratégie. Celle du Bloc, c’est la « distance » dans laquelle Gilles Duceppe lui-même a choisi d’inscrire le Bloc il y a longtemps : les fameux « Intérêts du Québec ». Gilles Duceppe va réaliser à la dure qu’il n’est pas seul dans la course sur cette « distance »…

    Va devoir enfin réaliser, le grand cavalier, qu’au fédéral, Nous votons comme une minorité. Ne maîtrisant pas notre Destin, cela permet de voter avec désinvolture, parfois même avec indifférence.

    C’est à Québec que Nous votons comme une majorité. Majorité hélas de plus en plus divisée. Divisée, oui, évidemment, mais par qui d’autre, croyez-vous, que ce West Island qui ne s’est jamais intéressé ni à Nous, ni au P.Q. non plus qu’au Bloc, la monture de notre grand Cavalier. À un m’ment donné…

    Mais…mais de toutes les façons qu’on regarde la course, c’est bel et bien Nous qui votons chaque fois. C’est bel et bien Nous qui Nous Nous intéressons ou Nous qui Nous Nous désintéressons…C’est Nous seuls qui devrions être la mesure et la « distance » du Bloc à Gilles. C’est l’honneur du Québec qui est à l’origine du Bloc, et non pas ses « intérêts » !

    Je vais voter Bloc. Envers et contre tout. Si je devais « souhaiter » quelque chose ici, je vous dirais bien, Gaston Carmichael, que je souhaite me tromper à l’égard de cette « distance » choisie par Gilles Duceppe, qui reste certainement lui-même, indéniablement, un grand cavalier. Mais la « distance »…Ce n’est pas vrai que le Bloc est tout seul dans la course sur cette « distance » des « Intérêts du Québec ».

  • Mario Goyette, 21 juillet 2015 16h31

    Briser le Canada.
    Ce qui me brise le cœur, moi, c’est le peu de cas qu’on a fait suite au décès du fameux Arthur Porter, juste à la veille des élections fédérales.
    Deux enquêteurs de l’UPAC devaient apparemment identifier le corps, prendre des photos et des échantillons d’ADN.
    La famille devait rapatrier le corps au Québec, disait-on.
    On ne peut que constater que seule la mort d’un sans-abri de Montréal peut rivaliser avec le peu d’information qu’on a reçu de la part de Gesca- Radio-Canada.
    Même pas de drapeaux en berne à Ottawa, ni de vœux de sympathie à la famille de la part de son ami Philippe Couillard.
    Souhaitons qu’Arthur Porter n’a pas encore bluffé fidèlement à ses habitudes car il va penser que ses amis canadiens sont bien ingrat à son sujet.

    Mort d’Arthur Porter : les enquêteurs de l’UPAC ont vu le corps
    http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2015/07/06/001-arthur-porter-cusm-upac-enqueteurs-panama-morgue.shtml

  • François A. Lachapelle, 21 juillet 2015 14h04

    @ Marcel Haché, j’aime bien la finale de votre texte, je cite : « Mais nous devrions savoir que ce ne sont pas les seuls grands intérêts qui donnent aux peuples le supplément d’âme nécessaire à leurs libérations. »

    Dans cette recherche du "supplément d’âme" que le peuple du Québec devrait accomplir en toute urgence, il faut lire le texte intitulé " La dépossession tranquille " d’Éric PINEAULT.

    Ce texte parle de la lutte des classes entre le "nous" qui est le "classe moyenne" d’une part, et " l’élite ", le 1% dans une plaquette de 120 pages aux Éd Liberté en poche, plaquette intitulée : L’AUSTÉRITÉ AU TEMPS DE L’ABONDANCE. Quel beau titre !.

    Voici un extrait du texte d’Éric PINEAULT : « Nous assistons aujourd’hui à l’émergence des maîtres chez nous. (ndlr : ce 1%, cette élite n’est pas faite du même bois que leurs devanciers du temps de Jean Lesage en 1960 ) Ils croissent, grandissent en détruisant les bases politiques et économiques ( ndlr : faire reculer l’État et ses employés(ES) ) qui ont fait cette société, alors même qu’ils souhaitent à tout prix maintenir l’éthos et la culture économique de la classe moyenne (ndlr : le nous) : surconsommez (sic) ce que nous surproduisons, mais sans l’éthos de solidarité politique qui a rendu possible son élargissement dans le principe de l’intégration sociale.  » (p.112)

  • Gaston Carmichael, 21 juillet 2015 13h15

    « Avis à Gilles Duceppe, partant pour manger une autre volée… »

    Drôle de conclusion. Je ne vois pas trop le lien avec le texte qui le précède.

    Est-ce un simple souhait de votre part ?

  • Michel Charlebois, 21 juillet 2015 11h49

    On ne peut briser ce qui n’existe pas. Le Canada que les fédéraliste on en tête est un Canada de 10 provinces et des territoires. Depuis le rapatriement de la constitution en 1982, fait sans l’accord du Québec, ce Canada n’existe plus. C’est eux qui ont brisé le canada En se foutant du Québec, le Québec était inconséquent à leur existance et identité. En acceptant de rapatrier la constitution sans le consentement du Québec ils acceptaient de facto tout autre options, incluant la séparation du Québec.

  • Ouhgo, 21 juillet 2015 10h32

    M. Haché,

    Encore une fois, propos bien tourné.
    Aurions-nous osé mettre dans le même panier Marissal et GND ? Sans doute le fallait-il. L’heure étant à se serrer les coudes entre vrais patriotes. Contre le tir groupé de l’ennemi déclaré. Et Duceppe, qui insiste encore pour vanter le beau pays d’à côté, qui voit baisser sa cote, à qui vous osez aussi prédire une autre volée, il avait pourtant pris du mordant après le flip flop à la chefferie, mais il lui faudra évidemment souper quelques fois avec PKP.

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