«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Bonne et souveraine année 2009

Tribune libre de Vigile
mercredi 31 décembre 2008
668 visites 3 messages

2009, l’année du 250e anniversaire de la naissance du peuple distinct et
souverain du Québec

Vigile dans sa fenêtre de haut de page cite Charles de Gaulle :

« Après que [la Conquête] eût arraché de ce sol la souveraineté
inconsolable de la France, les ’Français canadiens’ sont convaincus
qu’après le siècle d’oppression qui suivit pour eux la conquête anglaise,
un second siècle écoulé sous le système défini par l’Acte de l’Amérique du
Nord britannique de 1867 ne leur a pas assuré, dans leur propre pays, la
liberté, l’égalité et la fraternité...
 »

Charles de Gaulle - juillet 1967

«  L’arrachement » de la « souveraineté inconsolable de la France » sur
le sol québécois s’est produit parce que le Souverain de France, Louis XV,
notre Souverain à l’époque où nous étions partie du peuple de France en
Nouvelle-France, a abdiqué son devoir premier qui consiste à protéger son
peuple de l’envahisseur. La Conquête de la partie du peuple de France en
Nouvelle-France que nous étions, a fait d’un peuple sans Souverain, un
peuple souverain, distinct du peuple de France et de tout autre, et ce, 30
ans avant la Révolution française et avant que le Souverain de France soit
déchu de son habilité à incarner la souveraineté du peuple de France.

Par la Cession de ses territoires en Amérique, Louis XV a abdiqué sa
souveraineté personnelle du peuple de France, mais pas la nôtre. Elle est
la nôtre depuis qu’il a refusé d’en être la personnelle et charnelle
incarnation en notre nom. Il n’a plus été en mesure d’incarner la
souveraineté de cette partie du peuple de France vivant en Nouvelle-France
dès lors qu’il nous abandonnait aux assauts d’un Empire concurrent et
conquérant.

Comme si un peuple pouvait être objet de Cession !?

La défaite des armées du Souverain de France, lancées contre nos avis dans
la bataille des Plaines d’Abraham le 13 septembre 1759, marque la naissance
du peuple souverain du Québec, un peuple orphelin de Souverain. Un peuple
dès lors souverain, contraint de vivre sous l’autorité d’occupation d’un
État conquérant qui s’impose depuis à lui sous divers états. Des États qui
se sont succédé sans jamais que le peuple souverain du Québec ne soit
nommément appelé à approuver les Actes qui les ont fondés, constitués et
gouvernés, et ce, de la Conquête et l’occupation militaire à l’État
unilatéral imposé d’autorité en 1982 par un rapatriement constitutif jamais
nommément soumis à l’approbation du peuple.

Les États passent, les peuples restent

Ce peuple orphelin, né dans la douleur et le sang versé le 13 septembre
1759 en tant que peuple souverain, vit depuis, hors l’État. Aucune
Constitution d’aucun État ne reconnaît ne serait que son existence en tant
que peuple démocratique, pacifiste et souverain. Réciproquement, aucun État
n’a été, n’est toujours, nommément et démocratiquement reconnu comme
existant et valide par le peuple démocratique et souverain du Québec. Et
pour cause, les États qui se sont succédé depuis l’occupation britannique
jusqu’au Canada unilatéral de 1982 qui a cours aujourd’hui, n’a ou n’aurait
pu obtenir l’assentiment ou l’adhésion à « majorité claire » du peuple
souverain du Québec. Ce peuple distinct de tout autre a refusé d’appartenir
à la Couronne britannique, refuse toujours d’appartenir à un État qui ne le
reconnaît pas comme existant, et refuse la souveraineté de l’État du Canada
sur son territoire.

Ce qui ne l’a jamais empêché et ne l’empêche toujours pas d’exister, ni de
se manifester comme existant et souverain. Il l’a fait et le fait toujours,
tous les jours, par sa culture et son histoire, par « ses parlers et ses
dires
 », celles et ceux qu’il crée ou dit pense ou chante chaque seconde
de chaque minute de chaque heure du temps qu’il passe, éveillé dans son
activité sociétale, culturelle, économique et politique. Il le fait à
travers ses réalisations, celles de ses mères et pères, frères et soeurs,
cousins cousines, anciens et nouveaux arrivants, celles des ouvriers et
ouvrières, celles de ses élites, celles de ses artistes, et ce, depuis 400

ans en tant que partie du peuple de France et depuis 250 ans en tant que
peuple distinct du peuple de France, en tant que peuple souverain du
Québec.

Le Conquérant fédéré dans son appartenance fière à la Couronne de ses
Souverains et Souveraines, même éclairé qu’il était par les lumières de la
Civilisation qu’il prétendît défendre et illustrer là où le soleil ne se
couchait jamais, ou par l’avis de ses meilleurs conseillers, Lord Durham en
tête, n’a jamais compris qu’un peuple pouvait exister et vivre, souverain,
hors l’État, hors l’adhésion à l’État de leurs Souverains. Ce peuple sous
tutelle, supposé « sans culture et sans histoire » devait périr et
s’assimiler à l’État de leurs Souverains, et renoncer à son sentiment
d’être.

Cela n’a jamais été le cas. Ce peuple a fait mentir l’Histoire, pour peu
que l’Histoire soit bien celle qu’a voulu penser et influencer ces tuteurs
canadianisateurs et assimilateurs. En refusant obstinément d’appeler le
peuple souverain du Québec à adhérer à cet État du Canada qui se dit
démocratique alors qu’il s’est toujours imposé, qu’il s’impose toujours
d’autorité, ces autorités politiques et intellectuelles pensent pouvoir
s’imposer indéfiniment sans même que le peuple souverain ne soit appelé à
le valider en toute légitimité. Cette illégitimité foncière du Canada est
sa honte, une honte qui le pousse dans ses derniers retranchements quand il
ne s’abstient pas de s’avilir en proférant des menaces de représailles
économiques, culturelles, sociétales et politiques, sous la houlette
d’activistes jusqu’auboutistes aveugles et sourds.

Ce 250e anniversaire de la naissance de ce peuple distinct et souverain du
Québec, pourrait être l’occasion de manifester cette souveraine existence
en forgeant un projet souverainiste fondé sur le peuple souverain tel que
seul capable de fonder un État valide, exigeant désormais que tous les
États, quels qu’ils soient, doivent nommément soumettre à l’approbation du
peuple démocratique et souverain, l’Acte qui les fonde, les constitue et
les gouverne. Sans cette approbation, tout État prétendant gouverner à bon
droit le peuple souverain du Québec serait tenu pour ce qu’il est, inabouti
et invalide.

Ne reste qu’à appeler un jour, le moment venu, le peuple souverain du
Québec à se prononcer à cet égard. Un tel appel démocratiquement endossé
par le peuple souverain du Québec opère un renversement paradigmatique dans
l’état actuel des choses qui place l’État du Canada et ses autorités
illégitimes, au dessus du peuple, alors que l’État valide ne peut qu’émaner
du peuple et lui être soumis en droit. Ce qui n’est pas le cas dans l’État
actuel du Canada. Seule notre incurie à cet égard permet que le Canada
puisse s’imposer d’autorité sans recevoir la sanction du peuple, imposant
ce faisant un statu quo de blocage délétère et avilissant, tout autant pour
le peuple souverain du Canada que pour le peuple souverain du Québec.

Cet appel rétablit la réciprocité et l’équité entre les peuples
démocratiques, pacifistes et souverains du Québec et du Canada. Si l’État
démocratique du peuple souverain du Québec ne peut advenir démocratiquement
que nommément validé par le peuple souverain, l’État du Canada ne saurait
s’imposer que dans pareil avènement. Ce qui n’est pas le cas, et n’a jamais
été le cas. Et pour cause, l’État actuel du Canada aurait été, est et sera
rejeté par le peuple souverain du Québec. Si le Canada avait pu obtenir son
adhésion, il n’aurait pas manqué de la solliciter, il ne l’a jamais fait !
Et pour cause, le Canada actuel était et est toujours majoritairement
rejeté par le peuple souverain du Québec. C’est la honte refoulée du
Canada.

Ce défaut, cette absence de claire adhésion au Canada permettent
d’entretenir une funeste illusion. Celle qui nous fait croire que le Canada
est bel et bien validé par les élections auxquelles nous participons à bon
droit. Cette illusion place l’État en lui-même au dessus du peuple puisque
le peuple n’est appelé qu’à choisir le gouvernement de l’État et non appelé
à choisir l’État qui gouverne le gouvernement. Cette illusion nous fait
croire que nous vivons dans un État démocratique et légitime. Certes il
impose la légalité, il n’en tient qu’à nous le peuple souverain de lui
imposer notre légitimité en dénonçant nommément dans l’État, sa propre
illégitimité. Cette supposée légalité n’est qu’un leurre. Cet État n’est
pas le nôtre, il est le leur, et ils font comme s’il était le nôtre alors
même qu’ils savent bien que jamais nous ne l’aurions fait, ne le ferions
nôtre si d’aventure la question nous avait été ou nous était posée. Ce
défaut de légitimité impose aux uns ce à quoi se refusent les autres, et
ce, en toute asymétrie et iniquité.

Le Canada, un pays inabouti

Cette démocratie inaboutie n’a jamais pu s’affranchir ni de son passé ni
de son passif impérial et autocratique. L’État du Canada n’a jamais été
fondé par et pour le peuple du Canada, pas plus que par et pour le peuple
du Québec. Sa fondation est sans cesse reportée par notre incurie à
l’invalider. Son affranchissement s’effondre dans le refus du peuple du
Québec d’y adhérer.

La particularité de notre situation de peuple sans État, nous fait refuser
l’État toujours hors l’État. Le refus de cet État-là, comme le peuple qui
le refuse, se vit hors l’État, dans le vide constitutif du refus d’appeler
le peuple à se prononcer à son égard et dans le vide dans lequel nous
plonge l’absence des souverainistes sur ce terrain du refus de l’État dans
l’État. Que l’Assemblée nationale se prononce n’est que l’avis d’une
composante d’un État invalide. Même les souverainistes s’abstiennent
d’appeler le peuple à se prononcer dans une institution de l’État validée
nommément, précisément et directement par lui, et à incarner nommément dans
l’État ce refus de l’État du Canada. L’imminence de l’avènement de l’État
souverain a un temps justifié cette incurie. La perte de l’imminence
pourrait changer la donne à cet égard. Nous avons maintenant du temps pour
établir les bases que l’État du peuple souverain sur celles de
l’invalidation de l’État actuel du Canada.

PQ, QS et PI : la crise de l’unité
souverainiste

L’indépendance passerait par l’éclatement du PQ ? Vraiment
 ?

De la perte de l’imminence - Tribune libre de Vigile – 2008 11
23

Puisse cette 250e année d’anniversaire de la naissance du peuple distinct
et souverain du Québec ouvrir la porte de cette voie d’accès qui est à
notre portée et qui ferait s’incarner dans l’État la démocratique et
souveraine volonté du peuple du Québec : vivre dans un État valide qui
émane de lui, et à défaut, incarner dans l’État son refus de vivre dans un
État invalidé par ce refus d’adhésion.

Bonne et souveraine année 2009

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

Commentaires

  • Luc Archambault, 1er janvier 2009 22h07

    @ M. Gaston Boivin

    Si je peux me permettre, vous prenez à parti M. ou Mme L.P. qui selon vous s’en est pris à ses « frères et soeurs de cause, qui osent parfois remettre en question la béatitude péquiste... » dans le mot qu’il m’adressait en appui à ma démarche.

    Vous touchez là un point sensible, l’unité souverainiste, celle qui me tient à coeur et qui semble aussi vous préoccuper. Or, il se trouve que nous avons assisté récemment dans Vigile à une opposition parfois farouche entre ce que vous appelez les « critiques » du PQ et ceux qui appelaient plutôt à l’unité sous cette bannière. C’est aux « critiques » du PQ que s’adresse M. ou Mme L. P. Vous lui dites qu’il n’aurait pas dû s’en prendre à elles et à eux, cela, au nom de l’unité.

    Le problème c’est que ce que vous appelez des « critiques » était plutôt bien davantage que des « critiques » dans le sens constructif que vous semblez leur accorder. Au nom d’un supposé pur et dur indépendantisme, on a plutôt cherché à faire du maraudage systématique en invitant les souverainistes à déserter les rangs du PQ pour se joindre à un parti concurrent, le PI-Parti indépendantiste. Celui-là devait du seul fait de son élection majoritaire provoquer l’accession à la souveraineté de l’État. On est loin de la « critique » constructive. Il s’est plutôt agi d’enfoncer le PQ, systématiquement pendant des mois, pour lui substituer un autre parti, plus ceci, plus cela. Je ne recommencerai pas ici le débat, mais il ne faudrait pas non plus faire comme s’il n’avait jamais existé. D’autant que, malgré la discrétion actuelle de tels promoteurs suite aux résultats électoraux du PI ( 13 centième de 1% des voix ), rien ne permet de croire que cette question soit définitivement réglée. Du reste, votre intervention me semble contribuer à tel résurgence.

    Profitons-en pour tenter de contribuer à la résolution du problème de l’unité souverainiste. Il y a plusieurs manières de la faire, à l’intérieur ou pas d’un seul parti indépendantiste. Il est trop tard pour la faire à l’intérieur du seul PQ. QS et l’élection du député Khadir, montrent bien qu’il nous faudra tôt ou tard remettre sur le métier notre ouvrage. En attendant, compte-tenu de la discrétion des PIiste, on ne sait pas encore trop ce qui se passe de ce côté. Votre commentaire serait l’expression d’une partie de ce qui couve toujours sous les braises. Celui de Madame Moreno en serait un autre ( Le pays inabouti et sa suite Réplique à "Le pays inabouti" de Caroline Moreno
    Reprendre le flambeau !
    ). De votre côté, un appel à l’unité, du sien, une invitation à rendre les armes. Qui dit mieux !

    Cette querelle n’est pas terminée, du moins les blessures des uns et des autres ne sont encore pas refermées. Le seraient-elles parce qu’on s’abstiendrait d’y faire référence comme l’a fait M. ou Mme L. P., comme vous souhaitez qu’il le fit ? Je ne crois pas. Votre réaction le prouve.

    Il se trouve que nous sommes divisés, du moins nous semblons l’être encore. Il y aurait d’une part les souverainistes « critiques » ( entre gros guillemets ) qui ont attaqué le PQ, et d’autre part les Péquistes qui auraient maintenant le tort d’attaquer celles et ceux qui les ont attaqués, et qui ne le devraient pas, d’après vous. Sur cette lancée, on pourra s’invectiver longtemps en vain. « C’est lui qui a commencé », « celui qui le dit c’est lui qui l’est »...

    D’après ce que je crois comprendre de ce que vous dites, vous auriez été sensibles aux « critiques » et à leurs arguments, mais vous vous seriez malgré tout rallié au PQ. Ainsi, vous seriez un véritable « critique ». Vous les exprimez, vous appuyez celles et ceux qui les expriment, mais vous êtes aussi sensible aux arguments de celles et ceux qui prônent le ralliement. Votre dernière contribution dans Vigile datée du 9 décembre dernier en témoigne Certains constats qui se dégagent des résultats du scrutin d’hier

    Ce qui me fait mal comprendre pourquoi vous vous en prenez à M. ou Mme L. P. qui s’en prenait aux « aux extrémistes qui jouent les champions de la souveraineté ». Celles et ceux qui voulaient nous détourner du PQ. Vous n’êtes pourtant pas de ceux-là ! ?

    Faudrait-il sous prétexte d’unité, cesser de vouloir contrer cette mouvance divisionniste ? Vous auriez perçu là une manière d’encouragement qui serait tout le contraire de « cesser » les « querelles bysantines ». Vous voudriez qu’on passe l’éponge et qu’on oublie que dans Vigile, sur le terrain, notre division nous aurait nui. Comme vous le dites dans votre analyse des résultats de l’élection du 8 décembre dernier et qui a fait élire des députés du PLQ parce que QS a ravi des votes au PQ.

    « Dans Dubuc, le candidat libéral l’a emporté sur le candidat péquiste par 431 votes alors que Québec Solidaire en a récolté 708 ; dans Châteauguay, le libéral l’a emporté sur le péquiste par 451 votes alors que Q.S. en a récolté 677 (et le P.I. 215) ; dans Laurier-Dorion, le libéral l’a emporté par 2068 votes sur le péquiste alors que Q.S. y a récolté 2963 votes ; finalement, dans Vanier, le libéral a battu le péquiste par 478 votes alors que Q.S. en a récolté 931. Au surplus, dans Mercier, Khadir de Q.S. a battu le péquiste Turp par quelques centaines de votes. Tant et si bien que sans Q.S., nous aurions eu un gouvernement libéral minoritaire dans une assemblée nationale ainsi composée : 62 libéraux ; 56 péquistes et 7 adéquistes »

    Certains constats qui se dégagent des résultats du scrutin d’hier Gaston Boivin - Tribune libre de Vigile 2008 12 09

    Vous appelez à l’unité sous la bannière du PQ, fort bien ( quoique... ) Ce que je crois comprendre de ce que m’écrit M. ou Mme L. P., me semble être tout à fait similaire. Il faut donc être vigilant et combattre ce qui divise nos forces, combattre une certaine manière d’exposer des idées qui nous divise, il faudra trouver le moyen de s’unir pour les combattre, autant celles qui émanent de nos adversaires que celles qu’endossent certains des nôtres.

    Si les souverainistes se divisent dans deux ou plusieurs partis, voire trois, si le PI survit à sa déconfiture électorale, il faudra qu’ils cessent les tirs amis. Il faudra qu’ils cessent de faire du maraudage, il faudra qu’ils cessent leurs attaques entre partis amis. Il faudra de plus fonder une Union électorale des partis souverainistes afin que la division du vote souverainiste ne permette plus d’élire des députés fédéralistes du PLQ, comme vous l’avez si bien démontré.

    Personnellement je crois qu’il faut prendre acte d’un multipartisme souverainiste. PQ et QS, voire PI et ADQ. Cela me semble être prometteur pour la suite des choses. Mais on pourra toujours continuer à se combattre en prônant comme vous le faites le seul ralliement sous la bannière du PQ. Si ce Plan A fonctionne, tant mieux. Mais s’il ne fonctionne pas, il faudrait un Plan B. Ce Plan B serait la constitution d’une Union souverainiste, formelle ou électorale, comme j’ai tenté d’en exposer les termes dans différentes contributions.

    Vigile - 2008 12 11- Élections précipitées-Québec-2008

    Vigile - 2008 11 26 - Appel au ralliement des souverainistes

    Vigile - 2008 11 23 - PQ, QS et PI : la crise de l’unité souverainiste

    Vigile - 2008 11 02 - Espérer un gain : choisir le court terme ou le long terme

    Vigile - 2008 10 24 - Il faut sauver le soldat "P.I."


    Le Plan A

    vous dites que vous rêvez « du jour où les francophones dans la majorité de leurs circonscriptions voteront entre 60% et 80% pour le P.Q. au provincial et le B.Q. au fédéral comme le fait la communauté anglophone pour le parti libéral dans la majorité de leurs circonscriptions tant au provincial qu’au fédéral. »

    En fait, les anglophones sont au Québec en perpétuelle campagne référendaire, et nous les francophones, nous sommes en perpétuelle élection, même quand nous sommes en campagne référendaire. Le dernier référendum a été en partie perdu parce qu’il a été en somme une campagne électorale contre le PQ et son bilan... Le souverainisme bat de l’aile quand les politiques du PQ sont contestées comme dans le cas des fusions forcées. Les canadianisateurs ont compris qu’en tablant sur le bilan du PQ, d’un seul parti, on pouvait faire d’un référendum une élection pour les francophones et des élections, un référendum pour les anglophones. Ce pourquoi Jean Charest s’est affairé à déclencher des élections précipitées pour enfoncer l’ADQ en profitant de sa faiblesse circonstancielle. Ainsi, il rétablit un bipartisme où le seul PQ peut représenter l’adversaire à abattre, le PQ souverainiste, donc le souverainisme.

    Dans ce contexte, le souverainisme sera toujours hypothéqué par le bilan présent ou supposé des gouvernements du PQ.

    Le Plan B

    Éliminer ce handicap en faisant d’une Union de partis souverainistes un regroupement de gouvernement majoritaire. Comme l’est la coalition fédérale anticonservatrice PLC - NPD et Bloc. Malgré son échec, c’est bel et bien cette coalition qui est l’événement politique de l’année 2008.

    Le Devoir - PC - 2008 12 31 La coalition fédérale aura marqué 2008

    Manon Cornellier La revanche du perdant .

    Et pour cause... Cette coalition constitue un renversement paradigmatique sans précédent. Elle impose un type de gouvernement en rupture d’avec les Institutions du bipartisme qui favorise les pouvoirs occultes qui n’ont que deux partis à s’acheter les faveurs et qui facilite la tâche des ces pouvoirs de couloirs parlementaires. Une coalition largement approuvée par les Québécois. Par conséquent, largement réprouvée par les canadianisateurs. Et pour cause, ce renversement paradigmatique appliqué au Québec changerait la donne de manière radicale, confinant le PLQ à la marge minoritaire qui serait son lot. Une catastrophe. Aussi, on s’est vite rendu compte qu’il faudrait trouver autre chose pour battre les Conservateurs. Ignatieff semble être la panacée canadianisatrice... on verra... Entretemps, autant en profiter... pour mettre au point un Plan B...

    Ce Plan B consiste à nous rassembler dans l’Union. Si certains désirent ressusciter le PI, s’ils s’y sentent à l’aise, qu’il crée une mouvance où l’on pourra faire valoir le bien fondé de la souveraineté de l’État, comme on nous a dit qu’ils et elles feraient. Cela, en cessant les attaques contre le PQ, comme QS l’a fait. QS s’est taillé une place en faisant valoir ses idées, pas en attaquant sans cesse le PQ. Le PI aurait pu faire de même, et pourra toujours le faire. Ce qui aurait l’immense avantage de voir cesser les querelles, ici, dans Vigile et ailleurs sur le terrain, parce que nous cesserions de fonder nos fortunes électorales respectives sur le maraudage et l’attaque du PQ. Il y a moyen de parler de souveraineté sans attaquer le PQ. NON ? Il y a moyen de faire valoir des idées différentes sans nous diviser. Seule une Union souverainiste nous permettrait de le faire cependant. Elle existe de facto entre QS et le PQ, qui ne s’attaquent mutuellement que très peu. Reste à formaliser ce pacte de non-agression.

    Reste... à faire tout ce qu’il faut pour faire l’union souverainiste que vous appelez comme moi de vos voeux. Il ne suffit pas pour ce faire que le PQ réponde en tout point à ce que tout un chacun désire qu’il soit et qu’il le soit de la manière exacte et précise qui convient à tout un chacun. Cela ne pourra jamais advenir.

    En espérant avoir contribué au pansement de nos plaies. Oui les temps sont difficiles, mais contrairement à vous, je ne crois pas qu’il y ait là plus d’entraves qu’en d’autres temps. Le mondialisme qui vous fait craindre la démobilisation des jeunes générations n’est qu’un tir de long feu dont la fumée disparait à la faveur d’une crise qui prouve la faillite de l’idéologie du désengagement et la désuétude de l’État. La dispersion politique peut être aussi un atout. Le multipartisme peut encourager l’implication politique proportionnelle que décourage un bipartisme convenu. Bref, rien n’est gagné, mais tout n’est pas perdu, loin de là.

  • Gaston Boivin, 1er janvier 2009 17h53

    Monsieur ou madame L.P.(puisque je ne puis, selon votre propre volonté, vous nommer autrement), il me semble, qu’hormis vos bons souhaits à l’égard de monsieur Archambault, vous commencez bien mal l’année en vous en prenant ainsi à vos frères et soeurs de cause ,qui osent parfois remettre en question la béatitude péquiste, même si beaucoup d’entre eux et d’elles, en temps opportun, votent encore pour ce parti qui refuse en ses rangs la véritable critique et le véritable débat, et ce parce qu’ils n’ont pas le choix puisque c’est encore le seul parti en mesure de faire obstacles aux abuseurs de notre état nation et à ceux qui souhaitent sa domestication permenente à l’état canadien et qui, pour cela, comme monsieur Charest et ses semblables sont prêts à hypothéquer à tout jamais ses pouvoirs , sa dignité et sa liberté.

    Il me semble qu’en ce début d’année, il serait à souhaiter que les gens qui désirent l’avènement de notre pays puissent trouver le moyen, pour atteindre leur objectif, de cesser leurs querelles bysantines et puissent trouver celui de se parler et de se regrouper sans s’accuser et se considérer comme des frères et soeurs ennemis. Il faut trouver le moyen de refaire l’union de toutes nos forces dispersées, de préférence dans le P.Q., mais encore faut-il que le P.Q. accepte la critique et le débat et qu’il ne s’écarte plus de sa vocation première , celle de mener notre état-nation dans le concert des états-nations reconnues.

    Ä l’heure des échecs répétés, à l’heure où le découragement, sinon le désespoir atteint, non sans raison ,certains et certaines, il nous faut non pas s’ostraciser les uns, les autres, mais s’encourager et, ensemble, affronter l’adversité pour finalement la vaincre.

    Les temps sont difficiles ! Certes, notre peuple, jadis compté pour agonisant dans les moments pénibles du passé, a toujours su retrouver de nouvelles énergies pour revivre, et, avec la révolution tranquille, pour grandir, Mais notre situation actuelle est hors proportion et mesure avec ce que nous avons connu par le passé : Si avec la révolution tranquille, notre peuple avait grandi ; avec la désinformation pratiquée par le pouvoir des forces fédéralistes depuis une vingtaine d’années et leur tentative depuis le même temps de reconstruire notre identité en manipulant notre système d’éducation, notamment au niveau de l’histoire, et en cherchant à euthanasier la perception de notre existence comme entité distincte, en cherchant en quelque sorte à brouiller les repères qui nous permettaient d’exister comme peuple distinct (Voir à ce propos l’excellent texte de mosieur Sénéchal que nous a récemment fait connaître monsieur Bluteau dans un texte paru ces derniers jours en tribune libre de Vigile et qui, malheureusement n’a pas semblé susciter l’intérêt qu’il méritait), notre situation a évolué négativement pour régresser, de telle sorte que si nous avons actuellement une population plus instruite, nous en avons néammoins une partie moins consciente de son existence propre comme entité distincte et qui semble, pour une bonne part, carburer à un universalisme dont elle s’exclue comme entité propre, tant et si bien qu’elle ne peut globalement chercher à protéger cette entité, ses désirs de protection se tournant plutôt vers la nature et la planète, ses vues ayant la prétention d’être mondiales, ayant été conditionnée par son éducation et la désinformation identitaire à trouver mesquine sinon raciste la prétention de leurs pairs d’exister comme groupe collectif distinct. C’est comme si l’on avait réussi à couper la courroie de transmission entre les générations qui ont amorcé et transporté la révolution tranquille et celles qui l’ont suivie : À cet égard, le Québec d’aujourd’hui m’apparaît pire que celui d’avant révolution tranquille, car il est confronté, en ce qui concerne l’existence de notre état-nation, à des problèmes aussi sinon plus difficiles que ceux d’avant révolution tranquille, alors que, contrairement aux gens d’avant révolution tranquille qui, eux, avaient collectivent conscience de leur existence comme groupe distinct, une partie non négligeable de se habitants actuels (qui a tendance à s’accroître à coup de nouvelles générations) n’ont pas, collectivement, cette conscience. Comment alors solutionner des problèmes qui, pour une une bonne partie de la collectivité, n’existent pas car elle n’en a pas pas conscience.

    Voilà ce qui, en partie, explique le pessimisme de certains et certaines parmis les plus ardents promotteurs de l’avènement du pays. Voilà pourquoi il faut regrouper nos forces dans l’union sacrée, se réveiller et imaginer des moyens d’inverser le processus de la désintégration de notre état-nation déjà entamé. Voilà pouquoi ,il faut faire en sorte que, collectivement, les francophones du Québec , aient conscience que le sort qui sera réservé à leur communauté dépend de la conscience des problèmes que celle-ci a et aura à surmonter et des moyens qu’elle prendra pour y arriver, et qu’a cette fin, elle soit aussi unie et imaginative dans l’action que ne l’est actuellement la communauté anglophone du Québec pour surmonter les problèmes qui assaillent leur propre communauté face à leur destinée et à son essor. Je rêve du jour où les francophones dans la majorité de leurs circonscriptions voteront entre 60% et 80% pour le P.Q. au provincial et le B.Q. au fédéral comme le font la communauté anglophone pour le parti libéral dans la majorité de leurs circonsciptions tant au provincial qu’au fédéral.

  • 31 décembre 2008 13h13

    Je voudrais vous féliciter pour la justesse et la fierté de vos articles en 2008 et vous souhaiter de continuer votre éducation auprès des lecteurs. Contrairement aux extrémistes qui jouent les champions de la souveraineté ici et maintenant - tel le hamas en Palestine qui foue tout par terre dès que les négotiations entre les 2 peuples semblent aboutir et relèguent aux calendes grecques le retour du pays - vous tenez des propos intelligibles et constants qui nous mènent progressivement vers le pays que la nation québécoise attend et espère. Je vous souhaite une excellente année et du succès et de la santé pour continuer votre travail.

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  • 16/06 Marc Labelle: 50 $
  • 16/06 Les Amis de Vigile : 350$
  • 16/06 Jacques Bergeron: 100$
  • 16/06 PeeWee Troodeau: 100$
  • 15/06 Réal Coutu : 50$
  • 15/06 Serge Labossiere: 100$
  • 12/06 Michel Pauzé: 25$

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Merci beaucoup!

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