«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Choquant !

Bilingue vous dites ?

On prône l’assimilation

Tribune libre de Vigile
samedi 28 novembre 2015
1 839 visites 3 messages

Oh la la ! À chaque fois que je lis un article ou que j’entends des débats sur le bilinguisme au Canada, excusez-moi, je m’esclaffe à gorge déployée. Rien de moins. Ou bien les gens n’ont pas conscience de la réalité culturelle qui prévaut présentement au Canada ou ils sont dingues.

Notre province voisine, au moins, a l’honnêteté de divulguer clairement certaines vérités. En effet, l’Ontario invite les francophones à demeurer en territoire ontarien mais prévient que le respect de la langue française n’est pas du tout le sport le plus populaire. On dit que Canada est un pays officiellement bilingue (français - anglais). Cependant, ce fait ne signifie pas que l’on trouvera des services en français partout au Canada.

Trop souvent, les nouveaux arrivants francophones croient qu’on pourra les servir en français tant dans le secteur public que dans le secteur privé. Ils arrivent au Canada (dans une province autre que le Québec) et se rendent compte que les services en français se font plutôt rares et que, par conséquent, ils devront nécessairement apprendre l’anglais. ( Oups ! On parle d’assimilation entière ici ).

Cependant, il est important de signaler que ces services ne sont pas toujours disponibles en français de façon égale à travers la province. De plus, il faudrait aussi être au courant du fait que l’engagement gouvernemental de fournir des services en français est différent à chaque niveau : fédéral, provincial, municipal.

Voyons dans le paragraphe suivant comment est perçue la langue française dans leur milieu :

En Ontario, par exemple, le contexte social, idéologique et pratique exige une maîtrise de l’anglais et l’idéal est de comprendre l’anglais, de l’écrire et de le parler comme les anglophones. En même temps, on tolère le baragouinage en français. La pratique quotidienne démontre amplement que la langue française, celle des Franco-Ontariens, souvent restreinte à la sphère privée et réservée à l’école et à la famille, est dévalorisée par rapport à l’anglais, langue publique et mondiale. La langue française et la culture canadienne-française sont des valeurs dominantes si elles sont rattachées à la connaissance et à la maîtrise de l’anglais. La francité est alors légitimée par le bilinguisme ; elle n’est pas en elle-même une valeur fondamentale.

Je ne sais pas si vous pensez comme moi mais cela est choquant et avilissant. On prône clairement encore une fois l’assimilation du francophone vers la langue anglaise.

Le Franco-Ontarien est francophone, mais il est un francophone bilingue ; il fréquente l’école de langue française, mais elle est bilingue ; l’écriteau présente un texte en français, mais il est accompagné d’une version anglaise. Le français a rarement droit de cité par lui-même. Pour plusieurs Franco-Ontariens, la réalité s’appréhende et s’exprime par l’anglais avant d’être traduite en français ; d’ailleurs, en Ontario, le français est très souvent une langue de traduction qui a comme point de départ l’anglais. Dans la culture bilingue des Franco-Ontariens, la francité est liée et subordonnée au bilinguisme, comme elle était liée et subordonnée à la religion catholique à l’époque de la culture religieuse des Canadiens français.

Comme vous le savez tous, l’état de bilinguisme ne peut exister bien longtemps. Si deux Ontariens parlent deux langues, on va en choisir une et mettre l’autre de côté. Avec le temps, devinez laquelle se discartée ?

Mais au fond, c’est vrai que le Canada est bilingue. À Vancouver on parle l’anglais et le mandarin, dans l’ouest canadien on parle l’anglais et…l’anglais. Puis au Nouveau Brunswick on parle le bilingue.

Le vrai bilinguisme est-il uniquement pour les Québécois ?

Qui a dit que le Canada n’est pas bilingue ?

Commentaires

  • Michel Guay, 1er décembre 2015 08h19

    Le jour ou les Québecois refuseront de parler anglais au Québec ce sera le jour ou nous réaliserons notre INDÉPENDANCE .
    Une deuxième langue c’est pour usage extérieur et la première langue des Amériques pour 90% des pays c’est l’espagnol et non l’anglais .
    En parlant anglais au Québec les québécois se suicident par manque d’intelligence .

    Michel Guay

  • Richard Lemieux, 28 novembre 2015 17h32

    M. Beaumont. Vous soulevez une question très pertinente.

    1) Mise à part l’affichage dans les institutions fédérales, le Canada n’est pas du tout un pays bilingue. Un ami japonais que j’ai connu en Chine et qui doit approcher les 70 ans maintenant et qui a fait son doctorat à Guelph en Chimie m’a dit qu’il trouvait bizarre que personne ne veut même entendre parler français au Canada sauf au Québec. J’ai été en formation en Nouvelle-Ecosse et la seule personne qui a fait un effort quelconque pour me dire quelques mots en français durant les trois semaines du cours était un officier des Garde-Côte américains.

    2) Au Québec sur l’ile de Montréal, le français avait fait une percée jusque vers les années 1998. Depuis, le français régresse et plus vite encore quand les libéraux provinciaux sont au pouvoir. Je pense que la plupart des Québécois évitent Montréal et particulièrement l’ouest, et ils ne réalisent pas vraiment qu’il ne leur reste plus beaucoup de décennies avant que le français fasse partie du folklore. Je ne connais pas de néo-québecois dans mon entourage qui utilise le français pour socialiser. J’ai engagé la conversation avec un jeune couple de chinois. Le jeune homme travaillait depuis peu chez CAE Electronique (contracteur en simulateurs de toutes sortes) et il se plaignait que se confrères parlaient français entre eux. Il voulait acheter une maison et s’informait des quartiers où il n’y avait pas de français. Un peu agacé, je lui ai suggéré qu’il serait plus heureux à Toronto.

    3) En ce qui me concerne, tout ce que je lis, ou à peu près. est en anglais américain. Donc s’il faut que le Québec devienne anglophone, j’aimerais que le Québec devienne un état américain. En français ou en anglais je ne me sens pas d’attirance pour le Canada anglais.

    Voilà comment je résous ce grand dilemme.

  • André Gignac, 28 novembre 2015 14h30

    Monsieur Beaumont

    Le bilinguisme, c’est la dernière phase avant l’assimilation d’un peuple, qu’on se le dise au Québec. Des pays bilingues ça n’existe pas, c’est une grosse utopie. Une question pour vous : quelle langue parlent deux personnes bilingues entre elles ? Au Canada, ils se parlent en anglais, même ici au Québec, l’assimilation faisant son oeuvre.

    André Gignac 28/11/15

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