«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Benoît Pelletier s’égare en publicité du 150e du Canada

Un ex-ministre libéral tombe en bas de sa chaire d’universitaire

Tribune libre de Vigile
mercredi 12 juillet
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Six chapitre composent ce texte :

⦁ En 2017, que fêter : le 254e, le 150e ou le 86e du Canada ?
⦁ Le 150e du Canada en 2017 relève de la numérologie…
⦁ Retour sur le titre : “ La spécificité du Québec est un atout pour le Canada “.
⦁ La spécificité du Canada est-elle un atout pour le Québec ?
⦁ Quels atouts le Québec peut-il tirer de la fédération canadienne ?
⦁ Cour suprême, Renvoi de 1981 re le rapatriement :…

En 2017, que fêter : le 254e, le 150e ou le 86e du Canada ?

Le présent commentaire porte sur le texte de Benoît Pelletier qui paraît dans la page IDÉES du quotidien LE DEVOIR du 30 juin 2017, intitulé : “ La spécificité du Québec est un atout pour le Canada “. L’universitaire Benoît Pelletier mue en publicitaire pour souligner le 150ième du Canada, mais quel 150ième ? Au lieu d’un beau plat santé, cet universitaire nous sert du manger mou nommé propagande.

En 2017, le Canada ne fête pas ses 150 ans de pays souverain. Il fête ses 86 ans de souveraineté depuis 1931. Pelletier en parle très discrètement, je cite : « De plus, bien que le Statut de Westminster de 1931 eût accordé à l’État canadien sa souveraineté étatique,… » Donc, avant 1931, le Canada ne possédait pas de souveraineté étatique.
Il était une colonie de la Grande-Bretagne. Il faut se rappeler la définition du mot “colonie” : territoire occupé et administré par une puissance étrangère ( dict. reverso.net ) Alors, fêtons en 2017 le 86ième du Canada souverain mais encore monarchique.

Au juste en 2017, quel anniversaire les Québécois peuvent-ils fêter dans la sphère politique ? Quand on parle d’anniversaires, on parle habituellement de moments personnellement significatifs. Pour plusieurs Québécois, le mot Canada est synonyme de flouage politique…, le Québec étant toujours traité comme une colonie d’Ottawa et du Canada-anglais. Sauf erreur, le mot province signifie “pays vaincu”.

Dans le cas du Québec et du Canada en 2017, on n’est pas chiche en souvenirs. On fête le 254e anniversaire du traité de Paris de 1763. Par ce traité, la France cède officiellement la Nouvelle-France à l’Angleterre. On fête aussi le 150e anniversaire de l’union politique de 4 colonies anglaises de l’Amérique du Nord : le Canada uni qui inclut le Québec, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard. Bientôt, cette union est stratégique pour contrer la forte expansion des 13 colonies de la Nouvelle-Angleterre vers l’ouest du continent jusqu’à l’océan Pacifique. Les futurs États-Unis pouvaient occuper de vitesse l’actuel ouest canadien par les armes comme ils se sont appropriés une partie du nord du Mexique.

En 1867 comme en 1982, la fabrication du Canada est accomplie par une oligarchie. La démocratie n’est pas une valeur pour cette oligarchie, ni un passage obligé. Tout est réglé par cette oligarchie compromise avec la haute finance au-dessus de la population. Voici ce qu’écrit Gilbert Paquette dans Le Devoir du 6 juillet 2017 en page A 7, je cite : «  En 1867, le Canada fut au départ un arrangement entre financiers pour le développement des chemins de fer « from coast to coast ». Pour ce faire, il fallait « unir » les colonies britanniques au nord des États-Unis. »

Le 150e du Canada en 2017 relève de la numérologie plus que du fait historique

Le 150e du Canada en 2017 est un amalgame de dépendance et de souveraineté. Le 150e contient une partie de 64 ans de dépendance, 1867 à 1931, où le Canada est une colonie de l’Angleterre, soit 40% du temps.

En 2017, c’est le 86ième anniversaire du Canada comme État souverain qu’on souligne soit de 1931 à 2017. Le choix du chiffre “150” relève davantage de la numérologie que de l’histoire. Et l’histoire du Canada est modifiée au gré des besoins idéologiques de pouvoir central d’Ottawa.

Retour sur le titre : “ La spécificité du Québec est un atout pour le Canada “.

Le Québec dans le Canada est bon pour le Canada comme nous dit Pelletier, Mais, est-ce bon pour le Québec ? C’est là que la camisole de force centralisatrice fédéraliste d’Ottawa étouffe le Québec parce que le Gouvernement du Québec n’est pas maître chez lui, qu’il n’a pas le dernier mot de ses politiques.

De plus, l’auteur Pelletier prétend que la fédération du Canada est un atout pour le Québec. Voici la dernière phrase de son texte qui exprime cette thèse, je cite : «  Mais il comporte aussi de nombreux avantages, dont celui de partager des valeurs, principes et ressources avec un groupe humain animé par la recherche du plus grand dénominateur commun.  »

Parmi les “nombreux avantages” d’appartenir au Canada, le Québec peut compter sur la multiculturalisme pour noyer sa culture parmi les dizaines de cultures issues de l’immigration. Ces différentes communautés culturelles partout au Canada sont largement subventionnées par Ottawa. Les impôts du Québec contribuent à l’assimilation du Québec.

Pour ce qui est des valeurs communes du Québec et du Canada, le Québec est impuissant devant une fédération centralisatrice qui peut envahir à son aise toutes les compétences constitutionnelles du Québec. Pour ce qui est des ressources à mettre en commun, le Québec peut compter sur le mélange explosif de chemin de fer et de pétrole lourd des sables bitumineux si cher au Canada. Justement, le 6 juillet 2017 était le 4e anniversaire du déraillement de 69 wagons de pétrole lourd de l’Alberta en plein coeur de la ville de Lac-Mégantic. Merci Canada.

La spécificité du Canada est-elle un atout pour le Québec ?

Je concède un OUI négatif à cette question. Cette spécificité est la dépendance au pouvoir central d’Ottawa qui est imposée au Québec, à son peuple et à son Assemblée nationale. C’est un régime de servilité qui est imposé au Québec par Ottawa. Les Québécois fédéralistes aiment leurs maîtres qui les asservissent même qu’ils ne se rendent plus compte de leur état d’infériorité.

Ce problème de dépendance politique, militaire et économique n’est pas unique au cas du Québec. Ce problème existe aussi pour tous les pays de l’Union européenne (UE) qui ont sacrifié leur autonomie politique, militaire et économique sur l’autel de la bureaucratie de Bruxelles et du parlement européen fantoche de Strasbourg. Cela a commencé avec le traité de Rome comme acte de naissance symbolique de l’Union européenne signé à Rome le 25 mars 1957.

Quels atouts le Québec peut-il tirer de la fédération canadienne ?

Penser au Québec d’abord, c’est poser la question prioritaire : quel(s) atout(s) le Québec peut-il tirer de la spécificité du Canada ? “. Cette inversion de point de vue est une suite logique du texte de Pelletier.

La réponse de Pelletier à cette question fait preuve d’une amnésie totale envers toutes les lois, toutes les subventions d’Ottawa contre l’épanouissement du fait français au Québec. C’est sans compter sur les nombreuses décisions de la Cour suprême en matière d’affichage, en matière d’écoles passerelles, etc, toutes des décisions qui ignorent la véritable fragilité du fait français en Amérique du Nord.

Par raccourci idéologique, Pelletier écrit, je cite : « malgré le passage des années, on constate que la loi de 1867 a permis au Québec de préserver et de développer ses particularités en matière de langue, de culture, de religion et même de droit privé. » Cette affirmation est tellement loin de la vérité qu’elle est grotesque.

Juste en matière de langue et de culture, en 2017, près de 4000 québécois de langue française et autres que l’anglais font le choix de fréquenter les CÉGEPS anglais du Québec au lieu des CÉGEPS français. ( Charles Castonguay, démographe ) . C’est tout le contraire de ce qu’écrit Pelletier, je cite : « a permis au Québec de préserver et de développer ses particularités en matière de langue, de culture,  »

L’adolescent qui quitte le niveau secondaire fréquenté en français, un diplôme de Secondaire V en main, maîtrise-t-il bien la langue française et la culture propre au Québec français pour maintenir son appartenance à cette culture du Québec français tout au long de sa vie ? Cette maîtrise annonce-t-elle un début de maturité pour s’immerger sans danger d’aculturation dans un parcours académique en langue anglaise et rien perdre de ses “précieux acquis” en français à sa sortie du Secondaire V ?

Cour suprême, Renvoi de 1981 re le rapatriement : « un degré appréciable de consentement provincial »

On ne peut pas parler du Canada sans parler de loi constitutionnelle. Il s’agit de toute la saga autour du rapatriement de la Constitution en 1982 par Pierre Elliot-Trudeau (PET). Pelletier parle du renvoi de 1981 de la Cour suprême, un renvoi persillé d’injustices et d’accommodements contraire aux faits historiques.

Voici le texte de Pelletier : «  La Cour a toutefois ajouté que, dans ce dernier cas, pareille demande devait reposer sur un degré appréciable de consentement provincial pour être conforme aux conventions constitutionnelles existantes. » Quel texte enjôleur mais très imprécis dans son application, surtout avec les mots “ pareille demande devait reposer sur un degré appréciable de consentement provincial …”. (nos caractères gras)

Selon Me Christian Néron, constitutionnaliste et historien du droit, les “conventions constitutionnelles existantes” qui remontent à 1867 sont l’unanimité des signataires. La Cour suprême n’a pas respecté la convention historique de l’unanimité des signataires de 1867 et suivantes. Cette déviation de la Cour suprême résulte d’une manipulation politique assez grave pour invalider et confirmer que la Cour suprême a erré en plus de créer une injustice envers le Québec en lui retirant ainsi son droit de véto. ( voir La bataille de Londres, Frédéric BASTIEN, Éd Boréal 2013)

En 1981-82, après le référendum de 1980 perdu par les indépendantistes, PET savait que l’adhésion du Québec à son projet se négocierait avec des conditions distinctes et spécifiques au Québec. Autant PET que toutes les autres provinces anglophones du Canada, ils ont préféré procéder sans le consentement du Québec. C’est une négation de droits historiques du Québec. C’est une injustice flagrante du plus haut tribunal du Canada. Bienvenue au Canada !

Benoît Pelletier, par complaisance et soumission à ses maîtres “anglais” du Canada, a préféré taire cette lâcheté de tout le Canada-anglais dans son texte reproduit dans Le Devoir du 30 juin 2017 qui est le produit d’un agent de propagande. Parions que son texte ne passera pas à l’histoire.

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