«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le venin insupportable du Québec-bashing

Autour du « Quebec bashing » du National Post - Pourquoi souhaitez-vous que nous restions dans ce pays ?

Le rêve secret de nombre de chroniqueurs canadiens-anglais est de voir la « colonie » se transformer peu à peu en « réserve »

jeudi 27 juin 2013

S’appuyant sur les écrits de sa collègue Tasha Kheiriddin, le chroniqueur Kelly McParland du National Post a écrit le 18 juin dernier ce qui suit : « Imaginez que quelques milliers de voix se soient déplacées en 1995 et que les séparatistes québécois aient gagné leur référendum. Aujourd’hui, le Québec approcherait du vingtième anniversaire de son indépendance. Que serait-il devenu ? Un petit pays profondément endetté, coupé du flux des subventions fédérales, à l’économie faible et dominée par l’État, une société corrompue des pieds à la tête tentant péniblement de survivre au milieu d’économies beaucoup plus importantes et performantes ne prêtant aucune attention à ses inquiétudes culturelles. »

J’ignore si ces pronostics se seraient avérés, mais je sais avec une absolue certitude :

1. que les fédéralistes canadiens ont gagné le référendum de 1995 au Québec (fort probablement en recourant à des stratagèmes illégaux contrevenant à la loi québécoise qui exigeait que les camps du Oui et du Non respectent un même plafond de dépenses) ;

2. que le Québec s’approche du cent cinquantième anniversaire de son appartenance à la Confédération canadienne ;

3. que le Québec est devenu, dans ce contexte, aux yeux de tant de Canadiens anglais : « Une petite province profondément endettée, dépendant du flux des subventions fédérales, à l’économie faible et dominée par l’État, une société corrompue des pieds à la tête tentant péniblement de survivre au milieu d’économies beaucoup plus importantes et performantes ne prêtant aucune attention à ses inquiétudes culturelles » ;

4. que, chaque semaine, à travers le Canada anglais, de multiples chroniqueurs rédigent des douzaines de textes traînant le Québec dans la boue et de textes méprisants pour les Québécois ;

5. que la corruption ambiante au Québec est à 99 % fédéraliste, les Michael Applebaum, Frank Zampino, Lino Zampito, Robert Abdallah, Nicolo Milioto, Nick Rizzuto, Saulie Zajdel, Tony Accurso, Domenico Arcuri, Paolo Catania, Jean-Yves Bisson, Gilles Vaillancourt, Claude Asselin, Richard Marcotte, Claude DeGuise, etc. soupçonnés de corruption étant tous fédéralistes et, le plus souvent, libéraux ;

6. qu’un très grand nombre des corrupteurs allégués du Québec ont été éduqués en anglais comme l’ont été Michael Applebaum, Frank Zampino, Lino Zampito, Nicolo Milioto, Nick Rizzuto, Saulie Zajdel, Tony Accurso, Domenico Arcuri, Paolo Catania et la majorité des mafiosi du Québec ;

7. que le Canada anglais et le gouvernement fédéral ont rarement eu de scrupules à pactiser avec les plus corrompus quand il s’est agi de « mettre le Québec à sa place » (comme en fait foi l’affaire des commandites).

J’ai vécu en Afrique et je peux affirmer que les manoeuvres « inavouables » du Canada anglais visant à imposer ses vues au Québec lors de tant de référendums et d’élections découlent naturellement d’une situation coloniale. Le rêve secret d’un bon nombre de chroniqueurs canadiens-anglais pratiquant le « Quebec bashing » est de voir la « colonie » du Québec se transformer peu à peu en « réserve », c’est-à-dire en une entité réduite à n’être qu’« une petite réserve profondément endettée, dépendant du flux des subventions fédérales, à l’économie faible et dominée par l’État, une société rongée par la corruption, la violence sexuelle et la toxicomanie des pieds à la tête tentant péniblement de survivre au milieu d’économies beaucoup plus importantes et performantes ne prêtant aucune attention à ses inquiétudes culturelles ».

Mon grand-père maternel était Ontarien. J’ai deux oncles et une tante qui sont de parfaits Canadiens anglais (l’un vit à Toronto, l’autre, à Halifax, et ma tante, à Hudson). Je me demande encore pourquoi les Canadiens anglais s’opposent à l’indépendance du Québec. Si on lit ce qu’ils écrivent sur nous, sur notre société, sur la honte et le mépris qu’ils nourrissent à notre endroit, et sur le fardeau économique que nous représentons pour le Canada, on ne peut que penser que l’affranchissement du Québec ne peut être pour eux qu’une délivrance et une économie incommensurable.

Pourquoi ne demandent-ils pas le divorce, ce divorce qui nous libérerait enfin du venin insupportable de leur « Quebec bashing » ?


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