«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Un cas !

Au-delà de la gauche et de la droite

« Coudonc, Martineau, as-tu viré à gauche ? »

C’est le genre de message que je reçois chaque fois que je critique Trump.

Le plus drôle est que les gens qui m’envoient ces messages sont ceux-là mêmes qui critiquent l’aveuglement des démocrates face à Hillary Clinton.

« Pourquoi l’appuient-ils encore ? Ne voient-ils pas qu’elle a menti, qu’elle n’est pas honnête, qu’elle est un boulet pour leur parti ? »

NI ANGE NI BÊTE

Désolé, amis trumpistes, mais ce n’est pas une question de droite ou de gauche.

La question est de savoir si Trump est apte ou non à gouverner les États-Unis. Politiquement, intellectuellement et — désolé, mais la question se pose — psychologiquement.

Oui, les médias traditionnels ont un biais anti-Trump.

Oui, la gauche le diabolise.

Et alors ? Comme dit le gag : parfois, même les paranos ont raison de dire que des gens complotent contre eux.

Ce n’est pas parce que CNN et le New York Times n’aiment pas Trump que Trump est nécessairement un bon président.

Ce n’est pas parce qu’un menteur dit qu’il fait beau qu’il fait mauvais.

La question que je me pose est celle-ci : combien ça va prendre de gaffes, d’erreurs, de faux pas, d’écarts de conduite, de maladresses, de bévues et de mensonges pour que les fans de Trump commencent à mettre en doute les capacités de leur poulain ?

Vous critiquez l’aveuglement et le biais idéologique de la gauche. Mais qu’en est-il de VOTRE aveuglement et de VOTRE biais idéologique ?

Le cinéaste espagnol Luis Bunuel disait que les athées étaient les plus grands croyants, car ils voyaient l’absence de Dieu partout.

Cette phrase me vient en tête lorsque je vous entends parler de votre idole. Autant la gauche diabolise Trump, autant vous l’encensez et le louangez.

Or, le président américain n’est ni le diable ni le Bon Dieu.

Juste un homme.

Avec ses qualités, oui. (Il n’est pas naïf envers l’islamisme et sa critique de la globalisation n’est pas sans fondement.)

Mais aussi beaucoup, beaucoup de défauts.

Des défauts qui nous donnent le droit de nous questionner sur ses capacités à diriger un pays aussi grand et aussi puissant que les États-Unis.

LA CHANCE AU COUREUR

L’homme ne cesse de se contredire, il tweete frénétiquement, il révèle des informations top-secrètes aux Russes, il congédie cavalièrement le directeur du FBI, son entourage a de la difficulté à le suivre, il affirme avoir changé d’idée à propos de la Corée du Nord après avoir parlé 10 minutes avec le premier ministre chinois, il a peut-être demandé au directeur du FBI de stopper une enquête sur un de ses conseillers, il blâme tout le monde pour ses erreurs, il est incapable de la moindre autocritique, il a un besoin maladif d’approbation, il ne respecte pas les institutions de son propre pays...

Et vous le défendez encore bec et ongles ? Pas sûr que vous seriez aussi indulgents si c’était Obama qui agissait de la sorte...

Moi aussi, j’ai pensé qu’il fallait donner la chance au coureur.

Mais sa chance, il l’a eue.

Face à une telle débâcle, la grille gauche-droite ne tient plus.

Ce ne sont pas ses politiques qui posent problème. C’est lui.

 

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