«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Et dire que c’est notre premier ministre !

Arrogance, démagogie et déconnexion

Le chat est enfin sorti du sac, direz-vous. En fait, il n’y était jamais entré.

Philippe Couillard n’a jamais sérieusement voulu un quelconque compromis en matière de neutralité religieuse de l’État.

En janvier 2014, Philippe Couillard disait comprendre « les messages qui sont envoyés par les vêtements ».

Mais c’était à l’époque où il était momentanément ébranlé par le départ de Fatima Houda-Pépin et la grogne des députés libéraux qui voyaient à quel point la position du chef ne passait pas auprès des électeurs.

Puis, le gouvernement libéral a fait semblant de se laisser un temps séduire par le possible compromis évoqué dans le rapport Bouchard-Taylor, un strict minimum, soit l’interdiction des signes religieux pour les agents de l’État en position d’autorité.

Sur le fond, Philippe Couillard n’avait cependant jamais changé : il était toujours un partisan du multiculturalisme le plus hard.

Récupération

Il ne lui fallait qu’un prétexte. Il en a obtenu deux.

Exploitant honteusement la tragédie survenue à la mosquée de Québec, il la présente désormais comme le produit du débat soulevé par ceux qui ne pensent pas comme lui.

Vous trouvez perfide de faire un lien entre cet événement et la neutralité des fonctionnaires ? Le mot est faible, mais la gêne ne l’étouffe plus.

« Dénonçons la normalisation du discours d’exclusion et de xénophobie », a-t-il tonné.

Trouveriez-vous normal qu’un agent de l’État affiche ouvertement ses convictions politiques ? Non.

Mais il serait xénophobe de lui demander de ne pas afficher ses convictions religieuses ? Risible.

En passant, vous noterez qu’on nous casse beaucoup les pieds avec l’ouverture et le respect. Dur d’être contre.

Imaginez cependant le degré d’« ouverture » et de « respect » de quelqu’un qui est si fervent au plan religieux qu’il ne supporte pas de ne pas afficher ses convictions pendant les heures qu’il passe, au nom de l’État, à servir ses concitoyens.

L’autre bouée de sauvetage permettant à Philippe Couillard de rejoindre le rivage qu’il n’a jamais voulu quitter, c’est évidemment la volte-face de Charles Taylor.

Caution

Cette dernière n’étonnera pas ceux qui se sont donné la peine de lire les ouvrages sur lesquels repose la notoriété de M. Taylor dans les cercles multiculturalistes anglo-saxons.

Dans ses livres, Multiculturalisme et Grandeur et misère de la modernité, publiés en 1992, il ne cesse de pester contre « l’homogénéité artificielle » et la « raison désengagée ». Une bonne partie du nouveau catéchisme du cours Éthique et culture religieuse vient de là.

Puis, dans Les avenues de la foi, sorti en 2015, il avance que « la raison doit sortir d’elle-même et s’appuyer sur des intuitions indémontrables ».

À 85 ans, Charles Taylor, un authentique honnête homme, a au moins l’excuse d’être parvenu à l’heure des bilans et, surtout, de ne pas être le chef du gouvernement.

Assis sur son nuage, dans une galaxie loin de chez nous, Philippe Couillard, lui, souffle sur les braises de l’intolérance envers tous ceux qui ne pensent pas comme lui.

C’est impardonnable.


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