«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

L’hypocrisie canadienne prospère sur le dos des colonisés que nous sommes

Aimer le Canada... à en perdre la raison

Laissons-nous bercer par la comptine officielle : à ce qu’on nous répète chaque jour, le Canada serait un pays merveilleux.

Nos fédéralistes aiment même faire croire qu’il s’agit du meilleur pays au monde. Il arriverait au premier rang en matière de tolérance, de diversité, d’ouverture, de générosité. On nous le vend comme un phare pour l’humanité. Comment pourrait-on avoir même l’idée de s’en séparer ?

Pourtant, ce pays n’hésite pas, ces temps-ci, à céder à son péché mignon : le mépris des Québécois et plus largement, celui de la langue française.

Français

C’est ce qu’on pourrait appeler l’hypocrisie canadienne. Ce pays prétend reconnaître les identités qui s’y trouvent, mais censure la reconnaissance du peuple québécois, qui est pourtant un de ses deux peuples fondateurs.

Il prétend valoriser le bilinguisme officiel, mais consacre en fait la domination de l’anglais et la relégation du français au statut de bibelot folklorique.

Quelques exemples récents le confirment.

Nous avons entendu parler de cette compilation musicale célébrant les 150 ans du Canada réalisée par Universal Music. On y trouve 100 chansons, et pas une en français.

N’y voyons pas un complot de méchants Anglais. Ses concepteurs ont simplement oublié notre existence. Pour eux, le Canada est un pays anglais.

Ils n’ont pas tort. Il n’y a qu’au Québec qu’on aime croire le contraire. On a besoin de le croire, sans quoi on devrait s’avouer que nous demeurons dans un pays qui nous traite comme un tapis.

On a vu passer aussi tout récemment la controverse aux Jeux de la francophonie canadienne. Leur slogan ? Right Fiers !

Parlons français en anglais : c’est ce qu’on pourrait appeler une idée typiquement canadienne ! C’était pourtant un aveu involontaire : voilà le sort que réserve le Canada à la langue française et aux francophones.

Ce mépris se confirme dans la vie politique. Philippe Couillard, ces derniers temps, a très prudemment et très timidement cherché à rouvrir la question constitutionnelle.

Ce fédéraliste pur et dur, qui jamais au grand jamais ne penserait à l’indépendance, a voulu rappeler que l’exclusion du Québec de la constitution demeurait une question importante. Il ne voulait pas presser les choses, mais simplement rappeler qu’un jour, il faudrait l’évoquer.

Non !

Le Canada lui a répondu clairement : non, non, et encore non. Ce que demande le Québec n’est jamais urgent ni important.

Ce qui est triste, dans tout cela, c’est qu’une bonne partie de nos élites s’est donné une mission : nous faire croire que rien n’est jamais grave. La constitution ? Un détail ! C’est probablement pour cela que le Canada vénère la sienne et la place au cœur de son identité.

Ce sont des endormeurs de peuple.

C’est ce que Robert Laplante, le directeur de la revue L’Action nationale, appelle la logique de la minimisation des pertes.

Le coût n’est jamais trop élevé pour rester dans le Canada. On l’aime à en perdre la raison. C’est une mentalité de colonisé.


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