«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

La proposition de M. Paquette ne comporte rien de déshonorant

Tribune libre de Vigile
samedi 1er mars 2008
434 visites 10 messages

Il serait évidemment préférable, sur le plan doctrinal, de proposer directement l’indépendance, ce qui se fait depuis cinquante ans avec le succès que l’on sait. Ce qui compte d’abord, cependant, c’est d’y parvenir, pas de recevoir une médaille de pureté en guise de prix de consolation.

La proposition de M. Paquette ne comporte rien de déshonorant et, contrairement à ce qu’on semble prétendre, elle ne constitue pas une demande de négociation. Elle présente au Canada le choix entre l’acceptation d’un "home rule" dont il ne veut à aucun prix et l’indépendance du Québec, qui devient le choix québécois advenant un refus. Les indépendantistes seraient minoritaires dans la coalition ? Au départ, oui ; à la fin, non, puisque tous les coalisés auraient accepté dès le début (sans quoi la coalition n’a aucune raison d’être) qu’un refus d’Ottawa entraînerait la proclamation de l’indépendance. Reste à savoir si les nationalistes style ADQ accepteraient de faire partie de cette coalition, mais refuser signifierait, à la face du public, qu’ils n’ont pas le réel désir de sortir le Québec de l’impasse et sont prêts à demeurer Canadiens à n’importe quelle condition. Je ne suis pas certain que beaucoup de sympathisants de ce parti accepteraient de cautionner une telle évidence. Il ne s’agit pas de convaincre au départ la majorité des Québécois de la nécessité de l’indépendance mais de leur prouver par les actes, et sur une période très courte, qu’à défaut de la faire, il n’existe aucune solution de rechange. C’est certainement moins glorieux mais au moins aussi valable en pratique que de continuer à leur en prêcher en théorie les vertus. Cela déconsidère-t-il l’idée de l’indépendance ? Je n’y crois pas ; je ne connais aucun peuple qui soit passé à l’acte à la suite d’une longue maturation purement intellectuelle : on découvre le besoin absolu de la liberté lorsque la chaîne devient intolérable, et elle devient intolérable lorsqu’elle est reconnue brusquement, brutalement, pour ce qu’elle est. Je défends cette position, tout en acceptant de me tromper, et suis prêt à en changer si on me présente autre chose qu’une théorie.

Si, même dans cette situation, les Québécois refusent l’indépendance, au moins les choses seront claires pour tout le monde. De toute manière, je n’ai pas un espoir démesuré de voir naître, du moins rapidement, une telle coalition, ne fût-ce que parce que le Parti québécois, en tout cas actuellement, est trop velléitaire pour tenter quoi que ce soit et parce que les autres partis et organismes indépendantistes sont trop préoccupés de pureté, trop méfiants, et quelques-uns trop pétris de sectarisme, pour s’unir à leurs alliés naturels dans un scénario qu’ils n’ont pas concocté eux-mêmes. Si c’est bien le cas, alors demeurons tous sur nos positions et continuons de convaincre tout le monde que la nation sera assimilée dans dix, quinze ou vingt ans si "nous ne suivons pas le bon chemin", le nôtre évidemment...

***

En 1867, les termes de confédération et de fédération étaient indifféremment employés, et pas seulement au Québec. Par ailleurs, j’ai lu à peu près tout ce qui s’est écrit avant la concrétisation de l’AANB. Personne n’a jamais alors prétendu que le Québec y aurait le statut d’un État souverain ni qu’il s’agissait d’un pacte égalitaire entre deux nations. Cette dernière interprétation est venue après, et elle fut soutenue exclusivement par des Canadiens français. Parmi ces derniers, on trouve ceux qui avaient été assez naïfs pour s’imaginer les choses ainsi ou assez hypocrites pour masquer par là leur forfaiture d’avoir incité les Canadiens français à accepter de joindre la Confédération en votant pour les Bleus parce qu’ils émargeaient aux intérêts du groupe financier qui envisageait la construction d’un chemin de fer de l’Atlantique au Pacifique. On en trouve également qui, ni naïfs ni malhonnêtes mais ayant participé activement à la révolte avortée des Patriotes, croyaient sauver ainsi les meubles.

Commentaires

  • 4 mars 2008 19h10

    Monsieur Poulin,

    Un parti doit avant tout défendre la plate-forme adoptée par ses membres. C’est pour cela que l’on se donne des partis : pour représenter notre vision du monde, nos valeurs. Et c’est cela, la démocratie. Sinon, à quoi bon militer ? À moins que je ne sois complètement dépassée.

    Si un parti (ou un groupe de pression) adopte démocratiquement la proposition de M. Paquette, eh bien ! ce parti (groupe de pression) aura l’obligation de défendre cette position. Mais il ne pourra l’imposer aux autres partis qui ont leurs propres obligations vis-à-vis leurs commettants. Et il sera en concurrence avec les autres. Il pourra proposer des alliances, qui pourront avoir lieu avant, pendant ou après les élections. C’est selon l’intérêt que chacun trouvera dans l’alliance proposée. Je ne pense pas qu’un parti qui n’y voit pas son compte se trouve dans l’obligation de nouer une alliance.

    Parce que la politique, c’est aussi cela : la concurrence et les jeux d’alliances. Est-ce que l’option que vous privilégiez pourrait en souffrir ? Bien sûr. Est-ce qu’elle pourrait y gagner ? Bien sûr que oui ! Qui ne risque rien n’a rien.

  • Raymond Poulin, 3 mars 2008 21h47

    Madame Lachance, il est normal, comme vous dites, de défendre son parti. En revanche, l’indépendance constitue un objectif collectif qui n’appartient en propre à aucun parti. On peut discuter, et même durement, de la manière d’y parvenir, mais on ne peut se permettre une bataille rangée entre indépendantistes sur le plan électoral pour régler cette question : ce serait vouer l’objectif à l’échec, au minimum le retarder à son préjudice.

    Il s’ensuit que tous les partis visant cet objectif doivent d’abord s’entendre sur le comment, adopter une plateforme commune et se coaliser, ce qui, pour réussir, exige ensuite une coopération électorale : dans chaque circonscription, un seul de ces partis, soit le mieux placé pour remporter les suffrages, présente un candidat. Si plusieurs partis veulent défendre la même cause, voilà la seule manière, dans un scrutin uninominal à un tour, de ne pas jouer perdant, ce qui exige une abnégation certaine. Dans un tel cas, le premier gouvernement d’un Québec indépendant serait donc formé par une coalition. Une fois l’État reconnu et consolidé, chacun peut reprendre ses billes et présenter normalement son propre programme, comme dans n’importe quel pays normal.

    Quant au qualificatif qui vous fatigue, je le définis comme suit : est sectaire, dans la situation où nous sommes, tout parti qui se prétend le seul à disposer de la manière correcte d’y parvenir, refuse d’examiner froidement l’ensemble des possibilités avec les autres partis et entend réaliser l’objectif à lui seul contre tous les autres : il joue alors contre son propre idéal, à cause de la mécanique électorale, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le bien commun national mais tout à voir avec l’orgueil. À ce compte, dans la situation actuelle, le Parti québécois est aussi aveugle et sectaire que les autres. La Patrie transcende les partis. Il sera toujours temps, après, de se tapocher entre partis de gauche, de droite, du centre et de la tangente.

  • 3 mars 2008 19h55

    De toute manière, je n’ai pas un espoir démesuré de voir naître, du moins rapidement, une telle coalition, ne fût-ce que parce que le Parti québécois, en tout cas actuellement, est trop velléitaire pour tenter quoi que ce soit et parce que les autres partis et organismes indépendantistes sont trop préoccupés de pureté, trop méfiants, et quelques-uns trop pétris de sectarisme, pour s’unir à leurs alliés naturels dans un scénario qu’ils n’ont pas concocté eux-mêmes.

    Monsieur Poulin,

    Vous mettez d’un côté le PQ, le velléitaire, et puis de l’autre, les sectaires, les méfiants, les puristes. Si je comprends bien, vous blâmez le PQ d’être velléitaire, tout en blâmant les autres de défendre une position ferme. Depuis quand est-il sectaire, puriste, de défendre fermement une position ? J’ai l’impression qu’on a tellement courbé l’échine au Québec, que l’on ne sait plus accepter de voir un parti ou quelqu’un défendre une position. L’échine redressée est interdite, dépêchons-nous de la courber à nouveau ! Les fédéralistes sont-ils sectaires ? Ceux qui défendent l’élection "référendaire" (50% + 1) sont-ils sectaires ? Ceux qui tiennent à un référendum sont-ils sectaires ? Ceux qui défendent la DUI à la suite d’une élection remportée à la majorité des sièges sont-ils sectaires ? Le sont-ils tous ou seulement quelques-uns d’entre eux ? Pourriez-vous nous expliquer ce que vous entendez par "être sectaire" ?

    Il est trop facile d’accoler l’étiquette de sectarisme à des gens parce qu’il y a un désaccord idéologique.

    (...) j’essaie seulement d’y voir clair sans vouer aux gémonies tous ceux qui ne pensent pas comme moi, mais je n’ai pas beaucoup de patience pour ceux qui, dans le but de promouvoir un parti ou une option, se croient obligés de dévaluer tous ceux qui n’y adhèrent pas

    Il me semble que, lorsqu’on adhère à un parti ou qu’on se borne à l’appuyer, il est normal de le défendre. Et ce parti, qui est sur la scène électorale pour faire la lutte politique, se doit et doit à ses commettants de découvrir et dénoncer les failles de ses adversaires. S’il a choisi d’être là, c’est qu’il veut se tailler une place ou s’y maintenir. Le PQ ne le fait-il pas ? Et les autres : l’ADQ, le PLQ, QS, ne le font-ils pas tous ? Et au fédéral, n’est-ce pas ainsi que les choses se passent ?

    Par ailleurs, je crois tout comme vous qu’il y a un exercice réflexif intense actuellement, et je ne suis pas sans l’apprécier. Cela ne m’oblige pas pour autant à tout gober.

    Ce n’est pas à vous que je vais apprendre que les indépendantistes ont été laissés pour compte depuis trop longtemps et qu’ils ont besoin de se reprendre en main pour se donner un outil de représentation démocratique. Le temps nous est compté !

    En ce qui me concerne, rassembler les indépendantistes ne peut se faire qu’en prônant clairement l’indépendance. Il y a tellement longtemps que cela n’a pas été fait, nous avons un devoir de le faire face à la jeune génération. Pensez-y : certains d’entre eux n’ont jamais entendu parler d’indépendance. Cette pensée me chagrine et je crois que cette intolérable situation doit changer.

  • Raymond Poulin, 3 mars 2008 12h41

    Aux commentateurs :

    Voir le commentaire de M. Gilbert Paquette à mon article précédent, qui clarifie les choses.

  • Raymond Poulin, 2 mars 2008 17h41

    Madame Lachance, il n’y a là aucun mépris pour qui que ce soit, mais la constatation, que n’importe qui peut faire, d’un éparpillement aux quatre vents, qui ne peut durer éternellement. Par ailleurs, je n’ai jamais eu la prétention ni même l’idée de rassembler les indépendantistes sous mon nom ni sous ma bannière, laquelle n’existe pas et n’existera jamais. Précisons : je ne suis pas membre du Parti québécois. Il me semble également avoir mentionné dans mon article que je ne considère pas la proposition de M. Paquette comme la seule possible. Et, si vous voulez le fond de ma pensée, elle serait plutôt un complément à celle de Gérald Larose au cas où les circonstances l’exigeraient. Je ne sacralise aucune proposition existante, j’essaie seulement d’y voir clair sans vouer aux gémonies tous ceux qui ne pensent pas comme moi, mais je n’ai pas beaucoup de patience pour ceux qui, dans le but de promouvoir un parti ou une option, se croient obligés de dévaluer tous ceux qui n’y adhèrent pas.

  • 2 mars 2008 15h47

    Monsieur Poulin,

    Monsieur Paquette reconnaît lui-même que la promotion de l’indépendance n’a pas été faite depuis plusieurs années. Votre argument à l’effet que la promotion de l’idée a été faite depuis 50 ans sans résultat ne tient pas la route. S’il y a un consensus chez les indépendantistes, c’est bien celui-là. Il y a eu un silence plus qu’assourdissant depuis trop longtemps à ce sujet, et tout le tintamarre fait par VLB ces derniers temps est un cri d’alarme partagé par la plupart des indépendantistes.

    Il y a un paradoxe étonnant à ce qu’on entende le proposeur (M. Paquette) admettre ce fait et le déplorer, et enchaîner ensuite pour dire qu’il faut continuer sur la même veine. Car ce qu’il propose n’est pas de faire la promotion de l’indépendance, c’est de la faire par défaut. Une proposition inacceptable pour tout indépendantiste qui se respecte et qui croit qu’il ne faut pas faire de l’indépendance une conséquence faute de mieux, mais une urgente nécessité.

    On s’attend des indépendantistes à ce qu’ils tentent de convaincre leurs alliés potentiels de l’ADQ, et non le contraire. On constate ici une reddition : on se range derrière la position autonomiste en espérant qu’elle sera intenable, battue en brèche par le fédéral et ainsi espère-t-on, amener les Québécois à choisir l’indépendance par défaut.

    Je n’ai pas suffisamment de mots pour dire à quel point je suis déçue de constater que des indépendantistes puissent accepter d’ignorer le potentiel mobilisateur de leur option, en la cachant derrière une autre, surtout après avoir admis qu’elle a été reléguée dans l’ombre depuis nombre d’années.

    Quoi ? Ne fait-on plus confiance au pouvoir galvanisateur et libérateur de l’indépendance ?

    Quant à vos propos sur le degré de pureté, ils distillent le mépris à l’endroit des indépendantistes qui n’ont rien eu à se mettre sous la dent depuis 1995. Ce fait, vous et plusieurs semblent l’oublier. Vous balayez du revers de la main ceux et celles qui ont désiré mettre un terme à l’attentisme du PQ. Qu’avez-vous personnellement fait pour y mettre un terme ? Je m’attendrais à plus de compréhension et de respect de la part de quelqu’un qui se targue de vouloir rassembler. Vous désirez que les sympathisants et militants du PI aillent vers vous ? Ce n’est certainement pas avec le mépris que vous les attirerez. Vous désirez qu’ils laissent tomber certaines de leurs modalités pour se joindre à vous ? Et vous, qu’êtes-vous prêt à laisser tomber ? Ne vous attendez pas à ce que les indépendantistes laissent la proie pour l’ombre. Ils ont trop souvent fait les frais des stratégies électoralistes péquistes.

    Et pour terminer, je vous laisse sur ces mots d’un de nos plus grands écrivains contemporains :

    VLB a fait sienne la formule de Sartre : « on n’est jamais assez radical. » Il est tout à fait conscient de ce qu’il fait, choisit les mots les plus chocs pour susciter une réaction. Ne craint-il pas de nuire à « la cause », de faire peur à ceux qui pensent comme lui ? « Il faut être radical sinon il ne se passerait rien. Je pense qu’on a été molassons trop longtemps. Il y a trop de gens qui ont mentalement, socialement et culturellement abandonné.  »

    Incluez-vous VLB dans votre mépris ?

    Pour moi et bien d’autres, il s’agit alors d’un grand honneur que d’être inclus dans ce mépris.

  • Frédéric Picard, 1er mars 2008 21h10

    Personellement, je vois la proposition de monsieur Paquette comme indépendantiste. J’y adhère et je suis particulièrement heureux que monsieur Poulin en soit. Bien-sûr, cette proposition choque les partisans du tout ou rien ou du légalisme canadian. En effet, elle sort des sentiers battus.

    Cette proposition est pragmatique. Elle repose sur la construction de milliers de petits rapports de forces. Elle repose sur la réalisation concrète de l’indépendance, rapport de force par rapport de force. Surtout, elle ne quémande pas. Elle s’impose. Elle impose une gouvernance nationale au Québec.

    J’ai élaboré, récemment, sur l’imposition du rapport de force le plus simple : Ne plus autoriser les huissiers à saisir les impôts fédéraux. En faisant cela, on impose l’agenda indépendantiste. On rapatrie des dizaines de milliards de dollars à Québec. C’est particulièrement important, considérant la faible marge de manoeuvre du gouvernement fédéral cette années.

    Une déclaration d’indépendance, suite à un référendum ou une élection, n’est qu’un bout de papier. Je suis particulièrement perplexe de la force d’un simple bout de papier pour assurer notre survie. Au contraire, je suis beaucoup plus confiant dans les habitudes, les attitudes des Québécois. Il faut donc créer et installer les habitudes indépendantistes. Il faut créer le cadre législatif, exécutif, judiciaire. Il faut littéralement refonder et construire le Québec Nation.

    La coalition, proposée par monsieur Paquette, est un ratio démocratique. Tout comme le référendum en est un. Tout comme il y en a d’autres. Le but de monsieur Paquette est clair : solidifier le Québec Nation par un consentement solide de la population.

    Je dois avouer que je partage votre scepticisme, monsieur Poulin, face à cette fameuse coalition. À l’UDIQ, on la souhaite. On souhaite les états généraux. Bien des fois, j’ai l’impression que nous sommes seuls à les souhaiter. Peut-être est-ce parce que nous sommes petits et nous n’avons rien a perdre ? Est-ce que parce que nous avons vu, lors de notre passage au PI, ce que pouvais faire la division entre indépendantistes ? Sûrement

    Le PQ se voit comme l’unique fiduciaire de l’option. Le PI veut brûler le PQ par son feu inquisiteur. QS veut faire un Québec anti-capitaliste. L’ADQ rêve de gérer un Québec province dans le cadre Canadian (tout comme mme Marois). Aucune de ces formations n’a intérêt à souhaiter les états généraux. Voir même une coalition.

    Pendant ce temps, la fatigue du Canada Français, pour citer Aquin, fait son oeuvre.

    Frédéric Picard

  • Raymond Poulin, 1er mars 2008 12h01

    Monsieur Verrier, nous sommes d’accord sur ce point : un leadership fort est bien entendu essentiel mais ne semble pas exister actuellement, je l’ai d’ailleurs clairement déploré. Et, à mon avis, il n’existera pas tant que que trop de ceux qui veulent le re-créer (ou le créer, cela dépend du point de vue)
    se limiteront à une manière purement intellectuelle d’envisager l’indépendance : chaque groupe tient mordicus à sa propre construction "rationnelle", pour des raisons diverses qui vont de l’idéalisme à l’égocentrisme, en passant par le carriérisme. Comme vous dites, le relationnel est toujours aux prises avec le conjoncturel, mais le rationnel ne peut non plus y échapper. On en revient nécessairement, comme l’a si souvent mentionné René-Marcel Sauvé, à l’exigence d’apprécier correctement et rigoureusement le contexte et la situation, de sorte que le rationnel, ici un leadership fort et structuré, ne peut pas grand-chose s’il refuse de tenir compte, dans sa stratégie, du relationnel. Évidemment que l’émotion, la perception et le sentiment prévalents dans une collectivité à un moment donné jouent là-dedans un rôle majeur. Refuser d’en tenir compte au nom de la raison pure ne serait justement pas raisonnable ; aucun humain n’agit en fonction de la raison pure, même pas ceux qui s’en réclament exclusivement, alors qu’une telle conviction relève non pas de la raison mais de la rationalisation, au sens psychologique du terme. Une telle rationalisation équivaut à une image statique, figée, de la réalité.

  • 1er mars 2008 09h03

    Monsieur Poulain,

    Vous écrivez : « …on découvre le besoin absolu de la liberté lorsque la chaîne devient intolérable, et elle devient intolérable lorsqu’elle est reconnue brusquement, brutalement, pour ce qu’elle est. »

    Vous misez beaucoup sur le sursaut émotif, ce type de sursaut – relationnel - qui avait fait tant grimper le OUI à la suite de Meech. On a vu que ce type d’indignation populaire comporte des limites, s’estompe rapidement et ne conduit pas nécessairement à l’objectif. L’absence d’un leadership politique indépendantiste puissant – rationnel – devient alors indispensable.

    Comme vous écrivez :
    « je n’ai pas un espoir démesuré de voir naître, du moins rapidement, une telle coalition » Dans l’intervalle, les indépendantistes devraient continuer de se s’organiser afin de pouvoir jouer un rôle de premier plan au sein de cette coalition, lorsqu’elle pourrait se former. Ce sera sa meilleure garantie de succès.

    GV

  • 1er mars 2008 07h32

    Vous dites :"Je défends cette position, tout en acceptant de me tromper, et suis prêt à en changer si on me présente autre chose qu’une théorie.". Votre approche ainsi que celle de M Paquette et M Larose aborde la situation du point de vue RELATIONNEL (Rapport de force immédiat) alors que depuis longtemps on aborde la stratégie du point de vue RATIONNEL ( On pense qu’on va avoir un pays quand une majorité aura voté pour le OUI, sans tenir compte si le rapport de force nous est favorable). Comme on a peur de perdre, pour le moment on prend notre trou et le Québec recule dangereusement.

    Depuis un bon moment déjà M Sauvé nous dit qu’en géopolitique on aborde la politique comme un phénomène relationnel et non rationnel. Donc on a pas le choix de l’aborder de cette manière (question de discipline) si on veut dégager une vrai stratégie. Il faut explorer à fond cette avenue.

    J’ais eue l’occasion de faire un commentaire à ce sujet suite à la proposition de M Larose :http://www.vigile.net/Geopolitique-101-Pauline-l

    Si j’ai la chance je commenterai la proposition de M Paquette.

    JCPomerleau

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