«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Les 1 000 facettes de l’appartenance à l’identité culturelle québécoise

À quoi reconnaît-on un Québécois ?

À sa participation active à sa culture au sens large

Tribune libre de Vigile
vendredi 28 septembre 2012
657 visites 2 messages


À quoi reconnaît-on un Québécois ? Mais, à sa participation active à sa culture au sens large.

- Si vous répondez positivement à un nombre raisonnable des 1 000 critères d’appartenance à l’identité culturelle québécoise, vous l’êtes. C’est pas plus compliqué que ça.

- Si vous n’y répondez que partiellement, vous pouvez être en bonne voie de le devenir, avec un peu de bonne volonté, de l’intérêt sincère, en développant de l’attachement pour cette culture et en prenant plaisir à s’en imprégner par l’immersion quotidienne et substantielle.

- Si le candidat n’y participe à peu près pas ou ne fait aucun progrès significatif au cours d’un laps de temps donné (6 mois, 1 an, 3 ans), il ne se qualifie pas en tant que tel à la définition et présente bien peu de chances de le devenir un jour, constituant alors un poids mort nuisible qui contribue par son abstention au déclin de ladite culture. On comprend que remplir un pays de gens comme ceux-là est dommageable à la culture dominante, en l’affaiblissant petit à petit par leur nombre grandissant et indifférent.

Et quels sont les 1 000 critères d’appartenance à l’identité culturelle québécoise ?

Votre liste vaut la mienne, tant nos caractéristiques identitaires sont innombrables.

Elles se déclinent dans notre mode de vie, nos mœurs, nos valeurs morales et politiques, notre langue et tradition religieuse majoritaires, notre vie culturelle, notre patrimoine commun, notre vision des rapports humains, notre passé historique qui résonne encore en nous, notre ascendance, et ainsi de suite.

Toutes ces caractéristiques qui forment le Nous collectif peuvent être partagées à divers degrés par d’autres sociétés semblables à la nôtre ailleurs sur la planète, mais c’est le subtil mélange résultant des ingrédients qui composent notre cocktail national qui en fait toute la saveur, l’arôme et la pétillance. À la bonne vôtre !

Quelques éléments pêle-mêle qui déterminent notre appartenance à la vaste identité culturelle québécoise : aimer le hockey et la rivalité Canadiens/Nordiques, trouver les comédiennes Anne Dorval, Karine Vanasse ou Isabelle Blais joliment adorables, suivre les péripéties des participants de Star Académie, vibrer au son de la voix patriarcale de Félix Leclerc, lire Elle Québec, reconnaître dans les personnages de Michel Tremblay des gens qu’on a connus, débattre à savoir qui concocte la meilleure poutine, aller manger chez Saint-Hubert plutôt que chez East Side Mario, visiter nos régions en vacances l’été, s’arrêter à une chapelle de procession sur l’Île d’Orléans, avoir connu toute notre vie Dominique Michel, le capitaine Bonhomme, Janette Bertrand ou le pionnier des médias Jean-Pierre Coallier, se rappeler que Fernand Gignac était le chanteur de charme préféré de nos mères, se souvenir des frères Rougeau, avoir vu Broue au moins une fois, faire baptiser son enfant par respect de la tradition même si on ne pratique plus autant qu’avant, vivre en français (langue d’usage, médias, internet), rire durant l’émission Les Appendices ou en lisant la revue Safarir, écouter la famille Daraîche si on aime le country, être au courant malgré soi des derniers potins sur Véro ou Mitsou, savoir que Jean, Éric et Stéphanie Lapointe ne sont pas proches parents mais que Jean-Marie est le fils du premier, lire les chroniqueurs de nos journaux et être capable de déterminer leur allégeance politique, écouter les commentateurs à la radio et comprendre de quels enjeux il est question, sourire malgré soi lorsqu’on entend Bernard Derome dire : "si la tendance se maintient...", aller au Salon du livre, posséder ou rêver d’un chalet au bord du lac dans le bois, monter le sapin de Noël dans le salon avec les enfants en attendant le 25 pour placer l’Enfant-Jésus dans la crèche, avoir un barbecue sur le balcon et une piscine ronde dans sa cour, regarder Denis Lévesque plutôt qu’Oprah Winfrey, être fier de notre Céline nationale, avoir assisté à une conférence du motivateur Jean-Marc Chaput, raffoler des polars de Chrystine Brouillet, avoir vu Charles Aznavour à 30 ans d’intervalle, assister à un concert d’Alain Lefèvre ou posséder le dernier disque de la contralto Marie-Nicole Lemieux avec les Violons du Roy, avoir apprécié « Père manquant, fils manqué » du psychanalyste jungien Guy Corneau, avoir été envoûté par Jorane en concert, connaître la discipline artistique de Marie Chouinard, Nico Archambault et Louise Lecavalier, avoir lu la bd « Paul à Québec » de Michel Rabagliati, écouter les émissions de Dorothée Berryman et Rémi Girard à la radio, pouvoir fredonner « Ils s’aiment » de Daniel Lavoie ou « On s’aimera encore » de Vincent Vallières, avoir vu « Aurore, l’enfant martyre » plus d’une fois, savoir dans quelles comédies musicales à joué Bruno Pelletier, avoir lu tous les Tintin et les Astérix, avoir été bouleversé par les « 12 hommes rapaillés » chantant Gaston Miron, se réjouir du succès de Xavier Dolan et Coeur de Pirate en France, ne pas aimer la chicane, ne pas parler fort comme les Américains, pousser un petit sacre de temps en temps, être bon vivant et d’un abord facile comme le font remarquer les touristes, valoriser la vie de famille et les enfants. (Poursuivez la liste à votre guise)

On ne peut de toute évidence cocher oui à tous les éléments de l’énumération précédente, mais on sent intuitivement que plus on en possède, plus on se rapproche de la définition d’un Québécois vivant bien ancré dans sa culture distincte, et contribuant à son épanouissement par sa participation active. Et c’est ce qui est désirable pour l’ensemble des membres de toute société normalement constituée, car c’est là que réside la base de la cohésion sociale qui facilite le bien vivre ensemble, permettant la possibilité d’échanges familiers avec tout un chacun.

Tout ce cadre de références culturelles précité nous parle, nous dit quelque chose, c’est une culture qui nous nourrit quotidiennement autant que nous la nourrissons par notre participation active. C’est là l’univers québécois où il fait bon vivre. C’est ce qui s’appelle vivre à la québécoise.

Tout le monde à la capacité d’adhérer à la culture québécoise, à défaut d’être né ici, avec un peu de bonne volonté. Mais force nous est de constater que plus le candidat est éloigné de notre univers collectif, moins il fera l’effort d’y adhérer. Et c’est là que le bât blesse. Les critères d’admissibilité au pays doivent tenir compte de la compatibilité du candidat avec notre société, ce qui en général s’avère possible avec les occidentaux avec qui nous avons le plus de points en commun et qui provoquent le moins de frictions dues au choc des cultures qui sont aux antipodes de la nôtre, cause de tensions indésirables nuisant à l’harmonie sociale visée.

Une condition d’entrée devrait être le désir réel d’adhérer à une culture bien spécifique, après qu’on l’ait présentée au candidat, renforcé par l’engagement solennel à le faire, le tout vérifiable par des tests périodiques. Advenant des échecs répétés, le candidat comprendra de lui-même que le reste du Canada lui conviendra sans doute beaucoup mieux.

Réjean Labrie, de Québec, capitale nationale

En complément de lecture :
La culture québécoise comme vision du monde : voir à travers les yeux de mon peuple
http://www.vigile.net/La-culture-quebecoise-comme-vision

Commentaires

  • Mario Goyette, 29 septembre 2012 08h31

    Délibéraliser le Québec.
    Comme s’il fallait s’attendre à ce que les Chambres de commerce ou les représentants des municipalités, clubs école du parti libéral, soient toujours d’accord avec le P.Q...
    Avec les médias employant des Martineau, Lapierre et compagnie, l’avenir s’annonce sombre pour un parti qui n’est pas libéral au Québec

  • Mario Goyette, 28 septembre 2012 17h09

    Aux dernières nouvelles, Raymond Bachand était à bord d’un avion 747 d’Air Transat qui a volé au-dessus du centre commercial où se trouvait le repaire de la mafia sicilienne à Saint-Léonard.
    D’ailleurs M.Bachand est friand de pâtes Alfredo au zucchini et il baragouine le St-Léonard à ce que l’on dit.

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