«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Une logique historique

À ceux qui appuient toujours le NPD

Je dis : soyons plutôt avec le Bloc !

Tribune libre de Vigile
dimanche 11 octobre 2015
323 visites 2 messages

Dans des circonstances historiques de portée critique, Il faut aussi réfléchir en termes de ce qui motive nos combats dans un affrontement prolongé.

Devant le courant qui veut battre Harper à tout prix, n’oublions pas également que nous aurons à battre Couillard. Et c’est là que nous sommes amenés à songer à ce que l’histoire continuera à nous réserver comme conjoncture politique dans un futur proche.

L’accès à l’indépendance ne se jouera pas à Ottawa, bien sûr, mais l’alternative est un fédéralisme durable qui, les preuves sont étalées devant nos yeux, entrave notre épanouissement comme peuple n’ayant toujours pas un État indépendant d’une structure de pouvoir qui nous éloigne de la capacité de décider nous-mêmes.

Globalement, qu’est-ce que le NPD a fait pour donner aux Québécois un peu plus de maîtrise de leur destin sinon de reprendre les demandes longtemps affirmées par la population elle-même ? Encore qu’elles soient réduites à leur minimum. C’est à ce bilan général qu’il faut juger la manière dont les Québécois assument plus de contrôle sur la société à laquelle ils aspirent et qu’ils feront leur.

Nous revenons donc à la case départ : décider nous-mêmes avec fierté. À la première rencontre de préparation des élections pour le Bloc, on nous a bien fait comprendre que l’objectif restait 2018. En 2018, aurons-nous minutieusement préparé tout ce qu’il faut pour battre Couillard ? Il s’agit d’un préalable au recul du néolibéralisme, et tout autant de l’option fédéralisme des Libéraux rejeté par plus de 40 % des Québécois.

Dans l’optique du combat titanesque contre cette philosophie et cette pratique de gouvernement, qui nous en aura fait voir de toutes les couleurs, nous devons bien peser les contributions qui sont à mettre au bilan de ces objectifs. Les 150,000 manifestants du 3 octobre sont à compter parmi les forces que les salariés québécois sont capables de déployer dans les objectifs plus généraux de contrer ce fléau du néolibéralisme.

Reste donc le choix d’une lutte de longue haleine en faveur du destin national et de son importance dans le combat stratégique en direction d’un projet de société beaucoup plus progressiste que ce que nous réserve même un Mulcair à Ottawa. Il s’en tient à de vagues réformes qui laissent tout à fait intacte un pouvoir réactionnaire dont le Québec n’a plus besoin pour se donner un présent et un avenir heureux. Malgré toutes les craintes d’un Couillard pusillanime qui veut nous confisquer notre avenir tout en jurant d’une fidélité servile au Canada.

C’est donc un rappel à ce qui a été construit et élaboré comme projet innovateur en vue de l’indépendance du Québec qui est en cause.

Même si le nationalisme québécois ne vous inspire pas à battre le Bloc canadien, la perspective de ne pas être prêt et à la hauteur d’un combat du Québec contre les raideurs du fédéralisme canadien, où vous vivez et subissez les conséquences de la philosophie libérale, devrait logiquement vous inviter à voter pour le Bloc encore cette fois-ci.

Parce que c’est ainsi que le problème continuera de se poser tout aussi bien au Québec qu’à Ottawa pour la suite de la lutte plus générale contre le néolibéralisme et ses vues sur la soumission d’un Québec trop tranquille à la mondialisation libérale dont Couillard, Harper, et tout aussi bien Mulcair, restent les plus grands promoteurs. Avec quelques nuances sans originalité pour nous au Québec de ce que Mulcair promet. Par exemple, nous avons déjà des garderies.

Y a-t-il vraiment pire que de se voir imposer, même par des sociaux-démocrates canadiens de bonne volonté mais rampant devant un Canada qui les aveugle, un type de pouvoir fédéral en contradiction avec les efforts prometteurs d’un mouvement populaire québécois ? Il restera ainsi toujours possible d’imposer des reculs stratégiques au mode de gestion libérale dont le Couillard fédéraliste convaincu est le porte-drapeau.

De plus, une vague promesse de respecter le droit à l’autodétermination du Québec ne saurait pas se substituer à un engagement plus profond au renoncement à s’ingérer dans une future échéance pour le Québec d’être à nouveau convoqué au choix de son destin en 2018 par une élection référendaire. Donc aussi, ce qui n’est pas clair, de s’abstenir de créer un NPD-Québec qui serait tout aussi fédéraliste que son parti frère.

Elle est là l’importance d’envisager sérieusement la responsabilité des préparatifs aux élections de 2018, parce que battre Couillard demandera aux forces indépendantistes ou anticapitalistes une volonté de s’unir devant un adversaire coriace et qui saura tirer toutes les ficelles de la collusion autant du fédéraliste, que nous connaissons comme un impérialisme prédateur dans le monde, que de celui d’un capitalisme sauvage et criminel des banques, des pétrolières ou des minières.

Or on sait déjà, par ses penchants traditionnels pour la fédération canadienne, que Couillard laissera ouverte toutes les vannes de la propagande en ce sens, même celle venant directement de la sociale démocratie canadienne « soft » qui a toujours eu une position ambigüe sur le Québec sans réellement s’opposer aux forces réactionnaires des Harper en se manifestant comme social-démocrate conséquent sur ce que cela exigeait.

C’est dans cette optique que nous considérons le retrait des statuts du NPD de toute référence au socialisme comme une autre manifestation de la volonté de Mulcair de se montrer conciliant devant les pressions des transnationales qu’il dit combattre.

D’où viennent donc les stratégies élaborées au fil des ans contre ces forces du marché que Mulcair laisse, sans esprit de suite ou sans opposition résolue, parce qu’elles sont l’essence même du capitalisme canadien qu’il souhaite aménager ? Nous communistes sommes fiers de penser qu’elles ont été et seront du bagage politique de ce Québec capable de déployer les forces contraires en mobilisant 150,000 salariés pour s’y opposer toujours de la façon la plus conséquente.

Commentaires

  • Marcel Haché, 12 octobre 2015 09h25

    M. Roy.

    La Gauche a manqué à tous ses devoirs. À tous ses devoirs. Elle y manque encore.

    Si la « situation » nationale du Québec devenait un jour désespérée- elle est déjà suffisamment désespérante- je n’ai aucun doute, aucun doute, qu’il ne resterait plus que les patriotes et les communistes sur la même Barricade, l’ensemble de la fameuse Gauche citoyenne ayant déserté depuis longtemps.

  • Michel Beaumont, 12 octobre 2015 08h23

    Bonjour Guy,

    Très bon texte, tu as écrit la logique politique avec facilité.

    Belle plume. Un plaisir de te lire. J’ai été content de te rencontrer sur le traversier.

    Bonne continuité.

    beaumontmichel@yahoo.ca

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