«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Indépendance politique du Québec 459

« 50 + 1 réponses pour l’indépendance. » (Parti Québécois)

« Si on était indépendant... »

Tribune libre de Vigile
jeudi 7 septembre
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Chronique de Bruno Deshaies
Mercredi, 6 septembre 2017

Cette chronique est inspirée par la réflexion de Gilles Verrier dans sa dernière chronique sur le statut politique du Québec. De plus, plusieurs commentaires m’incitent à proposer cette Chronique en guise de conversation.

La majorité ancestrale canadienne française qui a intégré ou assimilé des milliers d’individus en cours de route jusqu’à ce jour pour être ce que nous sommes en tant qu’une nationalité enclavée dans un DEUXIÈME Canada Anglais qui demeure un Dominion de l’empire britannique. Cela dit, mais à force de combats difficiles, on doit reconnaître que le Québec possède minimalement un État provincial qu’il peut mettre à sa disposition avec une légitimité démocratique reconnue. Sur cette question, l’historien Michel Brunet a suffisamment écrit pour qu’on puisse comprendre ce dont nous disposons collectivement au plan étatique. Cependant, le Québec ne profite que d’une liberté collective limitée au sein d’une UNION FÉDÉRALE canadienne très centralisée. Depuis 1850, cette majorité ancestrale canadienne française est devenue minoritaire dans le DEUXIÈME Canada. En 1867, ces « Canadiens » subissent une pression de la majorité anglaise qui veut se maintenir indépendante des États-Unis.

Quelle est la situation de la (ou des) nation(s) dans un État souverain ?

Parmi les principaux types ou degrés d’annexion politique, classés par ordre croissant de liberté collective conservée par la minorité, voici comment Maurice Séguin décrit notre statut politique :

Nationalité groupée, majorité locale, maîtrisant un organisme politique régional officiel (province ou État provincial) et représentée dans l’État central par des députés élus directement par le peuple en général, indépendamment de l’organisme régional.

Cette description correspond au cas des Québécois. Le mythe du confédéralisme consiste à nous faire accroire que les États réunis sont également souverains sans tirer les conséquences des inégalités entre les forces en présence et le partage des pouvoirs et des moyens. Le Québec existe à condition d’être une province comme les autres. C’est une façon pour le Canada de l’ignorer. En revanche, les non-fédéralistes ne voient pas leur statut politique de cette façon. C’est là où la lutte contre le fédéralisme prend de nombreuses tangentes qui teintent les nombreuses options d’autonomie. Au point où les citoyens et les citoyennes ne croient plus sérieusement ni aux souverainistes ni aux nationalistes.

Aujourd’hui, le public s’attend des équipes indépendantistes en place (soit en politique ou de tous les groupes nationalistes disséminés dans la société) qu’elles s’expriment clairement en affirmant que l’État fédéré du Québec doit acquérir d’abord un statut d’État souverain. Ces groupements ne devraient pas se perdre dans des discours de description de régime gouvernemental. Faire comprendre la notion fondamentale de l’« agir (par soi) collectif » à l’interne et à l’externe, devrait être leur priorité. Car telle est le cas de figure d’une véritable nation indépendante.

L’objectif des indépendantistes québécois.es consiste à mettre en œuvre une pensée qui appuiera sur la nécessité de détenir les pouvoir d’un État souverain. Il faut le dire et l’expliquer au lieu de finasser avec des projets de référendum, de constituante, de constitution ou de projets de société du genre Gabriel Nadeau Dubois. Les Québécois.es ont compris que les orientations d’hier ont échouées.


Urgent besoin de développer un sentiment national

Le sentiment national n’est pas un pis-aller. L’historien Alphonse Dupront a étudié « le sentiment national dans l’histoire de la France ». Il retient ceci :

« Qui peut juger des possibilités vraies d’un peuple ? […] Ce qui est certain, c’est que dans le monde contemporain, la France, définitrice de l’indépendance voire de la suffisance nationale, demeure le modèle implacable et contaminant : on ne saurait plus imposer de limites au procès mondial de décomposition en unités nationales élémentaires. » (Voir « Du sentiment national » dans La France et les Français, sous la direction de Michel François, Paris, Gallimard, 1972, p. 1471 (coll. « Encyclopédie de la Pléiade »).

C’est donc une séparation avec le Canada Anglais. Elle doit se faire pour établir des relations interétatiques entre deux nations indépendantes. Un tel objectif ne peut être atteint sans un discours cohérent qui s’adresse au public québécois. Il faut chercher ensemble et partager des idées communes solides et éclairées.

Une occasion à ne pas rater le 10 novembre 2017

Vous aurez l’occasion de le faire très prochainement à l’occasion d’« un grand colloque scientifique de l’IRAI ayant pour thème

« L’autodétermination des peuples au XXIe siècles : perspectives comparées et internationales ». Se déroulant à l’auditorium de la Grande Bibliothèque le vendredi 10 novembre 2017.

ON NOUS APPREND et je cite :

Le Comité scientifique de l’Institut de recherche sur l’autodétermination des peuples et les indépendances nationales (IRAI) se réunit cette semaine et j’aurai le plaisir d’en présider les travaux de cette instance de l’IRAI dont sont membres mes collègues Esther Déom de l’Université Laval et Guy Lachapelle de l’Université Concordia. L’occasion nous sera donné de faire le point sur les recherches en cours de réalisations et de statuer sur les projets de devis de recherche qui nous seront présentés par le directrice générale Geneviève Baril et la coordonnatrice de la recherche Frida Osorio Gonsen.

Celles-ci travaillent actuellement à l’organisation d’un grand colloque scientifique ouvert au grand public ayant pour thème « L’autodétermination des peuples au XXIe siècles : perspectives comparées et internationales ». Se déroulant à l’auditorium de la Grande Bibliothèque le vendredi 10 novembre 2017, son programme proposera des conférences et des échanges avec une douzaine de chercheurs et chercheures de plusieurs universités à travers le monde (Australie, Canada, Catalogne, Écosse, États-Unis d’Amérique, France, Québec). Si vous désirez obtenir des renseignements additionnels sur ce colloque, vous pouvez communiquer avec l’IRAI par courriel à l’adresse colloque2017@irai.quebec.

Une nouvelle Infolettre, à laquelle vous pouvez vous abonner en cliquant ici, https://irai.quebec/faq/est en cours de rédaction et devrait être diffusée sur le site de l’IRAI d’ici la Fête nationale du Québec. Vous pourrez la consulter sur le site de l’IRAI (www.irai.quebec), et plus précisément dans sa section « Nouvelles », en cliquant ici. Je vous invite également à consulter la page Facebook de l’IRAI (www.facebook.com/IRAIQc) qui est aimé à ce jour par 4546 personnes.

Voir aussi :
http://www.danielturpqc.org/index.php
http://www.danielturpqc.org/page_perso.php

NOTE

Est-ce que l’IRAI peut émettre des reçus aux fins d’impôts ?

L’IRAI a déposé le 8 juin 2016 une demande d’enregistrement à titre d’organisme de bienfaisance auprès de l’Agence du revenu du Canada (ARC). Celle-ci procède actuellement à son examen. Si l’IRAI obtient le statut d’organisme de bienfaisance, il sera en mesure d’émettre des reçus pour fins d’impôts.

SUGGESTIONS

Les crises nationales pour l’indépendance des nations perdurent dans le temps. Pour le Québec, je conseillerais l’ouvrage de Maurice Séguin, Histoire de deux nationalismes au Canada (Guérin, 1997). Cet historien a été choisi parmi les 100 plus grands penseurs du XXe siècle par la revue L’Actualité. Il nous offre une explication historique de notre situation de nation annexée ainsi que certaines normes qui nous permettent de mieux comprendre le défi des indépendantistes face au Futur.

On ne peut se voiler la face. Le fédéralisme est en cause dans notre histoire. Le Québec est en subordination sur place dans le système canadian. Pour devenir une nation indépendante, il lui faut se libérer du joug fédéraliste. Par conséquent, il est nécessaire de développer un sentiment national qui stimulera le mouvement de la masse vers l’indépendance. C’est le chemin critique à suivre avec courage et détermination. L’indépendance ne se fera pas sans un travail de persuasion collective.

La proposition du Parti Québécois

« 50 + 1 réponses pour l’indépendance »
Mise en ligne le mardi 5 septembre 2017

Le chef du Parti Québécois, Jean-François Lisée, accompagné de la présidente désignée du Parti Québécois, Gabrielle Lemieux, a présenté les premiers éléments de la campagne « 50 + 1 réponses pour l’indépendance ».

« Si on était indépendant... Pourquoi ? »

Le PQ présente les grandes questions 50 + 1 en collant sur l’actualité. Ce serait pour répondre aux questions de l’actualité pas seulement à l’histoire.

Un exemple : Problème de l’immigration

« Avec l’indépendance nous le ferons nous-mêmes. » Très bien ! Toutefois, la conversation tourne dans le régime. Même une union fédérale plus décentralisée demeure une solution fédéraliste. Pour faire la différence avec le passé du PQ, le débat devrait porter sur la solution de l’indépendance en sachant qu’elle entre en contradiction frontale avec la solution fédéraliste. Alors que faudrait-il dire ?

Dans le régime fédéral, comme province, nous subissons une privation de liberté collective, donc une oppression essentielle. Il s’agit d’un remplacement par une autre nation qui réduit la capacité de l’agir (par soi) collectif de la société québécoise sur sa vie interne et externe concernant la population sur son territoire et sur son organisation collective (politique, économique et culturelle).

Dans ce cas, il ne suffit pas de se plaindre d’être mal gouverné par l’État canadien pour croire à l’indépendance. Il faut surtout comprendre que l’annexion signifie le remplacement qui se traduit par la perte de la liberté collective nationale. Malheureusement, ce sont des mots que les péquistes sont incapables de prononcés.

Les injustices découlant de la constitution canadienne ne font que nous exciter et nous agiter. Le vrai combat ne doit pas être DANS le régime mais SUR le régime. Le Chef de l’opposition officielle ne montre que son mécontentent sur le fonctionnement du régime fédéral canadien. La conférence de presse qu’il a accordée ne satisfait que lui-même et les journalistes présents à la conférence de presse. Il lui incombe de parler directement au public et accorder son violon sur la notion de nation indépendante : Qu’est-ce que c’est ?

Monsieur Lisée aurait besoin d’un bon groupe de réflexion auprès de lui pour qu’il cesse de ronronner sur les vieux thèmes péquistes éculés. Il aura besoin de l’histoire pour discuter de l’actualité. Notre passé est, in se, dans la constitution canadienne et non dans le récit des injustices causées par le fonctionnement du fédéralisme. Pour contrer ces injustices, il faut devenir une nation indépendante dotée d’un État souverain. Le Chef du PQ est-il capable de l’affirmer publiquement ?

Un État souverain est une condition sine qua non pour la vie d’une nation indépendante. Et être indépendant ne signifie pas être isolationniste. Au contraire, le Québec sera ouvert aux autres nations selon ses propres moyens, de façon autonome. La collaboration dans l’autonomie implique l’interdépendance, mais par soi d’après ses propres fins. Cette autonomie nationale est en soi une richesse d’être avec les autres. A contrario, le remplacement (ou l’inaction imposée) implique des pressions, des contraintes, puis constitue une oppression inévitable et essentielle.

Le Parti Québécois a besoin de réinventer son discours indépendantiste s’il veut obtenir l’appui des indépendantistes qui se sentent floués. Malgré tout, ces derniers persistent à vivre de cet espoir avec amertume ou désenchantement. Monsieur Lisée devrait avec urgence sentir ce grand malaise s’il veut gagner la prochaine élection.

Commentaires

  • Marcel Haché, 8 septembre 10h19

    L’objectif des indépendantistes québécois.es consiste à mettre en œuvre une pensée qui appuiera sur la nécessité de détenir les pouvoir d’un État souverain. Il faut le dire et l’expliquer au lieu de finasser avec des projets de référendum, de constituante, de constitution ou de projets de société du genre Gabriel Nadeau Dubois. Les Québécois.es ont compris que les orientations d’hier ont échouées. Bruno Deshaies

    Faute de faire la bonne lecture de l’état de la nation, les péquisteux sont incapables de s’apercevoir qu’ils sont sur le chemin les menant à l’abattoir.L’idée de l’Indépendance leur survivra.

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