«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

LE NATIONALISME A-T-IL UN AVENIR INTERNATIONAL ?

3 - Le Québec impérialiste

Vigile
mardi 26 juin 2012
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LE CONTEXTE GÉNÉRAL

Nous vivons à l’ère de l’impérialisme stade suprême du capitalisme.
L’impérialisme connait des crises économique, financière, monétaire,
politique et militaire et, pour survivre, les puissances impérialistes
guerroient entre elles et agressent les peuples du monde ainsi que le
prolétariat international dans chaque pays impérialiste ou néo-colonisé
(1).

Quatre alliances internationales majeures se disputent l’hégémonie sur les
marchés, sur les sources de matières premières et les zones d’exportation
des capitaux en vue de spolier la plus-value ouvrière, unique source de
profits.

L’Alliance de coopération de Shanghai dirigée par la Chine et son alliée
l’Alliance de coopération Eurasiatique (Russie) sont les alliances
montantes ; l’ALENA, cœur de l’Alliance atlantique, dirigée par les
États-Unis d’Amérique est en déclin tout comme l’Union européenne, en cours
de restructuration dirigée par l’Allemagne et la France (2).

L’ère des révolutions nationales démocratiques bourgeoises, amorcée avec la
révolution anglaise (1649) et poursuivie par la révolution française
(1789), puis la révolution chinoise (1949) a décliné avec la révolution
bolchévique (1917) qui a marqué le début des révolutions socialistes
prolétariennes et le commencement de la fin des révolutions nationales
démocratiques bourgeoises et le déclin de l’impérialisme.

Depuis la victoire de la révolution iranienne environ (1979), les luttes de
libération nationale ne sont plus que l’exception dans quelques pays
néocoloniaux, semi-féodaux et semi-agraires d’Orient et d’Afrique. Ailleurs
dans le monde, là où les rapports de production capitalistes prédominent,
aucun préalable démocratique bourgeois, nationaliste ou populaire ne
s’interpose dans la lutte titanesque qui oppose le prolétariat et les
grands capitalistes ; le travail et le capital ; le socialisme et le
capitalisme. Les deux classes sont face à face et, pour le moment, le
prolétariat semble désorganisé et bien démuni face à son ennemi
apparemment tout puissant…mais attention…

Le Canada, comprenant l’État-nation du Québec, est un pays impérialiste de
puissance moyenne totalement intégré à l’ALENA, à l’OTAN et à l’Alliance
atlantique en déclin sous l’hégémonie étatsunienne. C’est dans ce contexte
économique, politique, idéologique et militaire mondial que le nationalisme
en général et que la question nationale canadienne – comprenant la question
québécoise – doivent être analysées, expliquées et comprises.

LA QUESTION NATIONALE CANADIENNE ET QUÉBÉCOISE

Que ce soit au Canada ou dans tout autre pays à travers le monde, chaque
classe sociale a ses propres intérêts à défendre, son propre point de vue à
promouvoir et sa propre praxis à développer en ce qui a trait au
nationalisme et la question nationale.

L’Acte de l’Amérique du Nord Britannique (AANB), qui tient lieu de
constitution canadienne depuis 1867, a scellé l’alliance de la bourgeoisie
canadienne d’origine britannique et de la bourgeoisie canadienne d’origine
française et elle a mis un terme à l’oppression nationale de la nation
québécoise. Dans le cadre de l’AANB, les tâches nationales démocratiques
bourgeoises furent satisfaites aussi bien pour le Canada que pour
l’État-nation du Québec et dès lors la bourgeoisie québécoise s’arrogea le
droit à l’autodétermination jusqu’à et y compris la sécession. Le fait
qu’elle n’invoqua ce droit qu’un siècle plus tard ne change rien à ce
constat. Cette classe dominante s’empara de l’administration de son
État-nation et conquit peu à peu le contrôle de son économie nationale
capitaliste marchande, puis capitaliste industrielle, puis capitaliste
financière. Aujourd’hui, cette bourgeoisie francophone impérialiste brade
les ressources naturelles du sol du Québec, pressure les nations
autochtones, exploite le prolétariat québécois francophone et anglophone et
soutien l’armée canadienne dans ses tâches de soutien aux agresseurs
européens et américains, en Libye notamment (3).

À partir de 1945 environ, la bourgeoisie québécoise a remis en cause le
partage des dividendes tirés de l’exploitation des ressources, de la force
de travail et des revenus fiscaux glanés au peuple québécois. La moyenne
bourgeoisie d’affaires et d’industrie (PME), alliée à la petite bourgeoisie
cléricale et intellectuelle, imagina la tactique du « chantage à la
souveraineté » afin d’obtenir un nouveau partage des revenus fiscaux et des
compétences gouvernementales de la part du gouvernement fédéral et en
faveur de sa grande bourgeoisie impérialiste francophone et anglophone.

Au cours de la période 1945-1976, la phase de la « Révolution Tranquille
 », la moyenne et la petite-bourgeoise québécoise, au service du grand
capital impérialiste québécois, utilisèrent l’appareil d’État pour doter le
« pays du Québec » d’infrastructures économiques, industrielles, de
transport et de services sociaux visant à assurer l’exploitation des
ressources et surtout de la force de travail dans les meilleures conditions
pour son expansion et pour accueillir les investissements impérialistes,
particulièrement ceux d’origine américaine.

Au cours de la période 1976-1995, les mêmes classes au service de la même
classe capitaliste monopoliste francophone ont utilisé l’appareil d’État
pour recueillir et administrer le crédit, l’épargne et le capital financier
en circulation au Québec afin d’assurer leur intégration de classe dans
l’ensemble économique et financier continental nord-américain (l’ALENA).
Aujourd’hui, leurs dirigeants (politiques, industriels et financiers)
négocient un traité de libre-échange avec l’Union européenne et visitent la
Chine pour s’aboucher avec cette nouvelle puissance impérialiste
montante.

Après avoir cédé pendant cinquante années au « chantage à la souveraineté
 », suite à trois référendums ayant mené au rejet populaire des projets
manigancés d’accords constitutionnels pour le repartage des bijoux de
familles entre cliques de voleurs, les capitalistes monopolistes québécois
ont dû se résigner au statu quo constitutionnel.

Présentement les capitalistes monopolistes canadiens – comprenant leur
section québécoise francophone – stimulent le chauvinisme national afin
d’accaparer les ressources du grand Nord canadien jusqu’au-delà de la terre
de Baffin, arrachées aux Premières Nations autochtones et inuit. Ils
confrontent leurs amis impérialistes étrangers pour le contrôle du passage
du Nord-Ouest qu’il présente comme une lutte populaire.

La classe capitaliste monopoliste canadienne – comprenant sa section
québécoise francophone – est fortement préoccupée par les crises
économiques, financières, industrielles et militaires qui secouent
l’Alliance atlantique face à ses concurrents d’Europe et d’Asie (4). La
classe capitaliste monopoliste canadienne et québécoise n’a que faire des
querelles à propos du partage des oripeaux nationaux québécois. Aussi, le
mouvement nationaliste québécois s’étiole et se fragmente en de multiples
sectes et clans plus ou moins pratiquants et orthodoxes abandonnés par leur
classe de tutelle.

La classe ouvrière canadienne – comprenant sa section québécoise laissée à
elle-même par la trahison des clercs gauchistes, opportunistes et
révisionnistes – a cependant été peu contaminée par l’idéologie
nationaliste chauvine des aristocrates ouvriers, de la bourgeoisie et de la
petite-bourgeoise en faveur d’un Québec fort ou indépendant dans un Canada
uni ou fractionné.

La classe ouvrière canadienne comprenant sa section québécois se tient à
distance de ces arguties et de cet activisme nationaliste qui ne
s’attaquent nullement à la contradiction fondamentale de notre époque,
celle qui oppose le travail salarié, socialisé et organisé et le capital
privé et anarchique ; la contradiction entre les forces productives
disponibles mais sous-utilisées et gaspillées, dont le développement
demeure entravé par la propriété capitaliste privée des moyens de
production dilapidés.

Aucune étape ne se pose en préalable à l’insurrection de la classe
prolétarienne, ni « libération » nationaliste bourgeoise, ni réforme
démocratique bourgeoise, ni démocratie populaire, ni alter-mondialisme
libertaire ; que la libération du prolétariat et avec lui du peuple tout
entier. Oui, un autre monde est possible, le monde du socialisme. Le parti
de la classe ouvrière a pour unique tâche et pour unique programme
politique d’organiser la classe ouvrière sous tous les aspects de la lutte
des classes afin de renverser le pouvoir de la classe capitaliste
monopoliste et son système économique, politique et idéologique
impérialiste décadent, quel que soit l’ethnie ou la langue d’usage de ces
impérialistes (5).


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514-563-1487


(1) Le lecteur pourra consulter les parties un et deux du document aux
adresses suivantes : Partie 1

http://les7duquebec.com/2012/06/13/le-nationalisme-a-t-il-un-avenir-international/

et Partie 2

http://les7duquebec.com/2012/06/20/le-nationalisme-a-t-il-un-avenir-international-2em-partie/

(2) L’Union Européenne, est constituée de 27 pays européens soumis à
l’hégémonie de l’Allemagne et de la France partenaires prépondérants.
L’ALENA ou Accord de libre-échange nord-américain regroupent les
États-Unis, le Canada et le Mexique. La Communauté économique eurasiatique
regroupe quelques pays de l’ancienne URSS sous l’hégémonie de la Russie
(Kazakhstan, Biélorussie et autres ex-républiques). L’Alliance de
coopération économique de Shanghai regroupe sous l’hégémonie de la Chine,
non seulement la Russie mais aussi le Kazakhstan, l’Iran et quelques pays
aspirants comme le Brésil et l’Inde. etc. que l’on identifie souvent comme
le BRIC. http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_europ%C3%A9enne

(3) Canada et Québec en Libye

http://www.lapresse.ca/international/dossiers/crise-dans-le-monde-arabe/201109/25/01-4451274-mission-canadienne-en-libye-une-facture-de-60-millions-depuis-six-mois.php

et Le gouvernement du Québec brade les ressources naturelles et
l’électricité à vil prix :

http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/352982/le-plus-important-projet-ferrifere-au-quebec-progresse-a-grands-pas?utm_source=infolettre-2012-06-21&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

(4) Raul Zibechi (2012). La nouvelle alliance militaro-industrielle entre
l’Inde et le Brésil. http://www.pressegauche.org/spip.php?article10054

(5) Vincent Gouysse. (2010). Le réveil du dragon. 459 pages.
http://www.marxisme.fr Vincent Gouysse. (2009). Crise du système
impérialiste mondial. 230 pages. http://www.marxisme.fr

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

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