«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Rapatrier au Québec la CCBN

1759-2009 – Rapatrier notre souveraineté culturelle historique

Rendez-vous 2009 - Marche de rue - Des hauteurs de Ste-Foy à la rue Saint-Louis

Tribune libre de Vigile
dimanche 1er février 2009
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8 minutes, 3 jours et 4 nuits

La levée de boucliers presqu’unanime contre les « célébrations » fédérales de la bataille des Plaines du 13 septembre 2009 a produit son effet. C’est la retraite des canadianisateurs. La Commission des champs de bataille nationaux (CCBN) annonce vouloir revoir ses plans. ( Le Soleil-2009 01 01-Nadia Ross- Bataille des Plaines : la Commission prête à refaire ses devoirs )

La poignée de main souriante ne passe pas. Et pour cause, cette récupération politique d’une minorité activiste canadianisatrice s’est heurtée comme la Art-Peur, à la volonté majoritaire du peuple du Québec. Si le débat est encore ouvert quant au bien fondé de « commémorer » la bataille et ce qui a permis de la produire, la déportation des Acadiens, l’incendie des rives du Saint-Laurent, le meurtre et le viol de civils, le vol des récoltes de l’Acadie à Montréal, tout le monde s’entend pour qu’il ne soit pas question de célébrations, ni de fête.

Pourquoi en rester là ! Il nous faut maintenant régler la question.

Nous remercions le Canada d’avoir protégé l’aire du Parc des Champs-de-Bataille de Québec pendant 101 ans, du 300e au 400e de Québec. Ce Parc créé lors du 300e anniversaire de fondation de Québec a été donné en cadeau au Québec pour souligner l’événement. Ce cadeau nous appartient donc ! Fini la tutelle fédérale. Nous en prenons possession cette année du 250e. En attendant de fonder l’État du peuple souverain du Québec, voilà une bonne occasion de mettre en place une partie de notre souveraineté culturelle, à savoir, prendre possession de notre souveraineté historique et commémorative.

Nous, le peuple souverain du Québec, nous rapatrions au Québec la gouverne de ce Parc, ainsi que tous les autres sous tutelle fédérale se trouvant sur le territoire du Québec. Cela, en rapatriant les territoires du Québec sous juridiction de la Commission des champs de bataille nationaux du Canada( CCBN ) pour en faire un organisme relevant de l’Assemblée nationale et désormais nommé : la « Commission nationale des champs de bataille du peuple démocratique et souverain du Québec ».

Les activités prévues à la fin juillet seraient annulées et d’aucunes pourraient être reportées en septembre.

Une grande marche nationale se tiendrait le 13 septembre 2009 pour, à la fois commémorer la bataille, rendre honneur aux morts combattants et civils de la Conquête, dans le silence recueilli de tout un peuple et à la fois pour célébrer l’accession au concert des nations du peuple souverain du Québec, né distinct de tout autre lors de la Conquête. Tout de blanc vêtus, avec quelques touches de bleu, sur fond d’azur, de la rue Saint-Louis aux hauteurs de Sainte-Foy, en passant par la porte Saint-Louis de nos enceintes violées, par la Grande-Allée jusqu’au boulevard Laurier dans la grande ligne courbe bordant les Plaines.

Une grande marche de 20 millions d’âmes. Celles qui ont vécues ici sur cette terre du Québec depuis 1608, et qui font partie du peuple souverain du Québec d’aujourd’hui. Elles nous accompagnent dans notre longue marche. Les 10 millions d’âmes des Premières nations ici présentent depuis des milliers d’années se joindraient à nous.

8 minutes de silence, 3 jours et 4 nuits de palabres

Du 13 au 18 septembre, une grande marche pendant laquelle nous observerions 8 minutes de silence, debout immobile, c’est-à-dire le temps que se serait joué le sort de la bataille. Suivraient 3 jours et 4 nuits des palabres menant à tout autre chose que la capitulation du 18 septembre 1759. Le Québec et le peuple souverain du Québec ne capitulent pas aujourd’hui. Restera à voir ce que l’on fera des re-constitutions de batailles dans ce nouveau contexte de réappropriation de notre histoire. D’aucuns, des souverainistes de la Compagnie de canonniers-bombardiers de Québec (CCBQ), y voient dont son Président François Gagnon y voit « l’un des moyens (…) pour exprimer ( sa ) fierté envers ( ses ) ancêtres. » Pourquoi pas ! Si cela se fait comme il se doit, dans le respect de ce que nous sommes aujourd’hui. ( Le Soleil – 2009 01 01 - Bataille des Plaines )

13 au 17 septembre 1759 – 3 jours et 4 nuits de palabres

Entre la défaite et la mort de Montcalm trois longs jours se sont écoulés avant que le 17 septembre un parlementaire se présente au général Townshend pour lui présenter les conditions d’une capitulation de Québec. Elle est signée le lendemain 18 septembre 1759.

Que s’est-il passé dans Québec pour que l’on décide de capituler ? Que s’est-il passé pendant l’agonie de Montcalm et après sa mort pour que, on ne sait pas qui l’a fait, Québec négocie sa capitulation ? Le général Townshend relate qu’un « parlementaire » est le 17, quatre jours après la bataille, venu lui présenter un projet de capitulation avec conditions, finalement signé à 8h le 18 septembre 1759 ( D’après : Jacques VAILLANCOURT – Vigile - L’étrange capitulation de Québec du 18 septembre 1759 Voir aussi : Archives du Canada de 1905 )

Privés de chef, le Gouverneur Montcalm étant mort le lendemain de la bataille du 13, qui, en Québec retranché dans ses enceintes, a pris la décision d’offrir une capitulation avec conditions ? Forcément un groupe de personnes qui ont dû discuter ferme pendant quatre jours, sans chef pour trancher et assumer la décision dans la chaîne de commandement en rupture. Quels étaient les pour et les contre, qui a participé aux discussions ? Quelles informations avaient-ils à leur disposition pour prendre leur décision ?

L’espace-temps suspendu de l’Histoire

Ne voilà pas maintenant où nous en sommes nous aussi ? En train depuis 50 ans de discuter comment nous sortir de l’étau qui nous enserre ? D’aucuns capitulent, d’autres ne voient pas comment nous pourrions de pas capituler et d’autres encore disent que la capitulation est tout sauf ce qui nous sauvera. Comme dans un espace-temps suspendu de l’Histoire. Rien n’est encore joué et si nous avons capitulé un jour, cette capitulation n’a pas eu d’effet. Nous sommes toujours là ! Nous le peuple souverain du Québec.

Dans le cas où le fédéral refusait de rendre les armes, maintenant qu’il dit réfléchir et revoir sa stratégie, la date de la marche pourrait être devancée et cette marche pourrait se tenir en trois occasions. À commencer par le 24 juin, pour exiger le rapatriement de la CCBN et célébrer le 250e anniversaire de naissance du peuple souverain du Québec. Si le rapatriement n’est toujours pas effectif lors des manifestations que tiendrait le fédéral cet été. Une pareille grande et longue marche pourrait se tenir lors de la présentation de ces activités. À la fois toujours pour commémorer en silence la mémoire des victimes civiles et militaires de la Conquête, mais aussi célébrer ce qu’ils nous ont légué en héritage, c’est-à-dire, la naissance du peuple que nous sommes, distinct de tout autre.

Restera à faire de même du 13 au 18 septembre… et jusqu’à ce que soient rapatriées notre souveraineté historique, comme étant le prélude annonciateur de la fondation d’un État qui émane du peuple démocratique, pacifiste et souverain du Québec.

«  L’Histoire nous appartient, c’est le Peuple qui la fait  » - Salvador Allende Gossens

Président du Chili du 4 novembre 1970 à sa mort, le 11 septembre 1973. Cette phrase est partie du discours diffusé par la Radio Magallanes le jour de coup d’État sanglant de Pinochet à quelques heures de sa mort ( exécution ? ) ( Voltaire.net )

Comme l’écrivait André Pratte, partisan du fédéral de la canadianisation des commémorations du 250e, « l’Histoire appartient au peuple » ( Cyberpresse - Blogue de l’édito – 2009 01 23 - 1759-2009 )

Nous sommes d’accord. Or, M. Juneau nous dit :

« Un ton festif pour un événement douloureux n’est pas bienvenu, admet André Juneau. Le président de la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN) a avoué hier que son organisme devait revoir son approche pour souligner l’anniversaire de la bataille des Plaines. » Le Soleil-2009 01 01-Nadia Ross-Bataille des Plaines : la Commission prête à refaire ses devoirs

For bien !

L’Histoire appartient au peuple pas aux historiens

«  On va essayer que ça change de ton. Il va y avoir un comité. Lundi (demain), on rencontre la faculté d’histoire de l’Université Laval »

Il ne faut pas « essayer » de changer de ton. Il faut rapatrier la Commission et ses budgets. Il faut ensuite créer un comité ou siègent des historiens, certes, mais pas que des historiens. L’Histoire appartient au peuple, pas aux historiens…

Le peuple doit être appelé à se manifester tel qu’il est en tant que peuple souverain du Québec et il doit participer à ce titre. Et… il le sera cet été à l’invitation des mouvements souverainistes coalisés, quoiqu’il arrive. Pour exiger le rapatriement de notre souveraineté historique, pour honorer les âmes mortes de toutes nos guerres, et pour célébrer notre 250e anniversaire de naissance en tant que peuple démocratique, pacifiste et souverain du Québec, un peuple sans Souverain, un peuple distinct du peuple de France et distinct de tout autre.

_________________________

Voir aussi :

- Réplique à André Pratte - «  La bataille des Plaines  » - 250e anniversaire de naissance du peuple souverain du Québec - Tribune libre de Vigile - Luc Archambault - 25 janvier 2009

- Réplique à André Pratte - 1759-2009 - Re-Constitution VS Anniversaire
Une ré-conciliation ne peut advenir dans la négation même du tort fait - Luc Archambault - 25 janvier 2009

- Tribune libre de Vigile - Luc Archambault - 2009 01 08 - Réplique à Michel David - « Joyeux anniversaire ! » - 250 ans de refus

Commentaires

  • Luc Archambault, 4 février 2009 17h41

    Josée Legault dans le Voir du 2009 02 04 appuie ma proposition de rapatrier la portion québécoise de la CCBN. Elle demande à Jean Charest de manifester un vrai sens de l’État.

    Le sens de l’État - Josée Legault - Voir - www.voir.ca - 2009 02 04

  • Luc Archambault, 2 février 2009 13h13

    @ M. L.P.

    Merci pour votre appui.

    Si vous le voulez bien, commençons pas le rapatriement de volet Québécois de la CCBN. Ce qui consiste à commencer pas quelque chose ce concret, circonscrit, bien identifié et qui n’engage pas tout le tremblement que représenterait le fait de rapatrier maintenant avant cet été, toute notre « souveraineté culturelle », y compris Radio-Canada, Téléfilm, etc. Ce qui n’empêche pas ce faisant de faire avancer l’opinion publique à cet égard et militer en cette faveur.

    Rapatrier donc maintenant, avant cet été, un grand pan de notre culture mémorielle, de notre culture historique. Cela en vertu du principe démocratique qui fait du peuple souverain, le seul et unique fondateur de l’État. Un principe qui dénonce l’État actuel du Canada, et qui établit le paradigme nouveau qui doit fonder l’État du peuple souverain du Québec, à savoir : l’exigence nouvelle pour les États qui prétendent nous gouverner à bon droit, de se nommément soumettre aux voix du peuple démocratique et souverain. Une exigence qui serait réciproque et symétrique à celle que se donne déjà les promoteurs de l’État souverain du Québec, celui que nous voulons fonder par et pour le peuple souverain du Québec, un État valide et légitime qui aspire à gouverner le peuple démocratique et souverain du Québec.

    Ce principe ne serait jamais mieux illustré qu’en établissant des fondements historique à ce peuple souverain. Il ne naitra pas en fondant l’État qu’il désire comme on l’a pensé. Il est né déjà depuis longtemps. Cet été nous pourrions le manifester et l’établir. En célébrant dans la rue, dans un grand, pacifique et digne rassemblement, le 250e anniversaire de l’accession du peuple souverain du Québec, en tant que peuple distinct du peuple de France auquel nous appartenions avant la Conquête et l’Acte de cession signé par notre Souverain déchu, abdiquant le 13 septembre 1759 son devoir premier à l’égard de la protection de son peuple contre les assauts des envahisseurs, quand ses armées ont été défaites par les Armées britanniques, un Empire conquérant concurrent.

    Il nous faut résister à l’envie et au plaisir du désordre. Il nous faut manifester dans l’ordre révolutionnaire du renversement paradigmatique qu’établit ce nouveau paradigme. Nous pouvons l’établir pacifiquement et dans l’ordre. Il n’en tient qu’à nous... Nous les souverainistes engagés, nous les militants de la cause du peuple souverain du Québec.

    Voir :

    Reconstitution commémorative sur les Plaines en 2009

    Le fédéral reculera ou ne reculera pas ? - Gilles Bousquet - 2 février 2009

  • L. P., 2 février 2009 10h54

    Tout n’est pas joué en effet et j’appuie votre idée de rapatriement de la culture au Québec. Ainsi il ne nous serait pas arrivé d’Ottawa une proposition de fête de notre défaite pour séduire le maire ¨touristo-humiliant¨ avec des subventions de le belle madame Verner. C’est cela que je suggérais pour que les négociations avec la coalition soient valable : un opting culturel et environnemental avec Dion-le-centralisateur sinon pas d’appui à une coalition. Trente millions en y ajoutant les champs de bataille c’était un petit montant et c’était possible. En tout cas les libéraux auraient plié pour avoir le pouvoir et la querelle de 1759 n’aurait peut-être pas eu lieu. Harper suggérait la remise aux provinces, au Québec par exemple, l’administration de programmes durant la campagne électorale. Il aurait l’appui de toute la chambre maintenant pour réaliser cela. La culture et l’environnement auraient pu faire parti des négociations et nous pourrions célébrer la victoire de Lévis en 1760 au lieu de lever le bouclier contre 1759. Espérons que la ministre Ver-Nerf reviendra au bon sens, ce n’est pas rassurant à l’entendre parler. Vive le pays du Québec l et le tourisme sans humiliation. Continuons le combat pour obtenir ce que vous proposez maintenant vu que cette coalition a pris le bord comme je m’y attendais.

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