«Non quia timemus non audemus, sed quia non audemus, timemus»
-(Sénèque)
«Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n'osons pas; c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

Le flop du 150e

150e : qui a le cœur à la fête ?

On s’attendait à un matraquage tous azimuts. Il faut pourtant admettre que les fêtes du 150e anniversaire de la Confédération, qui doivent atteindre aujourd’hui leur apogée, se déroulent dans une discrétion relative, compte tenu de l’importance de l’événement.

Les célébrations du 125e avaient pris plus de place. C’était lorsque quatre chaînes de télévision généralistes rassemblaient chaque soir 90 % de l’auditoire et qu’on pouvait s’assurer que presque toutes les Canadiennes et tous les Canadiens entendent chaque jour la chanson mièvre composée pour l’occasion.

C’était aussi l’après-Meech et on allait bientôt voter sur l’entente de Charlottetown. L’État central avait ses raisons de se rendre visible.

Un 1er juillet « plus »

Cette année, on a plutôt l’impression d’assister à un 1er juillet « plus », où différents discours plus ou moins révisionnistes se font entendre pour tenter de nous mettre le cœur à la fête. Comme de fait, au Québec, le moment le plus intense de discussion est survenu avec la diffusion de The Story of Us, où on présentait nos ancêtres français comme des guenilleux.

Une enquête récente démontrait que ce que les Canadiens avaient en commun, c’était justement de ne pas ressentir un patriotisme très fort à l’endroit de leur pays. Même à l’échelle du Canada, Philippe Couillard et ses ministres font allure de champions du fédéralisme militant.

Justin Trudeau, quant à lui, se plaît à présenter le Canada comme le premier État postnational, un territoire rassemblant des communautés disparates. Comment s’étonner qu’un tel projet de société au blé entier soulève si peu d’enthousiasme ?

Orphelins

Il faut aussi admettre que l’on trouve, d’un océan à l’autre, bons nombre d’orphelins.

Du nombre, les nations autochtones, qui réclament davantage que des symboles, des plaques commémoratives et des apparitions en costume traditionnel pour réparer les torts subis. On l’a vu, à Wendake, les Hurons-Wendat célébreront le Canada, pas la Constitution de 1867.

Au Québec, l’unifolié représente un drapeau pour les unir tous. Devant sa montée dans le mât, nous nous retrouvons entre souverainistes qui ne s’y reconnaissent pas et fédéralistes qui ne se sentent pas reconnus. Tout le monde est un peu humilié de vivre sous un ordre constitutionnel conçu pour être inchangeable et que nous n’avons pas choisi.

Pas très festif

Justin Trudeau est celui qui devrait présider à ces fêtes. Il a plutôt manqué leur lancement pour aller bronzer chez l’Aga Khan.

Plus tard, il aurait pu se reprendre. Donner des raisons de célébrer aux exclus, leur dire « ma maison, c’est votre maison », comme on le chante au Québec, inspiré par Gilles Vigneault.

Des gestes concrets à l’endroit des Autochtones continuent de se faire attendre. L’initiative honnête de Philippe Couillard de relancer la discussion constitutionnelle a été rejetée de manière humiliante.

En bref, on aura tout fait, même à Ottawa, pour que ce 1er juillet en soit un comme tous les autres.


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Canada 150 - Chronique d’une faillite

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